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juin 9, 2010

1988

Qu’est ce qui fait qu’un jour tu fais bouger les lignes ?

Pour elle et moi cette année là fut la bonne, la grande évasion. Le truc que tu dois faire, il le faut, toute ta vie appelle à cela, tout toi. Tu seras.

1988. Elle part en bateau, depuis les Antilles, pour arriver dans le Pacifique Sud. Elle y vit. Moi je prends  un avion dans la direction opposée, celle du soleil levant.

On se connaissait depuis nos douze ans et bien sûr nous n’avions aucune, aucune idée ni once de pressentiment que nous serions en pleine vie, en plein chambardement en même temps, un peu avant nos trente ans.

Qu’est ce qui fait que tu hisses pavillon ? Que tu t’installes plein vent et… Larguez les amarres !! Parce que cela couvait sous ta marmite, parce que tu n’as que cela en tête même quand tu n’y penses pas. Parce que c’est comme ça. Parce que la désespérance a passé tes limites. Parce que la vie, sinon…

On a passé trois jours ensemble il y a un mois, elle passait par la France. Sans contraintes, au gré, au bord de l’eau on a marché près des bateaux. Quand elle m’a largué à la gare de Nîmes au retour, sa frangine, au volant, était à la bourre, alors hop, je suis sortie en flèche de la voiture. Ciao, les mains, les sourires, elle venait de me prendre en photo dans la voiture.

Je me suis retrouvée avec du temps dans la gare. Et alors j’ai réalisé, le coeur un peu serré, toute étonnée, qu’on ne s’était même pas embrassées alors que nous ne savons pas du tout, nous ne savons jamais quand nous nous reverrons. Dans un, deux, trois ans ?

Enfants, je me suis dit. Nous vivons encore comme des enfants, le mors aux dents. Mais j’avais drôlement, oui drôlement envie de pleurer comme Madeleine, ben oui, quand même.

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