Archive for juillet, 2010

juillet 31, 2010

Le peu du tout aimer.

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Je flotte sur un petit nuage. Qu’est ce qui nous retient unis ? Tout ce qu’on ne sait pas. Tout ce que nous sommes l’un sans l’autre.

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juillet 23, 2010

Mon bibliothécaire

Mon bibliothécaire, appelons le J, et moi, entretenons un amour platonique. Soyons honnête, on doit être 543 dans mon cas. Bon.

Oui mais moi. Quand même, hein ? Tu sais bien l’effet saisissant que je fais, hum ? Et lui ? Lui, je veux pas t’en parler parce que tu vas tout de suite te ruer dans la Médiathèque, si. Il est brun avec des cheveux épais et bouclés et il a des yeux…..Des yeux je sais pas. Bleus ? Non ce n’est pas cela.  Verts ? Je vais te dire, la couleur on s’en moque. C’est la façon. Par exemple le bleu, bon, ben si c’est pour être rond comme une vache qui pisse dans une face de lune, c’est pas la peine. C’est sans moi. Non, lui il a le regard qui tue sans en avoir l’air. D’ailleurs, c’est con, tu baisses les yeux. Enfin je baisse les yeux parce que c’est trop. Je me dis, merde je suis entrain de lui dire par tous les trous de mon cerveau qu’il est si, si… attrayant…Et en fait, surtout ne crois pas que c’est le beau gars qui se la pète. Non. C’est cela qui est scotchant c’est que c’est le petit gars qui n’en a rien à cirer. D’ailleurs il baisse les yeux lui aussi quand il me voit, je crois que ses yeux se mouillent, tu vois je te disais. ..543 mais je crois que je caracolle en tête. Je caracolle avec deux ailes, oui.

Non, bon, il fait juste son job et le problème c’est qu’il le fait BIEN. Il valse dans les rayons, il n’y en a pas deux comme lui pour te trouver le livre que tu cherches et te dénicher un truc qui te va bien. Il est responsable du secteur voyages, en plus, vlan !, comme si j’avais besoin de cela !!

Et puis il est militant écologiste et pratiquant. Un vélo c’est tout. La petite famille aussi. Vélo en toutes saisons, je le croise parfois, je suis à pied et lui en vélo. C’est beau. Si. C’est vrai je ne le croise jamais quand je suis à vélo, sans doute parce que je pédale en campagne et que lui il trace en ville aux heures de boulot. Des fois je ne le vois pas, je suis dans mes pensées, tu sais quand tu marches. Je pars bosser. Mais lui il me voit. Ah ? 543 mais moi.

Un jour j’arrive dans la Médiathèque et je lui demande comment s’est passé l’animation d’hier soir. Oui parce qu’en plus il anime, il fait le con, il chante (bien),  il joue ( Râââh…) , il raconte ( waouh)…. Et il me répond avec une petite moue et en baissant la tête  Ben c’était pas mal mais toi tu n’y étais pas.

Vlan. Pffff. Bon, quoi ? 543 mais moi je te dis, moi. Y’a.

Faut dire aussi qu’on a bossé ensemble. Avec des groupes de femmes qui apprennent le français et avec des jeunes déscolarisés, comme on dit….Lui il raconte, il montre les lieux, il offre le thé, il accueille, ce qu’on appelle accueillir vraiment et avec sa passion, son voeu que chacun trouve une place, une joie, un désir, une émotion dans cet endroit de vie. Parce qu’une Médiathèque, c’est cela, c’est le but. En tout cas par chez moi, dans mes contrées d’ici.

Un matin nous étions huit dans une salle. Lui, moi et les loulous que j’amenais là, qui n’ont jamais ouvert un livre, qui ne savent pas aligner trois phrases correctes et qui ont été bercé trop près du mur comme j’aime à le dire. Des pas gâtés, des qui-ont-mal-démarré. Mais tous sympas ce jour là. Et J. a préparé quelques morceaux choisis, pour lire à voix haute, comme il sait si bien faire. Les loulous, des gars et des filles, entre 16 et 20 ans, ils sont scotchés. Ils aiment, ils écoutent et puis J. lit un texte grave, je ne sais plus si c’était le journal d’Anna…enfin un texte d’adieu lié à la perte des parents, à l’abandon…Et il se met à pleurer. Oui J. il est comme cela. Un gars en or massif, je te dis. Sa voix s’étreint dans l’émotion, il est archi troublé, il demande pardon et sort (il va revenir). C’est le silence dans la pièce. Les jeunes zoulous n’ont jamais vu cela. Primo un mec qui pleure et qui n’a pas honte, en public. Deuxio un mec qui lit des livres à voix haute. Tout le monde s’écrase, pensif. La douceur flotte, on est ensemble tout à coup, pour de vrai. Il reviendra et reprendra sa lecture. Nous aurons des sourires à décrocher la vie, à accrocher la beauté. Tous.

Plus tard je le remercie tant. Je lui dis que là ma séance c’est du gagné à 130 % puisque lui et moi ce qu’on veut c’est que de l’émotion sorte pour aller vers l’envie de toucher les livres, ne pas reculer devant une page, penser que quelque chose est possible au travers d’un texte, même et surtout pour des illettrés.

J’avais senti dès mon arrivée ce jour là que J. était à fleur de peau, encore plus que d’habitude. L’air las, ce qui n’est pas son genre, l’air en dedans profondément alors qu’il est toujours d’une présence totale avec chacun. Moi j’étais  aussi très atteinte car j’étais au Père Lachaise exactement 48 h auparavant et ma mère réduite en cendres dans une ambiance tragique à couper au couteau entre frère et soeurs. Et c’est ce matin là que lui, il pleure devant nous, lisant un texte sur le deuil et le tragique. Je ne lui ai pas dit à quel point ce vendredi là  était unique pour moi et combien nous étions en communion. En tout cas j’avais été. Inutile, nous savons. Et flotte  merveilleusement dans l’air tout ce que nous ne nous dirons jamais. C’est parfait.

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juillet 21, 2010

No man, no Land.

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Le silence c’est bien. C’est ce qu’il y a de mieux, je dis, moi.

Aujourd’hui  je n’ai parlé à personne sauf au téléphone et si peu. J’ai rencontré un humain en chair et en os au supermarché et il était con comme un balai. Pas de bol la fille, elle sort et elle tombe sur de l’humain qui ne se regarde pas dans la glace. Incroyable ça. Le type en bermuda il rencontrait un ancien pote, visiblement. Et il parlait fort, pas besoin de haut-parleurs mon gars, tu vois pas que tu débloques ? Alors les voilà les deux qui ne voient plus rien autour. Et lui qui n’avance pas. La caissière attend, elle est déjà dans les vapes et des cons elle en voit toutes les heures. Bon. Seulement moi il ne m’amuse pas ce con là. Bon sang c’est le seul humain que je croise à moins de deux mètres et faut que je tombe sur un crétin ?

Ouais, regarde je sors de la piscine et j’avais faim ! qu’il gueule à son pote qui l’attend en bout de caisse. Ah tu fais quoi maintenant mais tu bosses plus à Machin ?

– Ah non je bosse à Daucy maintenant. Tu sais Daucy!  Les petits pois, les haricots, les carottes !!

Et il reste planté comme une patate, il me bloque ce crétin. Tu vois pas que tu gueules comme un putois avec ta voix nasillarde (merde ils t’ont eu au rabais chez Daucy !? ), et que t’es pas tout seul ? Je croise son regard mais même pas, le gars il a l’oeil dans ses boites de petits pois, il sait même pas qu’on est là. Il fait le beau, il s’éclate. Il ne bouge pas. Il s’éclate dans le hall réfrigéré du supermarché à sortir son portable avec son pote qu’il a retrouvé et Tu viens demain soir à l’apéro ?

Je finis par être au bout de la caisse, elle a passé mes marchandises mais lui, ben, il a pas bougé. Il a ses trois trucs là. Il est debout et il rigole. Oui ben mon vieux t’es peut être bien là mais moi je récupère mes courses, hein ? !! Non, il gueule encore, et moi rien que de me trouver à un mètre de lui , ça me colle la migraine. T’as pas des boules Quiès ? Des trucs qu’on s’enfonce dans le ciboulot et on entend plus les crétins comme toi ? Non, t’as pas ?

Je quitte la caisse et le hall et il est encore au bout de la même caisse et il a pas récupéré ses affaires. Ben je croyais que t’avais faim ? Tu me bipes, tu me bipes, tu m’appelles !! Qu’il crie à son pote qui s’en va. Je sors je me dis merde, j’en ai marre des tarés. C’est TaréLand dans ce hall de supermarché. Ouais. Faut plus faire ses courses, ça je le sais. Pas là. Je fais ailleurs, oui, je sais chui plus apte.

Le silence, je dis. Je dis comme je le pense. Je dis, moi. Un peu de musique aussi, quand même, ah oui.

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juillet 18, 2010

Loin du corps

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Un jour partir et trouver la force de le faire le coeur ouvert. C’est mon plus grand désir. Mon défi.

J’ai vu la mort qui prend le temps et se délecte faisant de toi un pantin maltraité, un objet d’indignité de vivre. Je voudrais tant rester actrice de mon esprit et qu’il amène mon corps par là où il fait sens. Partir c’est le corps qui n’en peut plus un jour se coucher et aller voir ailleurs comme il l’a dit ce bel acteur qui a terminé sa lutte. Parce que la douleur te prend tout. Alors partir ailleurs. Dans l’amour d’avoir été. Dans l’amour de la vie et de l’humanité. Glisser dans le silence, non, vous êtes si bavards ensuite. Non, sortir de sa peau, tout simplement. Se débarrasser d’un corps impuissant et gênant et continuer sa route. Continuer. Dans la poussière de l’univers des atomes rayonnants, ceux qui ont gardé leur désir intact, leur beauté illumine la nuit et le jour. Poussières de nous, câlines, mains de géants viennent bercer, consoler notre inaptitude, tout donner. Tout donner car ils n’ont plus rien à perdre. Ils ont acquis la liberté. Celle de voir, de transcender, libérés des possessions, riches comme Crésus ils sont. Offrir des messages, partir en voie haute, nuages roses à l’horizon, détachés, plus de prison.

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juillet 15, 2010

Présences

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Mon 14 juillet dans la forêt avec toi qui portes mon sac. Les choses sont simples et belles. Se revoir et s’éclairer. Dans ces collines où nous vivions avant, où notre amitié est née. Ce bois au nom très drôle, ce couvent plus loin dans les champs. Ces lapins qui courent devant nous. En dire et puis rien. Ce silence qu’on aime aussi. Dans cette forêt tu as souvent dormi. Cette nuit dans une cabane près de la maison tu t’es réveillée. Cette maison de ton amie – que je ne connais pas et qui me souris – qui a tout construit chez elle. Tout y est liberté et horizon déployé de l’Est à l’Ouest.

Je crois que nous nagions dans la beauté et ce plaisir retrouvé, toi qui ne vis plus les pieds dans les prés mais face à la mer. La nature te manque, la verte. La nature me manque, celle que j’avais sous les godillots, celle que je veux retrouver. J’aurais une maison où s’étendra cette liberté. Quel chemin prendre ? On s’en foutait. On allait lentement. Puis sur un talus sous les arbres frais, des amis eux aussi, nous avons bu le thé.

C’est ainsi lentement nous buvons le thé sous les arbres. L’amitié. Un sentiment puissant d’aimer, d’être installé dans un coeur. Je t’aime, se le dire. Il n’y a rien à attendre. Tout est permis. Sous les feuillages délicats nous sommes pieds nus et on s’écoute. Et le rien. Ce silence. Ces douleurs, ce cheminement. Nous, deux profondes, réunies. Tu m’as fait un cadeau de ta présence, j’en suis réchauffée.

Quel chemin ? On s’en foutait. L’amitié.

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juillet 8, 2010

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N’attend rien, ce n’est pas raisonnable.

Tu le sais, n’est ce pas ?

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