Sans prévenir

On se demande comment, on se demande comment cela se fait. Tout à coup dans un endroit, dans l’endroit où peut être tu t’y attends le moins, ton être entier est traversé d’une sensation primordiale, déterminante. Ton corps, mais est-ce ton corps ? Est-ce …quoi ? Te fais signe. Et tu sais que quelque chose est en mouvement, en chemin, une étape peut être, juste franchie, en silence et ce petit bruit.

Hier dans une salle au boulot, c’est vrai que j’étais bien, tranquillement, dans une belle humeur avec les personnes présentes. Mais sans crier gare…

Je me lève et arpente la pièce vers la fenêtre. On est dans un quartier de H.L.M, la neige est tombée en masse hier, le ciel est bas et gris. Au loin je regarde un immeuble qui dépasse et je vois un peu de fumée blanche de la chaufferie centrale. Et sans que rien ne me l’annonce, mon corps est traversé de bonheur.

Ce n’est pas un bonheur simple et quotidien. Je ne savais pas qu’il était caché, cette sensation dans mon être, en la retrouvant hier, en lui offrant mon corps pour se faire voir à nouveau, c’est là que j’ai su que je l’avais perdu depuis quelques années. Un bonheur insouciant, un bonheur à décorner des montagnes, une foi puérile et absolument essentielle.

C’est là que j’ai compris que j’avais gardé les mots, l’idée, l’idée de la foi en tous les possibles, comme un élan amoureux total envers ma vie, j’avais gardé comme des archives entretenues mais tout mon être ne remplissait pas la place laissée. Je couvais, je gardais, je ne savais pas que je gardais et couvais seulement. Si, je savais, mais ce que je voyais, ce que je vois dans ces cas là, quand tu n’as plus la foi de vivre, ni la soif absolue ni la faim à te damner, ce que je vois moi est trop aveugle et sourd. Ne mérite plus d’exister.

Hier alors, dans ce décor si banal, avec cet horizon gris et « plate », j’ai reçu un choc en profondeur. Comme une amie qui appelle, comme, comme rien de comparable, moi-même je découvrais, cela a duré quelques secondes mais j’ai senti qu’une faille bougeait. Fort. Qu’un seisme se calmait aussi et qu’une armée de géants revenaient en place, comme des garants, comme des amants de moi à moi, en force, car ils ont retrouvé le chemin.

Est-ce le corps, est-ce la vie, est-ce tout ce temps qu’il faut ? Il m’a fallu continuer tout comme si de rien n’était puisque j’étais entrain de travailler. Mais j’avais été traversée, assurée, remplie. Sentir ce qui ne se voit mais est certitude. Vagues roulées, chemin creusé, pied à pied, pelle à pelle, lentement, et sans que l’on ne contrôle quoi que ce soit, je crois.

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4 commentaires to “Sans prévenir”

  1. Cette vibration, que je sens souvent tant pour de grandes joies que pour de grande peines, je pense que cela vient de la vibration que les baleines maintiennent autour de la terre. L’origine n,est pas très importante et tu peux dire que mon hypothèse tient du délire… l’important c’est de vibrer à ce qui se passe.

  2. Chouette, je vote pour les baleines moi !!

  3. J’envie cette sensation. Là, je me sens un peu comme l’ingénieur météo qui se fout du temps présent et voit déjà venir dép.

  4. « venir dep. » C’est à dire…?

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