Archive for décembre, 2009

décembre 31, 2009

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décembre 31, 2009

Sur ma nuque

Tu mis ta main sur ma nuque pendant que je conduisais. Nous revenions de ce premier dîner.

Il est des gestes qui changent tout, tout le cours de nous.

Je ne savais pas, alors, que dans ce champ de nous, cette friche foisonnante, tant d’épines forceraient le passage.

J’ai encore leurs marques dans ma main.
Comme j’ai encore sur mon cou la tienne qui me frôle et décide de nous.

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décembre 29, 2009

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décembre 29, 2009

Le retour.

Il est revenu
Comme un empire, comme une maison.
Il est là.
Et d’être, sans rien d’autre,
Est ce que nous faisons,
Est ce que nous nous faisons.

Je l’aime car il n’est pas celui qui m’a détruite.
Je mets un CD de Prince, à fond, et je danse, comme il y a vingt ans dans cette maison lointaine et asiatique.

Quand je l’ai connu je vivais avec un autre. Une soirée a suffit pour basculer dans le définitif.
Rien ni personne ne pouvait empêcher,
même pas lui qui m’a déposée chez moi cette nuit là. Cela lui semblait si cruel pour cet « autre ».

Mais rentrée dans ce « chez moi » qui ne voulait déjà plus rien dire, allongée près de cet « autre », pourtant si beau, si aimant, si doux, j’avais froid dans la nuit épaisse des moussons.

Je suis ressortie pour lancer des cailloux à sa fenêtre. Mais il n’a pas répondu.

C’est le lendemain, en plein jour, que j’ai frappé à cette porte qui serait la mienne.

Dans ma tête les bagages étaient prêts.
L’amour changeait de corps.

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décembre 26, 2009

La boue sous les bottes

On ne peut rien prévoir de cette vie.
On peut juste frotter la boue de merde sous les bottes.

De temps en temps re-cirer ses pompes.
Sortir la brosse et le râteau.

Ben quoi t’as jamais raclé, avec un râteau, la boue sous tes godillots ?

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décembre 25, 2009

La journée fut bleue

La journée fut belle et bleue.

Pendant que je m’allongeais sur le parquet de la salle pour respirer comme il faut, deux petits nuages dans le ciel m’ont sortie de la torpeur.

Ca m’a mis de bonne humeur. J’ai fait l’hyper-hypra rangement que je voulais faire. Il y avait des papiers partout étalés sur le sol. Le chat a aimé, comme d’habitude.
Il a l’art de poser ses pattes, bien ancrées, juste sur le document dont j’ai besoin.

Le ciel est resté bleu, la journée aussi et jusqu’à maintenant où la nuit tombe mais dans le bleu.

Une nuit où le jour reste.

Me laissant sa couleur dans la main.

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décembre 25, 2009

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décembre 25, 2009

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décembre 25, 2009

Les lendemains

J’aime bien ces lendemains de fêtes que je ne fête pas.
Levée aux aurores je pars parfois battre la campagne désertée de tout humain.

Je me sens libre, un peu rebelle, un peu réconciliée. Et surtout consolée par la nuit.

Je me sens sans contraintes. La liberté coûte le prix cher. L’hypersensibilité aussi.

Ma fragilité m’oblige à me protéger des foules. Les foules arbitraires de sentiments et de bonnes consciences.

Je suis trop vite dans les coulisses, sur l’envers du décor qui me brise et me rend impuissante à bien exister ensemble, surtout « en famille ».

J’aime les moments choisis. Les moments dits. Ceux où on peut se regarder dans les yeux et se dire

« comme c’est bon d’être là ensemble, de cette façon là, singulière »

A part.

Trop exigeante la fille en ce moment, pas sortable,
Plus.

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décembre 24, 2009

Mon âme d’enfant

Mon âme d’enfant n’est pas dans une petite boîte

qui s’ouvrirait de temps en temps.

Non.

Mon âme d’enfant est un cerf-volant

qui vole tout le temps.

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décembre 24, 2009

décollage

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décembre 24, 2009

On prend des avions

On prend des avions mais c’est la vie qui te pogne et c’est tout.

Il fallait que je vole. D’abord à l’Ouest puis à L’Est.

Traverser l’Atlantique pour partir vivre au Québec de ma grand-mère ( cf: Pourquoi Hirondelle ?).

Y vivre n’a duré que trois mois, mais le temps fut plein à craquer. Le temps de t’en prendre plein la vue, le coeur à l’affût.
Quand je pense que ma dernière arrière-grand-tante encore en vie m’a reçue, m’a offert ses toques en fourrures, ma cajolée toute une soirée, entourée de quelques représentants de la famille québécoise
( tous sortis du Québec et anglophones maintenant, traîtres !!)… Et que moi, moi, du haut de mes 23 ans d’inconscience…je n’ai rien gardé, rien noté, rien photographié !

A quoi je pensais ? Hein ?
A l’amour, au nez au vent, au présent et au futur, rien que cela.
Et à soigner mes détresses, c’était déjà suffisant sans doute.

On prend l’avion et c’est la vie qui vous prend.

Ce ne sera pas l’aller vers Montréal qui changera toute ma vie-du-moment mais le retour.
J’avais les retours difficiles. Impossible de revenir à ma vie laissée derrière moi trois mois auparavant.

Je pris la route du Sud-Ouest. Et là, c’est là que je vécus un chambardement, la découverte d’une vie rurale qui m’était inconnue. La découverte de compagnons de route, d’amour, d’amitiés intenses, de vie en commun autour de cheminées, avec trois fois rien mais tout partagé.

Ce terreau me fît, m’a transformée radicalement. Et bien des années après, c’est vers l’Est que je prenais l’avion, avec toi. Toi qui m’y avais appris la nature, ta terre et ses enchantements.

Je dis toujours que les destinations, oui, sont importantes mais le voyage, le mouvement d’un point à un autre, est en lui même essentiel, comme le disent les proverbes de tous les peuples nomades… »l’important c’est le chemin… »

Et je garde profondes ces photographies mentales de nous tous dans l’avion qui nous menait en Asie du Sud-Est où nous bosserions ensemble. Ô combien ensemble, ô combien séparés, nous n’en n’avions pas idée !

On s’était vus en France, avant le départ, on avait préparé, pris des infos. On s’était regardés, évalués. C’est qu’il allait falloir bien s’entendre et pas superficiellement ! Tu le savais, toi, notre futur « directeur »…Directeur, eh ça me fait marrer ! Toi aussi tu rirais de me lire. Mais tu n’es plus là pour le faire, l’ami. Toi qui aimais tant te foutre de ta gueule et clamer  » je suis pédé comme un phoque » et qui en mourus.

Alors c’est dans l’avion, entre ces sièges bien serrés, tout au long du voyage, que nos vies se sont scellées.

Debouts, assis, dans le bruit de fond de la carlingue. Fatigués, inquiets de ce que nous allions trouver.

L’inconnu total. Et cinq personnes qui se connaissent à peine, qui ne savent pas où ils vont atterrir dans leur vie.

Ils n’en connaissent pas le paysage. Ils n’ont aucune idée de la portée de leurs choix.

Celui d’être là, ensemble, dans cette foutue carlingue, au-dessus de toute une partie du globe.

Tu prends l’avion et c’est la vie qui te pogne.

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décembre 22, 2009

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décembre 22, 2009

Délivrés, délivrée.

J’ai perdu mon père dans un escalier.
J’étais en haut dans cette maison toute vieille et jolie que je partageais avec des amis.
C’était dimanche matin, j’étais dans ma chambre et Anne m’a appelée d’en bas.
« Il y a ton frère au téléphone »
Je suis vite descendue et la conversation fut brève. Mon père était mort la veille, je devais prendre le train le plus vite possible.
J’ai raccroché et remonté quelques marches de cet escalier biscornu.

Je me suis assise, j’ai dit la nouvelle à haute voix et j’ai pleuré.
C’était en 1984,  je n’avais pas encore 25 ans.

En 2007 ma mère est partie à son tour.
Elle nous a fait un cadeau en partant le jour de sa fête Ste Lucie, 13 decembre, et le lendemain de la mort de son frère qu’elle aimait tant.
C’était gai, une délivrance.

La nuit de sa mort la neige était tombée sur les hauteurs. Dans l’après-midi le paysage était très beau sur le Vercors et les collines avoisinantes. Givre et soleil lumineux.
La journée fut vraiment  lumineuse car son calvaire prenait fin et d’autres choses allaient pouvoir commencer pour moi.

Je crois que j’attendais cela depuis très très longtemps.

Je n’avais plus de parents en vie. Ils étaient en paix, délivrés de leurs maladies et de leurs chagrins.

Je n’imaginais pas la délivrance que ce serait.
Un autre monde ouvert en moi.
Une autre reconnaissance de ce que je suis profondément.
Et enfin la capacité de regarder en arrière. D’arrêter d’aller, aller, aller…sans cesse, et de chercher, chercher, chercher sans répit.

De forcer ma nature, d’être ouverte et forte.
« Mais comment tu fais ? » me disait une amie.

Je ne comprenais pas sa question.
Il fallait bien…faire…S’adapter et se modeler au Monde, aux gens, aux boulots, toujours et faire avancer la machine.

Maintenant je suis libérée de ce mouvement perpétuel que j’avais instauré.

Il est en moi, certes, il est moi.

Mais la façon de le vivre est différente.

Perdre ses parents avant ses 50 ans est une chance, une opportunité à saisir, une bénédiction.

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décembre 21, 2009

Solstice

Ca y est ! C’est le dernier jour le plus long.
Une amie-sorcière m’envoie un document pour faire la fête comme il se doit car c’est un jour de fête chez les sorcières paraît-il !

Moi je l’aime bien ce jour.

Un début : celui de l’hiver.
Une fin : celle des nuits ultra-courtes.

A partir de demain les jours rallongent et ça c’est toujours une bonne nouvelle.

Je n’y ai pas pensé en mettant cette photo d’un écureuil à Montréal.

Mais elle va bien cette photo du jour !

Même si, c’est certain, en ce 21 décembre cet écureuil a bien de la neige sur son fil aujourd’hui !

Pattes qui glissent, accroches toi petite bête, tu reverras les beaux jours  !

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