Cadeau ?

Voici un texte déposé sur lesmillemots (le thème de décembre c’est « cadeaux » et cie….)

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Je viens de passer ma matinée à faire des paquets cadeaux. Si, si. J’aide une association qui vend de l’artisanat du monde. J’aime beaucoup être dans la petite boutique entourée d’objets tous faits- main, de petites mains du bout du monde.

Pendant deux heures, j’ai découpé des grands morceaux de papier coloré et de rubans pour envelopper :

– Une corbeille en osier avec des thés et des chocolats.

– Une tire-lire indienne, en forme d’ éléphant, en cuir rouge !

– Un vase du Pérou. Ah là il a fallu trouver un carton et tout protéger sérieusement !

– Une petite crèche en forme de demi-tasse, poterie péruvienne dans laquelle se trouvent tous les personnages, tous à peine plus gros qu’un ongle.

– Un coeur en fer forgé, où l’on peut accrocher des photos.

– Des jeux pour des enfants. Des jeux intelligents qui ne sont pas basés sur la compétition mais sur des valeurs de solidarité et de découverte des peuples.

Et bien d’autres choses…

Pendant que je faisais les paquets avec un grand plaisir ( « Tu te mets aux paquets, tu aimes ça hein ? » m’a dit la collègue qui préfère tenir la caisse ), j’ai repensé à tous ces moments d’enfance où je regardais les vendeuses de magasin faire les paquets cadeaux. Je me suis souvenue combien je les admirais. Je ne perdais pas une miette de leur dextérité. Leurs trucs, les astuces pour couper le papier à la bonne dimension, pour plier ensuite sur les bords. Et, bien sûr, le truc qui te fout des paillettes aux yeux, le coup du ciseau qui glisse fermement le long du ruban pour créer des rouli rouleaux. Le must du cadeau, le ruban qui tournicote, quand tu as six ans, tu rêves de savoir le faire.

J’aimais voir faire, j’aimais faire mais j’étais très émue quand il fallait ouvrir en présence des gentils qui offraient. Un genre de maladie. Je voulais ouvrir quand ils seraient partis. J’étais très mal à l’aise. Ce fut ensuite le critère pour reconnaître les vrais amis : ceux qui acceptaient ce « handicap » et les autres. « Peu importe, tu ouvriras quand tu veux ». J’ouvrais, je remerciais, mais à mon rythme et avec sincérité, sans pression. Trop timide, la fille. Joie et soulagement quand, devenue adulte, je vis et vécu avec des personnes comme moi, en Sud Asie. Là où c’est le geste et l’allure du paquet qui compte plus que tout. Voire dans certains pays où il serait impoli d’ouvrir devant l’hôte. Merci,merci, ouf !

Je suis restée gaga des papiers cadeaux, comme une enfant, je les garde. Je les achète aussi pour décorer, faire des collages et des cartes, de voeux, entre autre. Je suis triste quand je vois quelqu’un déchirer sans vergogne un paquet, ne pas prêter attention à la façon dont l’emballage aurait pu être confectionné. Le monde est si différent d’un pays à l’autre, et l’action d’offrir ne parle pas partout la même langue. Dans notre société occidentale, il faut prévenir « Attention, regarde bien, c’est moi qui ai fait le paquet ! ». Mais les gens sont impatients d’ouvrir, non ? Pourquoi cette impatience ? J’ai détesté certains Noël en famille où les enfants, petits et grands, et même jeunes adultes, se ruaient sur leurs cadeaux, sur des montagnes de cadeaux. Se ruaient comme un affamé sur une mie de pain, excités, trop excités, bien plus que cela au fond. Une avidité sans retenue qui me répugne.

Pourquoi ouvrir son cadeau ? Pourquoi ne pas célébrer, observer, toucher, garder le paquet près de soi. Regarder en face la personne qui offre, prendre vraiment le temps d’être ensemble , être ensemble véritablement, au coeur, au coeur du moment. Peu importe le contenu, surtout quand tu es adulte. Enfant, je veux bien, c’est naturel. Mais adulte ? N’est ce pas le geste qui porte le sens,  et le paquet qui symbolise ce qui est dit et se suffit à lui même ?

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2 commentaires to “Cadeau ?”

  1. Ah les paquets, paquets cadeaux où pas. C’est toujours un souci pour moi quand il faut les faire de mes mains. J’ai béni La Poste le jour où elle a commercialisée ses ses boîtes colissimo and co.

  2. Il doit y avoir bien d’autres choses que tes mains savent faire.

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