Archive for janvier, 2010

janvier 31, 2010

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janvier 31, 2010

Rien

L’Adéquate a mis ses couettes et se moque de moi
L’adéquate céssité, entêtée.
Un moment, un moment dans cette vie à l’aveuglette.

Rien.

Je ne fais que des conneries quand je fais.
Je n’aime que les coups de tête que rien n’arrête.

Rien.

Un moment où je creuse dans le miroir
Dans ton coeur arrêtée
Dans la prison d’un amour, rien n’est libre, non.

Rien

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janvier 31, 2010

Faut-il

A tout dépenser
Faut-il s’aimer
Je reste là
Pétrifiée

Les gros cailloux dans mon panier
Les pieds noués.

A tout chercher
Faut-il trouver.
Je reste là
Pas décidée.

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janvier 31, 2010

A distance

Toujours la distance qui me couvre, ma soeur siamoise, rebelle et apeurée.

La peur d’être envahie par la nature humaine que je déteste souvent.

Le besoin de solitude toujours imminent.
La maladresse de le dire et de se couper de ceux qui m’aiment pourtant tant. De ceux là, justement…

Moi l’incompréhensible. Langage indéchiffrable qui s’évertue à changer de grammaire et de lexique sans prévenir, brutalement.

Soit tout à fait là, dont on ne peut plus se passer. Soit en tangente, malhabile, désertrice rejetée, qui a fait mal avec des mots plantés au couteau.

Pour te perdre, amie, te mal aimer et en souffrir, je suis la reine des ratés.

Est-ce de n’avoir jamais trouvé le continent fidèle où poser mes pieds ? Trop d’île et d’exil, les nostalgies de l’impossible étreinte.

Près de toi cette terre où tu voudrais me garder.
D’amitié.

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janvier 31, 2010

Sur le pont

Qu’est ce que je fais debout collée contre les jambes de ma mère aux aurores sur le pont d’un gros bateau ?
Qu’est ce que je fais encore contre elle, accrochée à la rampe du ponton, coudes contre coudes ?

J’attends l’île. L’île maternelle vers laquelle tous les étés nous retournions.

Ils sont tous sur les ponts bien avant qu’on l’aperçoive, ceux qui y sont nés.
Ils tendent le cou, ils tendent le nez.
Je suis sur le pont et avec elle j’hume l’horizon. On sent le vent, on sent la terre, on sent l’île avant de la voir. Elle est là.

 » Sens , sens, respires ! » C’est un ordre, une douce injonction.
Je sens, je respire à plein poumons, je la happe, je la rentre dans mon corps, je m’en parfume.

 » C’est le maquis ma fille… »

Nous ne sommes plus qu’un corps qui est à l’appel, soumis, ouvert. Les cheveux courent dans le vent, il fait encore frais et pas toujours jour. L’aurore des été sûrs. Jouissance d’absolu.

Dans le petit matin une première silhouette au loin. Une forme, une ombre. Le coeur bat plus fort. Les yeux sont mouillés.

L’île maternelle de tous les secrets.
Les langues se délient, on la voit, on la reconnaît, on nomme, on commente.
On retrouve chaque côte, chaque crique, chaque rochers. On dit, on redit, on explique, comme chaque année.
L’enfant pose des questions quand il n’est pas sûr de ce qu’il voit mais surtout il se tait. Il se tait car il sent sa mère éperdue d’amour et de souvenirs et il veut juste être dans la petite boîte de son coeur à elle, sage et silencieux, caché au fond du mystère, en faire partie.

Le bateau longe longtemps le golfe et se rapproche. On raconte les plages que l’on voit bien maintenant et où on passera ses journées. On regarde si ça a changé. Là un immeuble ? Non, là à côté de la maison de Rose, regardes, c’est la route des crêtes.
Là, le cimetière, regardes, derrière, l’hôpital, la maison de ta cousine.
Là, là, là… Tout est à moi, tout est à nous et tout est à tout ceux qui sur le pont, pleurent, sourient, étreignent leur enfance sur la rambarde, serrent leurs bébés dans les bras et montrent du doigt
« Regardes là, et là, et regardes, mamie est là ! »

Le bateau croise le phare et sa pointe. Et entre dans le port. L’excitation gagne et l’émotion dévore.

La petite maison florentine rose aux balcons de marbre apparaît. Nous avons tout un étage. On peut faire du vélo dans le couloir tant il est grand. Des fresques peintes aux plafonds, le piano dans l’immense salon. C’est un autre monde.
Et la grand-mère est là, au balcon.
Jusqu’aux années 80 la maison était juste devant le port, exactement en face du quai d’arrivée des paquebots. Par la suite le quai a grandi et un bâtiment a bouché la vue…Un immense sacrilège, jamais pardonné.
Mais aujourd’hui Mamy est au balcon avec vue et accès direct sur la mer. Et elle agite son mouchoir blanc.

A partir du phare les yeux ne la quittent plus. On voit trouble au début et puis on distingue le corps et puis c’est elle, on est ensemble. On agite les mains, le corps, on crie. On vit, on s’exprime, on s’extasie, c’est tout le temps comme cela.

Sur le pont tout le monde s’est mis à s’agiter. Une valse incroyable. Ca y est tout le monde est impatient. On y est, on y est, on y est !!!
On veut descendre, rejoindre les voitures. On veut aussi profiter encore de la vue, de la hauteur, de la chaleur docile du matin sur le pont, de gens en bas qui sont là, du port, des cafés, des rues, qu’on voit tout à fait et dont je connais chaque recoin.
Alors tout le monde est partout. Dans les escaliers, ça papote, ça y est, on est déjà dans les murs, on parle de la journée, du boulanger qu’on va revoir, de la tante qu’il faut aller chercher.
Ca y est certains sont déjà dans la voiture, ils ont de la route à faire, ils ont le village à retrouver, ils ont la maison à ouvrir et voir si le robinet dehors est réparé.
Ca y est tous les bagages sont rassemblés et les marins ont amarré le navire. Les cordes immenses qui font peur quand tu es petite, elles pèsent des tonnes et font du bruit.

Bien avant que le bateau soit immobile les voitures ont démarré, tout le monde dedans est décoiffé ou crevé ou affamé et si excité !

Nous, nous n’avons que la rue à traverser.
Monter l’immense escalier de marbre gris et ses odeurs d’encens, un peu « d’église », je ne sais pas pourquoi. Un étage, deux étages et c’est chez nous.
La grand-mère dont je porte le prénom, a ouvert la porte et le café est chaud.

On dévale dans les chambres, une autre vie commence.

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janvier 30, 2010

S’assoir un moment
Regarder par la fenêtre
Voir qui viendra
Un ami, peut être ?

Caresser la vitre
Mais ne rien y voir
L’amie partie
Tout peut t’attendre
Ce soir

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janvier 30, 2010

Photo trouvée sur le net

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janvier 27, 2010

Je suis la reine de ma roulotte

Sur le lent chariot de ma vie,
la roulotte cahote.
De l’est à l’ouest je suis allée.
J’ai trouvé tant, que maintenant, j’attends.
Que fouette le cocher
Qu’il revienne avec les clés.

Je suis la reine de ma roulotte,
le chariot lent de mes pensées,
Fouettées, balayées.

J’attends le vent de la promise, j’attends les valises,
mais chaque matin à l’horizon
je vois le soleil tout rond
et sur le chariot lent de mes pensées,
je pose mes valises,
comme arrivée.

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janvier 27, 2010

Quand je danse

Quand je danse, je suis le monde entier.

Si je danse en percussions d’Afrique, je suis dans la brousse au son premier, aux basses frappées sur le sol. Je suis danseur zoulou et son bouclier.

Si je danse violons irlandais et harpes celtiques, je suis lande verte, je suis île battue par la tempête, seule, résistante. Je suis botte martelant le plancher dans le pub au bout de la route, jambe pliée et talons frappés. Je suis irlandais.

Quand je danse en rond les mains repliées, les bras arabesques sur la musique khmère ou indienne, je suis déesse aux pieds nus. Je suis Asie féminine, le khôl débordant des yeux.

Si je danse chef indien coiffée de plumes, je suis au centre du feu, sur le sol poudreux. Mes jambes appellent les dieux et les éléments de la vie sur Terre. Ma voix sourde entend l’animal régnant, je marmonne, je trépigne en rond. Je suis hantée, hypnotisée.

Je danse pour revivre. Je danse pour partir tout à fait ailleurs. Je danse et ma vie est meilleure. Je prends des bateaux et des avions, des pirogues et des camions. J’aime et je suis aimée. Quand je danse, je suis une fée, un guerrier, un chaman, un sorcier.
Je tourne, je m’arrondis, je me plie, je saute, je souris. Je lève les yeux au ciel, je prends ma part aux nuages, je vis.

Je danse pour me consoler, je danse pour exister, je danse pour me retrouver. Loin, là-bas où j’aime être, dans cet autre monde qui danse sans s’arrêter.
Quand je danse je n’ai plus de murs , je suis aux origines de la musique, je suis là où dansent les danseurs, depuis le début des temps, dans le monde entier.

Dans ce monde là ils me tiennent la main, ils sont tous toujours là, en ronde, à refaire mon monde. En entier.

Je voudrais vous aimer comme je danse. Sans histoires , sans failles, sans frontières, sans peurs, le corps lâché, dans une puissante liberté.

Emerveillée, émerveillés.

Je voudrais ouvrir mes bras, prendre tout, tous ceux que j’aime et aussi ceux que j’ai aimés, que j’ai perdus et qui me manquent. Et danser, oui, danser…

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janvier 27, 2010

Vent de glace
Montagnes loin dans le blanc et perdues

Moi pas sortir
Mes doigts font prise autour de moi

Au chaud la vie
Moi garder dedans.

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janvier 27, 2010

Faire contre-partie
D’une dérisoire unité
Contre-poids de la réalité.

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janvier 27, 2010

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janvier 27, 2010

Espace-tant-de-nous

J’ai encore rêvé de toi. Ce n’est pas un rêve ni un cauchemar, c’est un trou dans l’espace-temps dans lequel je m’engouffre régulièrement.

Nous nous y retrouvons, nous ne nous sommes jamais quittés. Je ne peux le supporter.

Depuis toi je n’ai plus voulu avoir une peau d’homme nouvelle. Certains ont essayé comme ces deux « Robert » made in U.S.A., durant mon année solitaire et lointaine.
Je les ai trouvé sans goût et sans odeur, je n’ai même pas tenté malgré leurs yeux qui voulaient dévorer. Sorry guys…

Non, après toi j’ai retrouvé l’Homme que j’aimais toujours et qui m’aime pour la vie et je lui ai dit oui. Je ne l’avais jamais perdu. Pourtant nous avions tout essayé. Les longues distances et les moyens courriers. Les plumes, les pleurs, les impossibilités.
Et en prime, Toi pendant quatre années, et un enfant ailleurs de son côté à lui, d’un amour prématuré.

Toi tu es resté dans ce gouffre de l’autre côté.
Dans cette autre vie nous nous retrouvons et tu avoues enfin que c’est toujours et encore vers moi que tu reviens.

Je suis folle. This is insane.
Mais c’est comme une maladie.
Je dois vivre avec et c’est vrai que tu m’as permis, aussi, de trouver cette vie que j’ai, remplie d’amour, du bon. Guérir de l’amour aussi ?

Nous étions comme l’histoire des deux pots de fer ou de terre qui se cognent. C’est ce que j’ai pensé quand il m’a fallu quitter notre appartement.

Ce jour là les murs glissaient sous mes doigts. Le plâtre s’effritait, la peinture s’écaillait. Je n’existais plus, crois moi.
Je faisais seule mes cartons. Essayant d’en laisser un maximum, de t’en laisser malgré toi.
Les cartons se remplissaient de mes larmes, de mes rivières, ça pleurait dedans. C’était tout simplement impossible, tout simplement.

La nuit où tu m’as avoué que ma nuit allait commencer, que tu flanchais, que tu quittais la barque progressivement…
Cette nuit là je me suis dressée, j’ai bondi du lit, nue.
J’aimais les murs de cette chambre. Nous avions déchiré la tapisserie vieillotte et finalement laissé le tout en friche et recouvert d’une fine couche de blanc. Un effet-atelier, un effet irrégulier, des bouts, des effilochures, tout sauf lisse.

Dans cette chambre, debout, j’ai crié. Je t’ai fait peur, sans doute t’es tu pris en pleine face ce qu’allait être ma réalité et ô combien tu me détruirais. Je t’ai dit que non. Non, cela ne pouvait être. C’était mon corps qui parlait autant que ma tête. J’ai crié et déchiré l’espace. Je ne pouvais pas, pas maintenant, pas après tout cela, non.
Toi pourtant si conquérant, tu es devenu tout petit, ratatiné, perdu devant ma rage.
Et le temps n’y a rien fait. Les cartons je les ai fait. J’ai choisi de prendre les devants et de partir loin, très loin.

Mais il m’a fallu les faire. Et ce jour là j’ai parlé aux murs, je les ai embrassé, caressé. Ils ont essuyé mes larmes dont mes mains étaient pleines. Sur eux je posais ma peau, je posais mon dos et je glissais, glissais vers cet abîme éternel. De l’amour éternel que pour toi j’avais, j’ai.

Comment n’aimer que pour un temps ? Je ne sais pas.

L’amour est en moi, comme un enfant dans un nid et pour la vie. De tous ceux qui se sont posés sur mon corps, jamais leur amour n’est mort. Car je ne fais l’amour que par amour, c’est ma faiblesse, une traitresse.

Alors j’ai encore rêvé de toi. Dans cette espace-temps, tant-de-toi-et-moi, tu me reviens toujours. Tu es merveilleux et fragile, comme tu fus. Tu me dis les mots que j’attends, comme tu le fis, comme tu faisais.

Comme quand tu montais ces escaliers pour la première fois, chez moi, à Phnom-Penh, il y a dix-huit ans, avec ce premier cadeau dans les bras. Cette grande boîte à bijoux ronde en marqueterie d’acajou.

Dans laquelle aujourd’hui, j’ai encore mes bijoux.

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janvier 25, 2010

Photo emprunt / Compagnie Preljocaj

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janvier 25, 2010

L’amour marche

Dans la rue je marche. A quelques mètres devant moi un garçon et une fille marchent aussi, enlacés, très enlacés.

C’est cela qui m’a émue tout de suite. Son bras à lui est dans son dos à elle, rejoignant le bras droit . Elle, elle le prend par la taille, sa main droite tient sa hanche gauche à lui. Bon enfin ce que je veux dire c’est qu’ils ne sont pas bras dessus-bras dessous, ni main dans la main, non. Ils sont en une seule pièce. Leurs bras sont croisés dans leurs dos, soudés. Et c’est beau.

Ils marchent comme « siamoisés ». Un bloc, un tandem. Flanc contre flanc. Collés en leur milieu, « entre eux deux »  n’existe pas, rien ne pourrait s’y faufiler.

Et je me suis dit :   » Merde, ça fait longtemps que je n’ai pas marché collée à quelqu’un comme cela ».

Leurs pas sont totalement synchronisés. Pourtant parfois il descend du trottoir pendant qu’elle, elle y reste. Pourtant elle contourne une voiture, bifurque un peu. Mais ils restent soudés du même pas. Pas un couac, une danse parfaite.

Ils marchent d’un pas vif, ils ne flânent pas. Ils sont jeunes et d’apparence simple. Lui en jeans et baskets, sobre. Elle, elle a mis ses bottines en cuir fauve avec petits talons qui font clac, clac, à chaque pas. Son jean est rentré dedans. Un blouson gris, des cheveux mi-longs qui tressautent un peu car elle parle.

Ils parlent, parlent et parlent. Et marchent, marchent dans la rue de cette petite ville, près de chez moi.

Tu vas dire :  » Ben quoi ? ».

Ben, c’est ça. Moi, tu vois j’ai tellement vu de jeunes déglingués que quand j’en vois des qui vont bien, deux qui rayonnent comme ça, ben je regarde vraiment et ça me transporte, … loin.

Mais là il y a plus que cela. Ils ont quoi ? Quinze, seize, dix-sept ans grand maximum ? Et ils ne voient rien d’autre qu’eux. Leurs pas sont francs, décidés, forts. Ils vont. Forts d’eux.

C’est cela qui m’émeut. Ils vont. Ils sont. Ils traversent l’espace et c’est leur amour qui marche, un amour qui marche, comme un géant. Sûr.

Sûrs, rien ne les perturbent, rien sur leur chemin, rien n’existe d’autre que leurs deux corps soudés et ce qu’ils se disent.

Je n’entends pas, à peine leurs voix loin devant moi, mais ils n’arrêtent pas. Et ils se racontent. Ils ne racontent pas des conneries. Je le vois dans leur dos, dans leurs pas. Ils se racontent vraiment. Il tourne souvent la tête vers elle et elle ne regarde que devant et elle lui dit.  Ils se disent intensément, ils sont concentrés et vivants.

Ca bouge, ça discute, ça s’aime, ça se respecte, ça se découvre, ça a quinze ans. Ils bougent enlacés, sans se détacher d’un iota. Parlent, argumentent sans que rien ne modifie la position de leurs bras qui sont dans le même tempo que leurs épaules, leurs bras, leurs cuisses. Ce tempo invincible, grandiose et fracassant que tu as quand tu es amoureux et que tu as à seize ans.

Moi j’arrive devant chez moi, eux continuent d’avancer, aveugles et sourds à tout le reste. Ils sont beaux, ils m’épatent et me ramènent dans des souvenirs précieux. Un rayon vert dans cet instantané de nos vies. Et partagé, même s’ils ne le savent pas.

Eux ils marchent, devant, là, droit devant, tu vois, comme ça…

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