Archive for mars 15th, 2010

mars 15, 2010

An angel at my table

L’émotion de l’homme qui dit sa peine.

L’humide au coin des yeux, au coeur d’un coeur habité de moi.

Minuscule sur ton fil tu te dis, tu dis.

Assis dans la cuisine

Soleil couchant

Devant moi sans prévenir

Un ange déploie ses ailes.

C’est toi qui m’ouvres tes failles et en fait mon berceau

Tu resplendis, lumineux du chagrin

Et pour nulle autre ailleurs je ne changerai ma place.

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mars 15, 2010

Tout autre

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mars 15, 2010

G. Laissé

Hanoï est une ville exceptionnelle. On me l’avait dit, promis et redit, maintenant j’y suis. Venue, en voisine, passer des vacances et rencontrer des collègues.

Il y a un truc fabuleux qui peut t’arriver dans cette ville c’est de circuler en vélo. Loues un biclou et prends-en de la graine. Au début tu te verras mourir à chaque carrefour, ensuite tu passeras de l’autre côté de la vie : la vie à vélo à Hanoï, une autre vision de la circulation des énergies.

Ce n’est pas le bordel africain, non, c’est le speed tout en zen. Personne ne s’arrête, jamais. S’arrêter c’est l’accident ou pire. C’est un courant sans fin, on est des milliers, c’est noir de deux roues qui roulent et ne freineront jamais. Débrouilles toi, faut que ça passe et que ça glisse. Pas de frayeur, juste des frôlements, des vents, des brises d’êtres en mouvance. Une danse. Et quand tu y prends goût, tu es transporté, comme un gosse tu en redemandes. Tu te jettes dans l’arène et tu tentes ta chance.

Tu peux aussi danser sur le pont d’un bateau dans la Baie d’Halong. Si tu rencontres G.

Guillermo et sa bande de joyeux drilles en goguette, eux aussi, et dans le même bus que toi, dans le même hôtel que toi et sur le même pont que toi. Sauf que eux sont italiens et ne reculent devant rien. Ils ont pris leur radio-cassette en embarquant, et au milieu de la Baie d’Halong ils ont le toupet de mettre leur zique à fond : de l’italienne, du rock… Et G. a envie de croquer de l’hirondelle. Une frenchy qui s’amuse beaucoup quand elle entend l’italien lui parler des yeux, lui parler anglish au couteau et la faire danser sur le pont.

Le lendemain : Rendez-vous à 5h30 on fera du Taï Chi, lui dit-elle. Je te montrerai. Montrer quoi ? Du Taï Chi je n’en faisais pas à l’époque. Mon voisin laotien en fait tous les matins au bord du Mékong mais je rate ce coche là, hélas. J’en fera plus tard, mais là, avec ce G. au bord de l’eau à 5h du mat, je fais quoi ? Je déconne, je joue la Comedia dell arte, je fais semblant. Et comme il croque tout ce que l’hirondelle lui donne à picorer, nous sommes là comme deux pommes face à l’eau à faire des mouvements lents et sérieux, en respirant fort, très cons-centrés, surtout lui, sur mes mouvements qui sont du vent. E Bellà la comedia.

L’occasion est trop belle, non ? C’est bon les cerises sur les gâteaux… Au retour , dans le bus, la troupe italienne chante à tue tête. Une ambiance du feu de dieu et c’est bon des gens qui se foutent aussi de tout ce qui les entourent et font leur cinema, dolce vità. Alors tout y passe, les italiens, les Beatles, les Piaf, les…Un répertoire hors pair multilingue car même deux british timides s’y sont mis. Le bus ne retourne plus vers Hanoï, il roule on the rocks.

G. m’écrira, m’écrira, m’écrira. Viens me voir à Savona, chez moi. Il faut que je découvre sa Liguria et puis nous irons à Malte pour le mariage d’un ami. Je réfléchis déjà à ma robe, à mon allure…Six mois plus tard, nous prenons rendez-vous à la gare de Genova.

Les italiens sont d’incorrigibles romantiques tant qu’ils n’ont pas croqué la proie. C’est formidable. Rendez-vous à la gare de Gênes, tu vois cela ? Je rêve de la côte méditerranéenne face à moi à l’heure de l’apéritif. C’est l’été, bien sûr, tu avais deviné.

Je ne le connais pas. Toi je te connais si bien, mon amour éternel. Sur le chemin de l’Italie, je viens te retrouver ici. Je vais voir G., je te le dis, inconsciente. Juste pour voir, te dis-je, faire connaissance … Tu ris. Il n’en est pas question , tu dis. Ah ?

Je suis dans la petite cabine du village, place de la Mairie. Je tremble un peu, je fais le numéro de G. encore une fois. Sur le répondeur je laisse un message où je martèle  :  Je ne viens pas, ne m’attends pas ! en toutes les langues que je connais et la sienne que je parle d’habitude juste pour dire Oui, oui, ouiiii. Mais pas là.

Encore G. m’écrira, m’écrira. Mais de l’hirondelle ne croquera pas. Pas celle là.

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