Archive for mai, 2010

mai 13, 2010

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mai 13, 2010

Anguleuse question

Le problème de l’angle droit c’est qu’il court à sa perte.

Jusqu’où s’arrondir ?

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mai 10, 2010

Plage entièrement

Partie quelques jours mais quelque moi ou quelques autres encore ?

Lâché, retrouvé, le bouton d’une existence dégrafée resté sur le sable

Liquéfiée, restituée, loin, réunie, joyeuse, servie sur un plateau, moi.

Laissée sur place.

Encore un puzzle qui s’amuse de nous.

L’éparpillement rassemble.

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mai 10, 2010

mai 5, 2010

Ceux qu’on est

Cette photo elle est beaucoup pour moi. Elle est tout. Oui, celle là en bas en sépia.

Il y a le mouvement et nous, un genre de famille. Le vent breton dans les cheveux et mamie Alice qui sourit. Elle souriait pour nous, pour nous faire plaisir, juste pour nous, un truc rayonnant. C’est le grand-père qui photographie. Toujours en avance sur son temps, de superbes appareils pendus au cou.

Surtout il y a mon père qui me tient comme ça, comme le font les pères, allez hop, on y va ! Et puis sur le côté sa femme, le petit bout toujours gai, brune, en mouvement. Je ne te parle pas des deux zazous qui rigolent. Toujours entrain de se chercher, de chamailler, de bouger.

Les temps sont difficiles entre nous trois. Il nous faudra du temps. Je me sépare de toute attache matérielle car j’ai vu que nous étions très très mauvais dans ces rôles là. Incapables de prendre des décisions cohérentes et pacifiées, même sur le cadavre de notre mère. J’ai vu le pire du pire de l’inimaginable, et je ne veux plus revivre cela, jamais.

Mais la distance cela nous connaît. Chacun sur sa planète, on a toujours été.

On a toujours été.  Dans les champs de ruines, dans les étés, dans les marais. Casse contre casse, rapides comme des éclairs, vifs comme nos tourments. Qui sait dire les émotions quand elles viennent du même ventre ?

On a toujours été exactement comme sur cette photo, voilà pourquoi je l’aime tant. Beaux et présents mais prompts à disparaitre de l’écran et sans les gants. Envolés, distancés de nous-mêmes, impatients de s’aimer et d’aimer tout et trop et mal et encore et plus rien et jamais d’accord. Sans principes, arrachés à la liberté, au chambranle de nos portes, mal amarrés. On a toujours été, frères, soeurs, parents, racines décollées, mal replantées, rêvant, toujours, jamais stabilisés, insatisfaits, blessés. Silencieux et mal-portants, malades de la vie, malades de nos sentiments.

Vivants.

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mai 5, 2010

Survival

Six mois après ma naissance j’ai cru qu’il fallait mourir. Après tout ?…J’avais sans doute saisi l’ampleur de la tâche, du désastre, et le problème insoluble de la durée.

Chez moi, quand on voulait du revigorant, on allait en Bretagne au lieu de l’île de beauté maternelle. Au moins pour s’assurer une bonne cure iodée et pas trop de chaleur accablante.

J’ai donc vu la Bretagne à six mois. J’ai senti les embruns et les algues. J’ai décidé d’arrêter de déconner et de foutre la trouille à mes parents. Des fois, très tôt, il faut savoir faire semblant.

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mai 5, 2010

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mai 5, 2010

Des invités pas gênés

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Les morts s’installent dans nos vies. Ce sont des petits malins. Maintenant qu’ils ont la main, ils virevoltent et règlent aussi leurs comptes.

Avant que mon père ne meure je suis allée pour la première fois à Montréal, au pays de sa mère Alice. Un pays des merveilles que cette grand-mère là.

Enfin, bof, la France ne fut pas les merveilles pour elle qui aurait sans nul doute préféré vivre avec ses six soeurs. Mais le cousin Robert, petit français court sur pattes mais malin comme un lapin, était venu rendre visite à son oncle Albert…négociant en betterave à sucre.

Tu le crois, toi, le conte de fées à la noix ? Une histoire en sucre, de paquebots, d’océans entre eux. De lettres entre guerre de 14 dans les tranchées. D’un lapin têtu et de soeurs séparées et éplorées. Une trop belle, une grande aux yeux verts, l’ Alice qui suit son rabbit énamouré. Et re-paquebot dans l’autre sens.

Quoi qu’il en soit, toute sa vie mon père aurait voulu partir, comme l’Albert, conquérir la belle Nord Amérique. Dans mon dos et sur mon berceau,  soufflaient des mots, des phrases, des regrets, des nostalgies. Alors avant de mourir il m’a vu revenir de là-bas et moi j’ai vu sa fierté, son sourire, des larmes au coin des yeux. J’ai découvert que tout cela ne guérissait pas du putain de cancer d’un fumeur et buveur de whisky bien tassé. Qui n’a pas eu le temps de prendre sa retraite méritée. C’est le cancer qui la lui a prise, une année toute ronde, entre rémission et chimio. Juste le temps de fêter une amélioration avec de vieux potes à Noël et quatre mois après c’était plié.

Ensuite ta mère doit vivre. Et comme elle est veuve a soixante ans, ça dure un bail. Cela devient long pour elle au bout d’un moment. Les premiers petits enfants sont des étudiants. La vie s’écoule plus lentement. Alors pourquoi ne pas perdre la boule ? Ben c’est vrai ça, à quoi cela sert-il donc de garder la mémoire à court terme quand tu n’as plus que la mort devant ? Autant juste rester avec les vieux trucs, old times, good times…Et péter les plombs. Faire des trucs marrants, être folle tout à fait. Et voir la tête de tes enfants, qui ont peur de maintenant, qui veulent une mère intacte et qui s’accrochent aux détails. Et un jour, enfin, arrêter de déconner. Pour de bon. Ce fut long. On pourrait dire un calvaire. Et voir un squelette qui respire encore et l’appeler maman, je ne le souhaite à personne, personne.

Mais ça te rentre dedans. Encore un mort qui a des choses à dire. Ca fait un de ces boucans. Il te reste un seul verbe à ta grammaire, une limitation de ton vocabulaire à un seul tenant : ETRE. Avec autant de trouille que de vouloir, ah oui il te reste celui là. Et des NON qui s’invitent en masse là où tu aurais dis Oui.Ils boivent à ta table, ils ouvrent tes placards, ils font un remue-ménage. Oui ? Non ? Quoi , t’es un peu mou du genou ? Après tout, es-tu vraiment debout ?

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mai 3, 2010

Paresseuse serait une belle vie

Tout contre toi posée, à jamais.

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mai 3, 2010

Ambiance tamisée

Le tamis de mes envies est mon ami.

Tu crois que ça ne bouge pas ?

Canard à contre-courant pagayant en dedans.

En dessous palmes agitées tricotent leurs idées sous-marines.

Restons dilués tant qu’il est temps.

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