Archive for décembre, 2010

décembre 31, 2010

Possibles

Dans la vie il faut si peu attendre et surtout s’étendre

Attraper le hasard, lui sauter dessus

En savoir le moins

Possible sur son compte et lui sauter au cou.

 

 

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décembre 30, 2010

L’insouciance que demande la vie

Hier j’ai perdu l’insouciance que demande la vie. C’est pire que de perdre une amie.

Je suis joyeuse et quand je ne le suis plus, je ne suis plus. J’embarquerais un troupeau d’éléphants sur une passerelle en bambou quand je suis dans la joie et l’altitude. Il n’y a plus personne sur le radeau quand je perds la joie. La vie alors s’impose, assassine.

J’ai roulé une clope avec mes doigts et fumé lentement sans ouvrir la fenêtre surtout. Je me suis dit mourir ce serait le moment, après tout. Après Tout.

Quand la joie se disperse de moi elle part dans le Gange, elle part sur la lune, elle part très loin, je le vois . C’est la seule chose que je vois, la distance parcourue par l’insouciance pour s’ôter de moi. Il lui faut de la force pour quitter ma carcasse car j’ai bâti des remparts, des chaînes, pour l’emprisonner, depuis longtemps. Mais la joie reprend ses aises et sur le Gange m’envoie, loin, là je suis un débris, d’un coup de pied bien envoyé.

Cette dose d’insouciance qu’aura le sage shadu en jetant un petit air sur moi, tiens tu flottes petite chose ?, va donc te purifier dans les eaux grises… Moi qui ne suis pas encore allée en Inde, me voilà. Je me mets sur le dos et j’attends. Je fume ma clope au milieu des pénitents, des sacrés, des mécréants, des riches et des poux, tous mélangés. Au moins ça me fait une sortie et sans mon insouciance, sans ma joie, je contemple ce que je croyais savoir mais que je revois.

Je flotte petit débris et quand parfois je tente une remontée sur les marches de pierres près des femmes qui font leur lessive , quand je frôle leurs saris roses et jaunes, elles me repoussent du coude tout en maintenant le mouvement qui plonge les tissus dans l’eau grise.

Alors j’attends, j’attends que passent une nuit et un petit jour. On ne sait jamais. Peut être une mouette indienne ou un poisson bengali viendront-ils me redonner  vie.

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décembre 27, 2010

A-t-on besoin de se voir ?

J’ai entendu ta voix. Je ne t’ai pas vue depuis longtemps. Je ne peux m’empêcher de relier ta voix à quelqu’un d’autre et à ce bout de vie qui était comme une clôture mais je ne le savais pas. Une clôture comme autour d’un champ ? Mais qu’est ce que je dis moi ? Une clôture comme une fin. Est-ce la même chose ?

L’amour s’encercle-t-il ? Comment finit-il, je ne sais pas. Avec spasmes et lenteur, je crois. C’est ta voix, celle d’une amie que je ne vois pas. Les années ont passé par dizaine, bientôt vingt s’il le faut. Avec le temps je ne sais plus s’il faut se voir ou pas. La somme des sentiments s’allongent, comme sur une plage à même le sable, peut être juste une petite serviette là où tu voudras. Sous la tête ? Sous le dos ? Et ils prennent le soleil. L’absence sans nuages fait dorer la certitude. Lentement.

Se voir amène les nuages et la pluie, et la vigueur et les océans, et l’eau entre les orteils, et. Se voir est l’absence.

Hier j’ai vu une amie lointaine dans mon ordinateur. Comme elle vit très loin et qu’on s’aime beaucoup, elle m’a demandé d’installer ce truc qui s’appelle sk….qui permet de se parler et de se voir sans frais. Il est dix heures plus tard chez elle. Et 35 degrés à l’ombre en décembre. Je l’ai vue, elle me voit. J’aime son sourire. Elle porte un joli haut au décolleté très rond et des manches courtes fronçées. L’eau est à 27 degrés me dit-elle aussi et je me dis que je vais aller nager dans cette eau, sur la plage que je connais de ce Pacifique sud qui m’attendrait. Je ne vois pas pourquoi je n’irais pas moi aussi dans cette eau là.

A un moment nous ne disons rien et j’aime la voir se pencher simplement. Et tout se dit dans cet instant silencieux, dans cette présence lente. Il suffisait cela, peut être.

Amis. Sommes nous loin ? Faut-il encore se voir ?  Je suis rompue à l’exercice et j’en sais les recoins sombres, la dose de force qu’il requiert, même si cela fait vivre bien souvent. Même si indispensable parfois. Encore faut-il savoir l’être. Et ce près et ce loin.

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décembre 24, 2010

Petits meurtres en campagne

Vous l’avez peut être entendu comme moi, un agriculteur a tiré sur un voleur de truffes, en sud drôme, au sud de chez moi. L’homme se faisait voler dans son champ de chênes truffiers, il y en a beaucoup dans ce coin là. Je veux bien croire que ça représente un sacré pourboire en fin d’année, bien plus qu’un treizième mois, c’est certain.

Il a pris son fusil à pompes, le gros truc que tu dois recharger à chaque coup. Je n’y connais rien, mais quand même..Le truc à sanglier, quoi, qui te déchire une grosse bête. Je veux penser qu’il faisait sombre et qu’il a pensé au sanglier, un coup dans les jambes ne suffit pas, la bête se rue sur toi, donc, allons y gaiment, un deuxième coup pour achever le voleur non identifié. Ensuite son père est venu pour changer l’arme. Avec une tite carabine, un coup est vite parti sans le vouloir, tiens, on va essayer de minimiser les choses mon fiston. Manque de bol, ils ne regardent pas les polars à la télé ?, les experts du coin, ils sont chasseurs aussi sans doute, alors, euh, ils ont bien vu l’entourloupe. N’est pas complice tout le monde, faut pas pousser.

Assassinat cela s’appelle mais voyez vous en campagne, ici en tout cas, ce n’est pas extraordinaire. Je l’ai vécu autrefois, au pied du Vercors. Toujours une histoire d’un mec qui chasse, a une arme,  et qui tire pour défendre sa maison, ses biens. Et dans ces cas là tous les villages le connaissent, l’ont vu grandir, on a mangé du chevreuil ensemble, on est pompier, on gère l’association d’agriculteurs locaux, etc. Et tu retrouves chez tous les commerçants une pétition pour soutenir le meurtrier, que personne ne nomme ainsi, puisqu’il est « victime qui s’est défendue ».

Et là tu entends les gens parler, tout comme je l’ai entendu à la radio il y a deux jours. Et tu es effaré. « On se protège puisque la police ne fait rien »  » Nous on trime, personne ne nous aide, ces truffes c’est notre petit plus, on bosse 365 jours par an et on se défend, ça devait arriver de toutes façons » etc etc. L’auto-défense, la prise en main de ta sécurité par tes propres moyens, le refus de la Justice en marche. Le meurtrier est une victime, attaqué il se défend. On attaque mes biens, on veut me les prendre, je tire à vue. Il faut savoir, en plus, que ces personnes vivent dans des coins super, où il n’y a quasi pas de délinquance, tu peux laisser ta bagnole ouverte, tu la retrouves là où elle était. On est loin, loin, des banlieues et des racailles. Mais la racaille c’est l’Autre, où que tu soies. C’est celui qui pénètre dans mon pré carré, là où je suis né et où je suis resté et où chaque morceau de terre est mon sang, mon individualité, ma propriété privée.

Et quand je suis en contact avec ceux qui défendent « la victime, leur pote sauvagement attaqué sur ses terres », quand je les entend, je frémis. Je vis sur une autre planète dans ma tête, je vis loin d’eux. Je les entends à la campagne, sur le marché, au troquet, chez tous les commerçants qui ont une pétition « pour soutenir X ouY…victime d’injustice,etc ». Et quand tu refuses de signer cette merde, la bouchère tout à coup te regarde autrement et toi tu la trouves beaucoup moins bonhomme. Dans la Drôme c’est souvent deux poids deux mesures en politique : soit de la gauche, catho, et une fibre écolo très active, très. Soit de l’extrême droite, en campagne, qui n’hésite pas à voter Front.National au premier tour. Les loups sortent du bois avec leurs fusils à pompes et réclament vengeance et reconnaissance. Et toi, en face, tu as quoi ?

Un jour sur un bateau d’Ajaccio à Marseille, je me suis retrouvée à table entre deux mecs F.N. La discussion a commencé poliment, ils étaient sympas, et argumentaient avec précision et amabilité. Ils voulaient juste de l’efficacité, de la rapidité, dans une société où celui qui bosse remporte la mise et  n’a personne qui vient pisser ni voler dans son jardin. Ils connaissaient le Maghreb et n’aimaient pas les moeurs ni les manières qu’ils avaient vus. Ils employaient des arabes. Une caricature. En gros, oui, ils entendaient certaines choses « humanistes » que je disais, mais cela les faisait marrer car ils disaient que c’était utopiste,  un joli baratin mais impossible à mettre en oeuvre et qu’en attendant, les salauds avaient encore du bon temps sur le dos des braves gens. Bref, la totale. Mais moi, j’ai pris la claque. J’avais des mots plein d’idées et une philosophie, un projet de société à long terme. Eux avaient des clichés, des certitudes, un raisonnement brut et clair de ceux qui se sentent « victimes » quand ils n’ont pas l’avantage de la situation. Besoin de résultats visibles au pied de leur porte, tout de suite. Des mecs charmants qui plus est et moi je suis partie me coucher la tête à l’envers. J’ai compris l’ampleur du désastre et la faiblesse de l’homme face à l’homme-loup-pour-l’homme.

Oui, je me dis que nos élections présidentielles de 2012 vont peut être encore nous réserver des surprises.

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décembre 19, 2010

Le calendrier

Jours qui comptent et racontent. Jours qui laissent et se dépasser, dépassés. Le 13, arrêter de vivre, une mère qui enfin cesse de respirer le jour de sa fête, celle de la lumière, Lucia. 24h après son frère, main dans la main, comme si ils s’attendaient. Elle l’attendait, elle avait peur et plus assez de force pour commander ni corps ni esprit. Il fallait le coup de pouce, celui du calendrier.

Les calendriers seraient vivants et ce seraient eux qui dirigeraient nos vies. Nous croyons qu’ils sont nos objets et que nous jouons entre leurs lignes, leurs cases, les agendas de petits pas. Mais voilà.

19 décembre et les deux au Père Lachaise répandus sur le gazon en poussière froide mais juste le rayon de soleil. Une ambiance électrique et lamentable entre frère et soeurs. L’enfance ne fait pas de cadeaux dans ces moments là, toute en trombe elle dirige la valse. Aucune pitié ton enfance n’a. Elle a tout à dire et surtout quand il faudrait taire. Elle l’ouvre grand le précipice de ce qui fut, de ceux qui ont aimé, un peu, pas assez, trop et comment et comme ci et pas comme cela. Et les places valent chères tout à coup, tout déborde, tu n’es rien, c’est un combat entre toi et ce qu’il reste de toi. Enfin tu le croyais.

19 décembre et tout à refaire. La vie se révèle en si peu de temps parfois. Encore un coup du calendrier qui ne pardonne pas. Encore un coup du calendrier qui fait si bien les choses, d’un trait, d’une croix, d’une marque au fer rouge, d’un tatouage sur ta nuque. Un papillon, une coccinelle, indélébile comme l’amour. Le calendrier de ta peau. Regarde comme il est, et même il est beau, je te dis, il est beau.

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décembre 16, 2010

Cadeau ?

Voici un texte déposé sur lesmillemots (le thème de décembre c’est « cadeaux » et cie….)

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Je viens de passer ma matinée à faire des paquets cadeaux. Si, si. J’aide une association qui vend de l’artisanat du monde. J’aime beaucoup être dans la petite boutique entourée d’objets tous faits- main, de petites mains du bout du monde.

Pendant deux heures, j’ai découpé des grands morceaux de papier coloré et de rubans pour envelopper :

– Une corbeille en osier avec des thés et des chocolats.

– Une tire-lire indienne, en forme d’ éléphant, en cuir rouge !

– Un vase du Pérou. Ah là il a fallu trouver un carton et tout protéger sérieusement !

– Une petite crèche en forme de demi-tasse, poterie péruvienne dans laquelle se trouvent tous les personnages, tous à peine plus gros qu’un ongle.

– Un coeur en fer forgé, où l’on peut accrocher des photos.

– Des jeux pour des enfants. Des jeux intelligents qui ne sont pas basés sur la compétition mais sur des valeurs de solidarité et de découverte des peuples.

Et bien d’autres choses…

Pendant que je faisais les paquets avec un grand plaisir ( « Tu te mets aux paquets, tu aimes ça hein ? » m’a dit la collègue qui préfère tenir la caisse ), j’ai repensé à tous ces moments d’enfance où je regardais les vendeuses de magasin faire les paquets cadeaux. Je me suis souvenue combien je les admirais. Je ne perdais pas une miette de leur dextérité. Leurs trucs, les astuces pour couper le papier à la bonne dimension, pour plier ensuite sur les bords. Et, bien sûr, le truc qui te fout des paillettes aux yeux, le coup du ciseau qui glisse fermement le long du ruban pour créer des rouli rouleaux. Le must du cadeau, le ruban qui tournicote, quand tu as six ans, tu rêves de savoir le faire.

J’aimais voir faire, j’aimais faire mais j’étais très émue quand il fallait ouvrir en présence des gentils qui offraient. Un genre de maladie. Je voulais ouvrir quand ils seraient partis. J’étais très mal à l’aise. Ce fut ensuite le critère pour reconnaître les vrais amis : ceux qui acceptaient ce « handicap » et les autres. « Peu importe, tu ouvriras quand tu veux ». J’ouvrais, je remerciais, mais à mon rythme et avec sincérité, sans pression. Trop timide, la fille. Joie et soulagement quand, devenue adulte, je vis et vécu avec des personnes comme moi, en Sud Asie. Là où c’est le geste et l’allure du paquet qui compte plus que tout. Voire dans certains pays où il serait impoli d’ouvrir devant l’hôte. Merci,merci, ouf !

Je suis restée gaga des papiers cadeaux, comme une enfant, je les garde. Je les achète aussi pour décorer, faire des collages et des cartes, de voeux, entre autre. Je suis triste quand je vois quelqu’un déchirer sans vergogne un paquet, ne pas prêter attention à la façon dont l’emballage aurait pu être confectionné. Le monde est si différent d’un pays à l’autre, et l’action d’offrir ne parle pas partout la même langue. Dans notre société occidentale, il faut prévenir « Attention, regarde bien, c’est moi qui ai fait le paquet ! ». Mais les gens sont impatients d’ouvrir, non ? Pourquoi cette impatience ? J’ai détesté certains Noël en famille où les enfants, petits et grands, et même jeunes adultes, se ruaient sur leurs cadeaux, sur des montagnes de cadeaux. Se ruaient comme un affamé sur une mie de pain, excités, trop excités, bien plus que cela au fond. Une avidité sans retenue qui me répugne.

Pourquoi ouvrir son cadeau ? Pourquoi ne pas célébrer, observer, toucher, garder le paquet près de soi. Regarder en face la personne qui offre, prendre vraiment le temps d’être ensemble , être ensemble véritablement, au coeur, au coeur du moment. Peu importe le contenu, surtout quand tu es adulte. Enfant, je veux bien, c’est naturel. Mais adulte ? N’est ce pas le geste qui porte le sens,  et le paquet qui symbolise ce qui est dit et se suffit à lui même ?

décembre 11, 2010

L’enthousiasme

Enthousiasme ?

Mon Robert de poche me dit : Etat d’inspiration exaltée. Emotion vive et joyeuse.

Dans le Mille Robert. Tu m’épates, faute de m’enthousiasmer. Oui, je vais quand même pas m’exalter pour toi à 7h28 ce matin alors que mon plateau de ti dej n’attend que moi, hein ?

Mais ça colle, ça colle avec ce que je pensais.

Je m’enthousiasme facilement. C’est ma nature. Cela dure une heure, un jour, une semaine, un mois. Mais je pars au quart de tour. C’est une joie d’enfant, un moteur, une déraison sans laquelle je ne saurais vivre. Et c’est un problème quand l’enthousiasme redescend sur terre, évidemment.

Car je ne perçois la vie que par ce biais de l’enthousiasme. Ce n’est qu’ainsi que je la trouve supportable. C’est donc comme un outil, une petite pilule que j’avale plusieurs fois dans la journée.

C’est ma dose, ma came. Quand je ne l’ai plus je deviens cynique, et la vie se montre telle qu’elle est c’est à dire cruelle et moche, et ça elle sait faire rudement, tout le temps. La vie n’a pas besoin de se shooter à quoi que ce soit pour t’en faire voir, spécialement quand tu ne t’y attends plus. Une garce.

La maîtriser ? Warrrffff ! La maquiller. D’enthousiasme. L’amour est une des belles drogues de la vie, mais il en faut d’autres. Bien sûr rien ne shoote autant qu’être amoureux. Question d’endomorphine et tout le tsoin, tsoin, que les scientifiques nous ont mis sous le nez. Quatre années de came garantie,  c’est prouvé par les hormones. Good. Mais moi j’en veux d’autres des enthousiasmes, parce que l’amour il est sûr par moments mais il n’est pas fiable sur la longueur, je le sais. Et il te prend la peau. Tout nu sous la lune t’as interêt à te trouver de quoi t’enthousiasmer encore, sinon c’est du frisquet la vie. Gla gla l’enthousiasmé congelé.

L’amour on sait comment ça fait quand il te glace, mais l’enthousiasme, celui du quotidien, quand il retombe,  comment ça se passe ? Tu fais quoi? Le petit, le moyen enthousiasme celui qui me fait tenir la tête, grand sourire, joie au coeur, lever le matin, trépigner d’envie ? Ben je vais te dire, là je vis une retombée d’enthousiasme pour un truc, petit, mais un beau projet  . Qui se transforme pour moi en un truc intéressant mais juste « intéressant » , voyez-vous. Je ne suis plus zinzin. J’ai compris quelques bases, je suis sortie de ma précipitation, de mon élan primaire. J’ai vu des limites là où je fonçais comme une enthousiaste aveugle. Et je suis contente. Calme tout à coup. Plus légère, finalement. Moins accrochée, et du coup je m’ouvre vers autre chose alors que ce projet m’a pris 50% de mon énergie depuis une semaine. Le soufflé retombe mais, passé un peu de déception et colère, je vais finalement mieux que quand j’avalais ma came comme une sauvage.

L’enthousiasme, c’est formidable. Cette joie d’enfant qui est contagieuse, autour de moi les gens en ont besoin. L’enthousiasme qui se calme, c’est bien aussi ? Ou bien je vais sauter sur autre chose pour me faire vivre un peu, et …comment y dit Roberto….être inspirée et exaltée ?

Ben oui. Je crois que oui.

L’enthousiasme est inguérissable ? Je le tiens de ma mère, d’un grand-père, de plein d’autres derrière, et de elle et de ci et çà…etc….Ma mère c’est sûr, était une vétérante du truc. Il a fallu qu’elle perde la tête pour que la vie la bouffe toute crue. En quelques années tout le malheur de la terre sur son corps décharné et tout ce qu’elle détestait, lui est tombé dessus : le collectif, la privation de liberté, entre autres. Comme si la vie, chien dressé comme un molosse,  se vengeait d’un coup sur toutes ces années passées à se shooter d’enthousiasme. La vie reprenait sa part perdue de cruauté, sans pitié.

Bon alors, oui, euh, oui, j’ai encore besoin de mon enthousiasme, même pour peu, même s’il monte et baisse comme un yoyo. J’ai besoin.

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décembre 9, 2010

C’est simple

C’est simple comme bonjour.

Qu’est ce que tu aimes ? Qu’est ce que tu ne veux pas ?

Je reste stupéfaite de la variété des vies sur cette planète.

C’est simple, tu es né là ou là et toute ta vie en est transformée.

Tu as le choix ou tu ne l’as pas.

Tu es femme ou pas.

Tu dis ou tu te tais.

Tu subis. Tu vis une enfance pourrie ou gâtée.

Qu’est ce que tu veux ? Chaque journée s’enchaîne. Je pense à ceux pour lesquels les jours sont interminables. Je ne peux pas  totalement les oublier. Derrière des barreaux, privés de liberté. Derrière des vitres, dans des lits, privés de mobilité. Jusqu’où l’esprit reste-t-il mobile quand le corps abandonne ?

Le corps est-il le pur reflet de l’esprit, l’esprit commande-t-il le corps jusqu’au bout ?

Tu vois je ne m’ennuie pas avec la vie, tu vois.

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décembre 7, 2010

Ecrire ensemble

Ecrire ensemble une histoire, une histoire un peu folle.

Avoir chacun un personnage à faire vivre et avoir un « pilote dans l’avion », c’est à dire un Chef de Gang qui recueille nos textes à foison et les trie, les range, les garde au chaud dans les bons tiroirs parce que cette personne a une vision à long terme et gère toute la pagaille engendrée par des auteurs qui inventent au fur et à mesure.

Cette personne c’est Lise. Elle a ouvert un blog avec un projet d’écriture 2011. Elle a créé un synopsis et une trame de personnages. C’est ouvert à tous.

Il y a encore de la place,  (RECTIF du 11/12, comme l’indique le commentaire de Lise, il n’y a plus de place…) et c’est un lieu où l’ouverture et la créativité peuvent prendre des ailes.

C’est là

ensemble2011

Les textes sont mis en privé, donc c’est juste un coup d’oeil frustrant que tu peux avoir si tu vas sur ce blog. Mais si tu sens des frémissements et une folle envie de participer ( il faut un gros brin de folie, je te le dis) alors il faut écrire à la Patronne, Lise : lise.genz@yahoo.com.. Il faudra attendre la suite de nos aventures , hi hi !

Voilà, c’est dit. Pour ma part c’est le troisième blog participatif dans lequel j’embarque et pour moi c’était pile poil le moment, l’heure, le jour, l’année, la seconde. A chaque étape l’envie d’écrire se vérifie et ça bouge, ça se renforce et j’apprends énormément.

Découvrir et apprendre sont les moteurs de mon envie de vivre, alors. OUI.

décembre 4, 2010

Original

Je le suis levée ce matin en me disant qu’une des choses essentielles dans la vie c’est l’originalité.

On m’a persuadée, petite, que j’étais originale, pas pareille, différente. Et je réalise chaque jour à quel point c’est un cadeau. C’est vraiment la chose la plus importante à dire à un enfant. Qu’il est unique, bien sûr, mais que son but dans la vie n’est pas de se fondre dans la foule, d’être discret et transparent.

Croire en l’originalité d’un enfant, l’aider à la révéler, à la faire grandir, même si cela ne dure que ses premières années, même si la société va en bouffer un gros bout, même si pendant un temps il faudra se couler un peu dans le moule parce que sinon c’est trop douloureux, ou bien on rate des étapes, je ne sais pas, pas sûr. En tout cas, cela reste, toute la vie.

Soit original,mon petit,  dis-le un jour, bats toi contre la conformité, ne perds pas courage, mon grand, ce ne sera pas toujours simple. Tu te sentiras vraiment bien seulement avec ceux de ton espèce, ils seront rares. Les autres aimeront te côtoyer parce que tu leur fais du bien, diront-ils, et souvent cela t’agacera profondément.

Les parents qui affirment cela courent aussi un risque, comme l’ont vécu les miens : celui de voir leurs enfants partir très tôt et les rejeter à un moment. Cela fait partie du deal. Sois toi, et sans doute tu ne voudras guère me ressembler ni me coller aux basques.

J’ai eu, moi,  la chance, j’en suis consciente,  d’emmagasiner un maximum de bases saines et utiles pour savoir-être et vivre à minima dans une société. Voilà donc une tâche à multi-risques et responsabilités, pour les parents et tous les tuteurs qu’un enfant glane sur sa route ( je crois beaucoup aux adultes « passeurs », essentiels, hors de la famille ). Donner aux enfants toutes les bases pour ne pas chuter inconsciemment et avoir des billes pour naviguer très tôt matelot. Et leur offrir les voiles en plus de la coque : Tu es différent, ne cherche à ressembler à personne, le vent t’appartiendra.

Tu tomberas vite du nid. Impatient, volatile. A pic et coeur et perd et gagne. Mais sois. Original. Envers et contre tout et tous. Toi.

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décembre 3, 2010

Sans prévenir

On se demande comment, on se demande comment cela se fait. Tout à coup dans un endroit, dans l’endroit où peut être tu t’y attends le moins, ton être entier est traversé d’une sensation primordiale, déterminante. Ton corps, mais est-ce ton corps ? Est-ce …quoi ? Te fais signe. Et tu sais que quelque chose est en mouvement, en chemin, une étape peut être, juste franchie, en silence et ce petit bruit.

Hier dans une salle au boulot, c’est vrai que j’étais bien, tranquillement, dans une belle humeur avec les personnes présentes. Mais sans crier gare…

Je me lève et arpente la pièce vers la fenêtre. On est dans un quartier de H.L.M, la neige est tombée en masse hier, le ciel est bas et gris. Au loin je regarde un immeuble qui dépasse et je vois un peu de fumée blanche de la chaufferie centrale. Et sans que rien ne me l’annonce, mon corps est traversé de bonheur.

Ce n’est pas un bonheur simple et quotidien. Je ne savais pas qu’il était caché, cette sensation dans mon être, en la retrouvant hier, en lui offrant mon corps pour se faire voir à nouveau, c’est là que j’ai su que je l’avais perdu depuis quelques années. Un bonheur insouciant, un bonheur à décorner des montagnes, une foi puérile et absolument essentielle.

C’est là que j’ai compris que j’avais gardé les mots, l’idée, l’idée de la foi en tous les possibles, comme un élan amoureux total envers ma vie, j’avais gardé comme des archives entretenues mais tout mon être ne remplissait pas la place laissée. Je couvais, je gardais, je ne savais pas que je gardais et couvais seulement. Si, je savais, mais ce que je voyais, ce que je vois dans ces cas là, quand tu n’as plus la foi de vivre, ni la soif absolue ni la faim à te damner, ce que je vois moi est trop aveugle et sourd. Ne mérite plus d’exister.

Hier alors, dans ce décor si banal, avec cet horizon gris et « plate », j’ai reçu un choc en profondeur. Comme une amie qui appelle, comme, comme rien de comparable, moi-même je découvrais, cela a duré quelques secondes mais j’ai senti qu’une faille bougeait. Fort. Qu’un seisme se calmait aussi et qu’une armée de géants revenaient en place, comme des garants, comme des amants de moi à moi, en force, car ils ont retrouvé le chemin.

Est-ce le corps, est-ce la vie, est-ce tout ce temps qu’il faut ? Il m’a fallu continuer tout comme si de rien n’était puisque j’étais entrain de travailler. Mais j’avais été traversée, assurée, remplie. Sentir ce qui ne se voit mais est certitude. Vagues roulées, chemin creusé, pied à pied, pelle à pelle, lentement, et sans que l’on ne contrôle quoi que ce soit, je crois.

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