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mars 7, 2010

Point de passage

Tout est cousu de fil blanc. Ce fil.

Tu vois, tu le vois, tu ne sais pas. Tu passes, tu choisis. Tu crois réfléchir mais non, ce n’est pas ça.

Tout est cousu de toi, sans toi. Tu passes, tu ne le vois pas.

Il y a des barrières, des check-point à franchir. En vrai, un check-point la première fois que tu le vois, tu as peur. Cela appelle une sorte de guerre sans discussions au fond de toi.

Une guérite, des militaires, parfois des gosses. Dans les pays dits sous-développés se sont des gosses qui tiennent les kalachnikov. Avec des yeux injectés de sang, d’alcool, d’amphèt ou de crack.

Bonjour ? Non, presque pas de bonjour, c’est autre chose, et là tu ne veux pas rester. Un frisson dans le dos. T’as intérêt à avoir des potes dans la voiture et les mots qu’il faut. Quoique, les mots..c’est de la rigolade. Là c’est les yeux et les gestes.

L’enfant a grandi dans la guerre. L’enfant, qui a déjà des enfants sans doute, ne sait rien de la Démocratie ou de la Justice. Quoiqu’on en dise quand on les a…on les a… Il a les tripes dans ses godasses cloutées, ses seules vraies godasses,  et sa paye est dans ses mains, bien serrée, en cash qui tue ou menace.

La vie vaut tripette quand tu dors par terre avec des cafards bien plus gros que le pouce. Le vrai cafard, quoi, celui sur lequel tu ne t’attardes plus.

Tu prends les armes, tu prends la vie.

Le check-point sur ta route, plus de ralenti. Passent tes vitesses, le pas emboîtes-le.

Le check-point sur ta route, ils te regardent dans les yeux les gosses aux yeux rouges.

Tu ne fileras plus jamais droit, ta violence prend un autre tournant.

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