L’émotion de l’information

Je ne regarde pas la télévision, je n’ai donc pas vu d’images de la Tunisie. J’entends ce matin les radios. Depuis huit jours, j’écoute. Ce matin au troquet, je lirai un journal.

Tout est bouleversant et m’intrigue. Comme tout se dévoile tout à coup, alors que depuis tant d’années les médias et les politiques se taisaient sur cette dictature ! Je me souviens de ce journaliste harcelé Taoufik Ben Brick , je crois ?, il y a plusieurs années, comme il lui était difficile de faire comprendre la réalité du régime. On aurait pu croire à un marginal révolté et extrême. Au jourd’hui où est-il ? Se retourne-t-il dans sa tombe ?

Je suis inquiète aussi car le plus dur est encore à faire. On saura bien plus tard, le pouvoir des américains dans cette révolte et ses suites, je n’en doute pas…

Illusions et réalités se mêlent. Courage des peuples, bien sûr, mais ensuite. Mais courage des peuples.

Tout à coup tout le monde raconte le calvaire du système policier incrusté partout. Et tout à coup tout le monde écoute et croit. Avant c’était le silence. Le silence tue les consciences. Et tout à coup tout le monde croit tout ce qu’on dit. Cette rapidité, ces retournements me font peur et me rendent confuse. Comment faire en sorte que nous restions toujours objectifs et informés ? Il n’y a pas d’information objective ? Comment rester toujours en alerte sur ce que les médias véhiculent ? Je cotoie chaque jour des personnes qui gobent tout ce qui est dit dans leur poste de télé et oscillent au gré de ce qu’on leur bourre dans le crâne. Pas d’accès à la lecture ni aux journaux ni aux radios. Oui, en France on vit aussi comme cela.

J’aime aussi, énormément, que ce peuple tunisien tellement éduqué et lettré ait eu ce courage. Ce courage vient aussi de l’éducation reçue et de la capacité à puiser l’information et la décrypter. Le sens critique. J’ai vécu au Cambodge, en 1992,  où l’information n’existe pas, en tout cas pas à l’époque. Il n’y a que des rumeurs, des peurs et des traumatismes, des manipulations et de la corruption. Je travaille depuis des années sur le partage des connaissances et les apprentissages pour tous, en particulier pour  les femmes. Ce sont des critères d’évaluation ( illettrisme, etc) du degré de démocratie dans un pays.

Où sont les masses silencieuses en Tunisie ? Que feront les milliers de garants de la dictature dans les mois qui viennent ? La masse silencieuse me fait peur. En suis-je ? Celle qui choisira le vote F.N en France, juste pour dire sa colère, son mécontentement de tout, comme un crachat sur le trottoir, comme une gifle à un gosse.

Je pense aussi au peuple birman.

Nous vivons en direct des mouvements de révolte, de libération et de répression. Ce Monde a toujours été en perpétuel mouvement. C’est peut être ce qui le fait tourner ?

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5 commentaires to “L’émotion de l’information”

  1. Bonjour,pour répondre à ton interrogation…

    Le journaliste Taoufik Ben Brick ne se retournera pas dans sa tombe (pas encore) mais sera candidat à la présidentielle dans 6 mois:-)

    Aucun mérite,je suis passée de ton blog à Libé où ils en parlent..
    Bonne journée

  2. Oui j’ai entendu cela à midi, génial. Je pensais à lui depuis huit jours, j’ai écrit ce billet ce matin.
    merci.

  3. La tunisie en révolte me rappelle quand j’étais encore plus jeune que maintenant. En 1974 ? Qunad les portugais avaient fait la meme chose. Tu aurais vu ça, le métro parisien en fête !

  4. Y croire… toujours. Ne jamais renoncer.

  5. Merci à vous deux. Tourne la terre, bat le tambour du Monde, oui !

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