Archive for juin, 2010

juin 30, 2010

D’apesanteur

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Rien n’est fait pour rester.

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juin 22, 2010

Evasion d’être

juin 21, 2010

Télégramme

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J’ai fait des rêves infernaux, il faut en faire quelque chose.  Il y aurait comme dans l’air un hors sujet, hors saison, hors de moi ?

Une spirale jaune avec des pois roses. Sortie d‘un corsage de mutant. Des antennes ultra et pata et patatras. Si.

Avec mes si tu verras. La longue déambulation sans but. Immobile.

Si. Pas là. Stop. Moi te dire où. Stop.

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juin 21, 2010

La scène

J’ai repensé à cette robe sur la table, relevée. Ce moment hors des lignes. La maison khmère particulière. Une sorte de boutique en rez de chaussée , avec son grand store en fer, puis  l’étage de bois et d’alcôves. Le grand espace en bas, moitié ciel ouvert. Ciel ouvert. Tu m’avais vu faire la vaisselle accroupie dans la pièce d’eau au soleil. Tu avais aimé par dessus tout. Il y a des images comme ça que notre oeil capte sur lesquelles notre cerveau place tout et s’arrête définitivement sur une option vitale. Moi c’est cette robe offerte mes jambes autour de toi. A peine le temps de fermer le store derrière nous. Nos cieux ouverts toi debout moi sur la table. J’y reviens souvent. Ma table est mise. On reste dans des endroits. On y a creusé la vie dans nos antres méconnus dévoilés. On y est nés. Encore et encore. On s’accompagne et l’image porte ce désir possible quand on est au delà de soi-même, dépassé, laissant faire.

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juin 20, 2010

A ma place

La musique est forte et douce

Dans la maison

Le vent s’emballe fouette les arbres qui plient

Dehors s’affirme

Je suis là avec toi

Et vivre s’ose

Se pose brillamment dans l’après-midi sans nom

Deux êtres s’aiment

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juin 19, 2010

Mediterranée

Elle est partie en bateau hier, l’amie.

Je lui ai parlé alors qu’elle quittait le port.

La mer était facile, plate, le soleil prêt. Le grand décor.

Je lui ai souhaité Bon voyage et tout en parlant j’y étais.

Je savais les remous sous l’énorme coque. Et le coeur qui s’emballe en quittant la terre.

Le voyage est long, on a le temps de se déshabituer. On se voit partir pour toujours. On s’imagine.

La mer entoure toute pensée et le bruit des machines est une berceuse. J’aimais dormir sur le pont cahotante. Il me semblait franchir des siècles. Et ne plus résister.

Hier au téléphone sont revenues les sentiments puissants qui n’ont rien perdu simplement je les cache pour ne pas être blessée. J’ai raccroché et je n’ai pas voulu pleurer. J’étais heureuse pour elle, je savais l’arrivée face au golfe où ma mère est née. Je savais l’avenue remplie de palmiers et le soleil dans sa bienfaisance qui l’attendrait et elle tout sourire, libérée.

Je n’ai gardé que cette idée et reposé le téléphone alors que je venais d’entendre les hauts-parleurs du paquebot dans son dos. Garder serré les images en tête et toutes ces années. Allongée sur le pont dans mon duvet, un air bien frais dans les cheveux, pour toujours.

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juin 17, 2010

Dans l’étang vert de mes nuits roses

Ce printemps là était lugubre. Pourtant je crois qu’il faisait chaud.

Je n’avais plus nulle part où aller. J’avais ma très grosse valise celle là semblait prête, mais moi ? Tout était de trop. Je n’avais plus ta clé.

J’étais hébergée en attente, sur un quai. Il fallait tenir. J’ai tenu une année.

Loin, dans cette belle maison dans les rizières où les crapauds dansaient, où les papyrus étaient forêt. J’avais ta photo accrochée au dessus de ma table de chevet. Une amie est venue. Elle m’a dit que ce n’était pas raisonnable. Oui, Non. Pas. Plus. Cela se nomme de la survie, rien ne se contient plus. C’est ça ou on dévale, en boucle.

Rien n’allait dans le bon sens. Je t’ai écrit tant et t’ai dit comme nous aurions été heureux dans ce pays. J’étais pathétique.

Cette histoire fut la dernière. Depuis le rideau est tombé. J’ai laissé cette fille derrière moi. Elle croasse sans doute derrière la maison près des rizières. Elle n’est plus pathétique, elle est transparente à elle-même. Elle bat le temps avec des paravents et des ombrelles. Elle s’est coulé un bain brun de nénuphars et elle glisse son pied régulièrement dedans.  Comme l’eau est tiède elle prend son temps. Elle attend la nuit. Descend de son lit, ouvre un parapluie fait de papier rose et vert, et glisse toute habillée dans cet étang surprenant.

Cela provoque un genre de lumière. Un halo phosphorescent, même les crapauds-buffles cessent leur vacarme. Une petite pluie fait des floc  floc dans ce bain et une brume infime se répand. On ne voit plus, alors, la demoiselle. Juste son parapluie géant. Le papier flotte à la surface un moment puis se dilue dans la brume tombée en surface.

Dans mon lit alors je me surprends. Je me défais de mes draps roses. En vert mes bras papyrus entament la longue marche, celle de mes rêves. Coulée douce, immortelle sans lendemains.

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juin 16, 2010

Le silence, les yeux, le coeur

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juin 16, 2010

C’est quoi les amis ?

Est-ce qu’il vont , est-ce qu’ils viennent ?

Est-ce qu’ils désertent ? Est-ce que tu les repousses parfois ?

Ont-ils besoin de toi ? Trop ou pas ?

Comment vivre la distance ? Comment vivre les différences, les parcours qui se multiplient ?

L’amitié nait-elle et puis meurt-elle étouffée par les jours et les nuits ?

Ton besoin et le leur. Les années qui s’empilent. Les silences à demeure, ceux que tu détestes.

L’amitié avait bâti ma vie, mes relations, mes choix, mes sentiments immenses. Très tôt je me suis vue autant habile que maladroite. Rentrant dans le lard, et aimée pour cela, pour dire. Toi tu me le diras, il n’y a que toi pour le dire.

Et puis…Des ruptures. Des promises disparues. Des manques. Des frustrations. Ton égoïsme est trop grand. Dirent certains. Je sais mieux aujourd’hui que sous cet ego et ce besoin de repli très personnel se cachaient trop de ressentis .  M’éloigner ponctuellement est une survie pour ne pas, moi, sombrer. Mais on est très très forts pour cacher nos extrêmes sensibilités.

L’amitié ne coule plus de source dès qu’on n’a plus vingt ans. La vie cogne et rien ne fait semblant.  Les amis te renvoient en pleine face ce que tu as fais de ta vie, tes fragilités, tes impostures, tes désirs et ton poids d’incohérences. Un sacré paquet.

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juin 15, 2010

S’enchainent

Kirghiz ? Kirghizstan ? Nous sommes étalés sur le couvre lit bleu très foncé couvert de soleils peints.  Le lit par terre. C’est notre quasi studio, celui de ton retour en France. L’endroit, le nid, que j’ai préparé pour nous, ce Nous que j’attendais et chérissais depuis presque trois ans.

Nous regardons les Atlas et les cartes et avec toi ce n’est pas ce qui manque. Tu as une proposition de travail là-bas. Ton oeil est allumé pétillant en me regardant. Un vrai phare breton téméraire. Moi tu sais que je suis prête à tout, de toutes les façons. De mon côté un poste au Japon est envisageable mais..Hokkaïdo…? Les cartes changent de pages, les atlas font des recto et des verso. Je me vois dans les glaces de l’île sévère,loin , très loin. Où j’aurais froid de toi.

On s’amuse. On imagine. On distance les possibles, on se teste. On tourne et retourne le Monde, celui que tu aimes tant étudier et parcourir depuis tes seize ans. Une route de la soie à toi tout seul, tu es. Tu es prétendant à tout dans ma vie, maintenant réunis, nous tenons chaque choix au bout des doigts, nous régalant.

Mais tu viens tout juste de rentrer et nous avons été très séparés dans  ce vaste Monde. Tu n’es pas sûr et tu as un mémoire à rendre et à soutenir et moi itou. Les études de nos trente-cinq ans. Les plus fortes, les essentielles, les brillantes. Une autre offre vers le  Cambodge, encore ? Entretiens. Prise de tête. Tu dis non.

Ce sera Lyon et nous prendrons du recul, le nez seulement  dans tes Atlas, pas les chaussures. Vlan. Mauvaise pioche ? Dix-huit mois après nous volons en éclats.

Non, décidément, pourquoi ne l ‘ai je pas  vu ? Nous étions faits pour tout mais surtout pas pour vivre ensemble. Pourtant nous étions faits. Nous avions tout. Il me fallait toi. Et il me fallait toi pour qu’aujourd’hui je m’apprivoise  en amour. Mais tu m’as manqué. Si. Tant. Et je t’ai manqué. Oui. Mais.

Aujourd’hui cela fait quinze ans que nous étions sur le lit au sol avec nos cartes ouvertes encore vers l’Asie extrême en riant. Il m’a fallut ce temps pour m’aimer sans toi. Ne plus regretter de ne pas pouvoir être avec toi ET lui. Vous faire l’amour, et cela l’amour le réclamait, sa plus belle récolte. Mes extrêmes enfin rassemblés, cette puissance sans limites. Dans cette société c’est tout un pâté-patacaisse pour vivre deux amours. Deux essentiels en même temps. Mais maintenant j’ai remonté les horloges de ma tête et je t’ai donné la place que tu mérites et que tu as. Même si…

Tu es maillon de ma chaîne, une fois pour toute telle que moi. Noués et indispensables. Je t’ai réconcilié avec mon âme en déroute de notre ensemble, de mon Tout.  Cette âme que tu voulais toucher, disais tu.

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juin 14, 2010

Toi l’Amour

Hier j’avais tant de bonheur sous mes yeux.

Je te regardais sur la terrasse. Calme et lent et beau. Tu caressais les chats, un de chaque côté. Le soleil juste comme il faut. Un ciel rempli comme j’aime. De nuages blancs amis et de bleu, frange de ciel, dégagée, sur un visage ouvert.

Parfois juste un souffle d’air. Non, il ne faisait pas trop chaud. Il faisait juste. Et toi assis par terre en blanc et bleu. Au milieu. En plein mille. Et je retenais mes larmes. En songeant que j’étais une idiote mais je ne peux m’empêcher d’y penser. Au jour où tu ne seras plus là. C’est une maladie chez moi, une de plus. Mais le gouffre que tu vas laisser me rend dépecée de tout.

C’est que maintenant nous sommes si heureux. Tu sais je n’en parle à personne. Pas vraiment. C’est bien trop. C’est même trop pour nous.  Souvent nous nous frôlons, simplement, parce que cette union est tellement puissante que nous pourrions mourir d’amour sur place, explosés de délivrance. Tout cela ne peut se dire. Nous sommes pétales d’une même fleur. Grains d’osmose dans l’Océan. Et si différents, si différents.

Je ne veux pas vieillir. Je ne peux pas m’y faire. Je ne veux pas sans toi. Quelle force faudra-t-il trouver ? Je ne peux pas y penser, pourtant.

Tout. Hier au dehors j’ai tout touché de mon âme, de mes doigts, de mes yeux noyés de toi. Dans une profonde éternelle jouissance et sollicitude. Nous avons tant fait pour arriver là. Sans savoir où nous allions. Sans savoir où nous allons. Tu me regardes et je sais ce que tu penses. Comme moi.

Ce miracle.

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juin 13, 2010

Qu’est ce que j’ai ?

Mais qu’est ce que j’ai ?

Hier sur la place de la Mairie de ma petite ville je tombe sur la brigade des pompiers toute rassemblée. En rang, en groupes. Leurs camions posés plus loin. Leur fanfare face à la troupe. Et Hop tsoin tsoin. Oui, je l’avais lu. Une journée de parade, de démonstrations, de portes ouvertes à la caserne.

Moi je passe par hasard. Je m’arrête. Je les vois de loin. Tous rangés, simplement, 70, pas plus. Et la fanfare qui fanfaronne tsoin tsoin. Et moi qu’est ce que j’ai ?

Je suis troublée. Je suis serrée dans mon coeur, émotionnée. Quoi ? Tu aimes les parades, les fanfares tsoin tsoin ? Quoi ? Pourquoi ces hommes au pas, rangés dans leurs habits et sous leurs képis, ça t’émeut ? Mais qu’est ce tu as ?

Je suis un peu loin, au soleil. Incertaine de ce que je ressens. Mais…Je souris, comme si cela venait de loin. Incontrôlable. Je m’approche. De côté puis derrière eux. Chemises bleues, costumes du feu, femmes et hommes, jeunes et vieux. La fanfare les fait sourire. Rien de trop formel, de la belle humeur et de la retenue.

Un joli brun comme je les aime. Simple et souriant avec son appareil photo va et vient. Je lui parle, je lui demande car je n’étais pas sûre de ces chemises bleues. Les officiers. Ah ? Les officiers. J’ai envie de pleurer. De pleurer de loin. De lointain. Je suis emportée par une autre vie, d’autres hommes, des armées, des guerres, des vaillants peut être, des combattants, des qui sont là. Etaient.

Qu’est ce que tu as ? Le képi de grand-père sur la cheminée ? Ses photos de militaire ? Ses années de prof  français-latin-grec à St Cyr ? Ses potes dans les tranchées de 14-18 ? Cette incroyable photo de son bureau en bois, petite table d’officier dans les mêmes tranchées, d’où il écrivait à sa fiancée québécoise ?

Qu’est ce que tu as ? Qu’avaient-elles en commun tes deux morceaux de famille, celle du Nord et celle du Sud ? Oui, je sais. Un sens de l’honneur et de la responsabilité. Un sens absolu de l’engagement.

Qu’est ce que j’ai ? Derrière moi. De tout. De cela. Des hommes au combat, des saluts, des solidarités qui me font pleurer, en dehors de tout raisonnement intellectuel, de toute opinion quelle qu’elle soit. Sur la place je suis là, sentant loin d’autres voix. D’autres époques. Et la vibration de ce torrent de l’être. Je suis sans voix. Je cherche des yeux ce qui n’y est pas.

Je repars sans repartir. Je ne comprends pas. Mais je sais que ne veux plus retenir tout ce que je ressens en moi.

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juin 11, 2010

Tarte aux fraises qui parle

Hier dans la cuisine tu pâte sablée moi spaghettis.

Tes doigts beurrés étalent dans le moule saveur sucrée. Toi bec sucré.

Tu te lèves, tu dis

Tu n’as peut être pas encore remarqué mais nous avons derrière nous plus de temps de vie  que ce qui nous reste devant.

Offusquée je m’exclame

Quoi ! Mais bien sûr que j’en suis consciente. Mais enfin, tu ne sais vraiment pas à qui tu parles  ! ?!

Et elle  jette les spaghettis dans l’eau bouillie.

Tes fraises coupées attendent sur l’évier.

Je sors et je reviens dix minutes plus tard. Assis à table, tu serres les fraises sur la pâte juste sortie du four.

Je t’entends marmonner et te marrer en m’imitant

Non mais…Tu ne sais pas à qui tu parles ! …Tu ne sais pas à qui tu parles ?!

Nous sommes debouts maintenant entrain de déclamer en rigolant

Nan mais tu sais à qui tu parles ?

Soir tombant je me tourne vers toi dans tes draps. Tu t’endors, je fais exprès de te réveiller.

A l’oreille je te chuchote

Alors tu sais  avec qui tu parles ?

Nous rions.

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juin 9, 2010

1988

Qu’est ce qui fait qu’un jour tu fais bouger les lignes ?

Pour elle et moi cette année là fut la bonne, la grande évasion. Le truc que tu dois faire, il le faut, toute ta vie appelle à cela, tout toi. Tu seras.

1988. Elle part en bateau, depuis les Antilles, pour arriver dans le Pacifique Sud. Elle y vit. Moi je prends  un avion dans la direction opposée, celle du soleil levant.

On se connaissait depuis nos douze ans et bien sûr nous n’avions aucune, aucune idée ni once de pressentiment que nous serions en pleine vie, en plein chambardement en même temps, un peu avant nos trente ans.

Qu’est ce qui fait que tu hisses pavillon ? Que tu t’installes plein vent et… Larguez les amarres !! Parce que cela couvait sous ta marmite, parce que tu n’as que cela en tête même quand tu n’y penses pas. Parce que c’est comme ça. Parce que la désespérance a passé tes limites. Parce que la vie, sinon…

On a passé trois jours ensemble il y a un mois, elle passait par la France. Sans contraintes, au gré, au bord de l’eau on a marché près des bateaux. Quand elle m’a largué à la gare de Nîmes au retour, sa frangine, au volant, était à la bourre, alors hop, je suis sortie en flèche de la voiture. Ciao, les mains, les sourires, elle venait de me prendre en photo dans la voiture.

Je me suis retrouvée avec du temps dans la gare. Et alors j’ai réalisé, le coeur un peu serré, toute étonnée, qu’on ne s’était même pas embrassées alors que nous ne savons pas du tout, nous ne savons jamais quand nous nous reverrons. Dans un, deux, trois ans ?

Enfants, je me suis dit. Nous vivons encore comme des enfants, le mors aux dents. Mais j’avais drôlement, oui drôlement envie de pleurer comme Madeleine, ben oui, quand même.

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juin 8, 2010

Une incroyable tante

Je reçois un courrier de ma tante chérie et ce courrier n’est pas comme les autres. Il est moins bluesy, il y a même les mots première fois car la santé va mieux et elle m’envoie une carte de Montmartre, belle photo noir et blanc.

Cette femme est mon Paris à elle toute seule. Le quartier de mon enfance,écrit-elle au dos de la carte. Cette grande femme brune était celle des boîtes de Jazz de Boris Vian, un genre de Juliette Gréco mais bien plus jolie, je vous le dis.

Et nature. Grande fumeuse, taille de guêpe, accent parigot qui monte aux aïgus quand ça l’enchante. J’étais fascinée. Maquillage, rouge de chez rouge, et eye-liner de déesse égyptienne. Une salle de bains rose et noire pleine de petits placards et tiroirs avec des tonnes de choses inconnues chez moi. On fouillait et elle te donnait ce que tu voulais.

Dans l’appartement parisien face à Montparnasse, un lourd miroir , allant du sol au plafond, glissait pour dévoiler une immense penderie cachée derrière. Des frous-frous, des trucs de femme de bas  en haut, des odeurs suaves , des parfums, des trésors pour l’enfant que j’étais.

Tout chez eux me plaisait, m’éblouissait. Je ne sais où mon oncle avait trouvé sa Juliette, mais je comprends qu’il ait laissé en plan toutes ses fiancées, les promises de l’adolescence qui pleurent encore sur l’île de beauté. Sa beauté à elle fut entière, intacte jusqu’aux quatre-vingts ans. Après, il faut vivre sans lui, le blues reprend ces derniers temps.  La dame en noir  se pare moins de rouge, néanmoins elle avait une classe d’enfer aux funérailles,  la voilette sur le nez, les yeux noyés dans le mascara. Et elle me dit qu’elle peut maintenant re-écouter son jazz à elle, que lui n’aimait pas. Une tante qui s’était offert le dernier Clapton à soixante-dix ans, ça s’impose là.

Elle fut pour moi ce goût d’interdit et ce goût de féminité exquise dont je me gavais galopant, inconsciente,  dans le Paname de mes vingt ans.

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