Archive for mars, 2011

mars 31, 2011

Retrouver

Il y a cette musique. Une musique qui me berce. Elle entre et vient. La retrouver. C’est ne t’avoir jamais quitté. C’est ne pas vieillir de nous, n’avoir jamais rien dit. Oublier les jamais les ni mêmes. Toujours. Remplir la jarre jusqu’à la gueule.

Tu ne sais rien. Tu ne sais pas. Tu ne sais rien et je veux pleurer. Je veux crier.

C’est retrouver. Cette musique, cette effacée.

C’est. L’altitude. Cette voiture dans les tournants. La route. Tu es au volant. Ce n’est pas comme derrière ta grosse moto, je n’aimais pas être derrière.

Ne dis rien. Tu es silencieux.

Je veux cette rivière, cogne les cailloux.

Ne dis rien. La vie ne vaut rien. Elle est trop mystérieuse pour nous appartenir.

Ne dis rien.

Aujourd’hui j’ai entendu cette chanson de Cat Stevens, celle du père à son fils. Je n’arrive même plus à l’écouter, elle est accrochée à ma chair cette chanson. Il faudra bien un jour ce disque l’avoir à la maison à nouveau. Cela ne recollera pas les morceaux entre tout ce temps. Celle d’à peine jeune femme et celle de maintenant.

Quand suis je devenue une femme, quand suis je sortie de l’adolescence ? Je crois que tout s’est fait en même temps. J’ai quitté mes parents. J’avais seize ans bien passés. Il était temps. Je t’aimais, toi dont je ne sais plus rien. Tu étais brun. Tes yeux de braises.

Nous vivions souvent ensemble et tu m’as fait l’amour. Ce n’était pas facile. Il faut s’aimer vraiment pour dépasser ces premiers moments. Je ne sais pas m’en souvenir. Je me souviens de ton amour. On s’aimait vraiment.

Un an après, dans notre premier et unique appartement, on peignait une bande dessinée sur les murs du couloir. Il y avait des cheminées dans ce lieu. Du bois, pas de chauffage autrement. Une grande vieille cuisine au carrelage noir et blanc, le même que celui de mon couloir maintenant.

D’amants en désespoirs j’ai bâti un début de femme. De bouts. C’est l’amitié qui tenait les rênes, de ce qu’il restait quand tout tremblait en la demeure. Toi au Havre, mon amie que je ne vois plus. On était ensemble tous les jours.

Ce matin, je me suis inscrite à un forum, suite à ce « marathon d’écriture ». Ce groupe de personnes que je ne connais pas et qui est tentant, sans encore savoir comment. J’y ai lu cette histoire d’amitié et de rencontre. Une histoire d’êtres qui n’ont pas peur de leurs sentiments. Et deux écritures qui s’assemblent pour écrire un roman. Une trame solide entre elles deux, comme un fil d’araignée. Une passion.

Dans ce monde trop sécuritaire sur tout et tous. Dans ce dédale de cynisme et de non joie, il y a des feux. Il y a des oses. Osera. N’est ce pas le plus beau mot de la terre celui là ? Il faut alors trouver les moyens, la façon de créer ensemble, de s’aimer et de se surpasser.

Aujourd’hui c’est ce que je voudrais le plus, créer ensemble. S’assembler et s’apprendre. Aller sans peur vers nous. Nous ne sommes pas loin, nous sommes proches.

Dans cette petite voiture un jour avec toi nous avons aussi mis toutes nos affaires. Cette fois on allait de Nancy à Pau, en gros. En passant par l’Auvergne où nous avons cherché des petites routes et un coin où camper pour une nuit. Je me demande bien avec quel appareil photo nous avons pris ces noirs et blancs étonnants. Il y a ce pantalon rayé que nous portions toi et moi. Tu es de ces hommes admirables que j’ai aimé et je voudrais que jamais tu ne meures.

Cela fait longtemps que nous ne sommes partis en voiture. Poser le thermos sur le capot. Les yeux pâteux, mal rasés. Quand on ne sait plus trop si on est partis hier ou ce matin et si on arrivera demain.

Je ne veux plus rien, surtout pas de lendemains.

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mars 25, 2011

ta vie c’est ta vie

Ce sont des amis et même un bout de famille. Choisie. Je la tenais dans mes bras quand j’avais douze ans. De là est née ma passion pour les bébés. Et sa mère est ma soeur. « Hélas » dit-elle aujourd’hui par dépit, car ce fut très difficile d’être adulte puis mère à son tour. Mais ça, c’est leur histoire, les histoires de mères et de filles. Ma soeur n’était pas faite pour faire des gosses. Elle détestait être enceinte, elle abbhorait accoucher. Alors, bien sûr, les deux sortis de son corps ont eu maille à partir avec eux mêmes.

 

Et surtout elle ne conçoit pas la vie sans enfant, ce serait pour elle, la plongée directe dans la dépression. Si tu fais des enfants essentiellement pour toi, pour survivre à tes douleurs, bien sûr, alors, ce n’est pas les aider à grandir.

Ce sont des amis et plus. Parfois on ne se voit pas pendant très longtemps, voire des années, et elle aime le silence. On fait à nos rythmes, celui de nos écueils, de nos fragilités. Surtout maintenant, que nous avons, dans nos vies,  dépassé nos apparences.

Ils ont beaucoup souffert d’eux mêmes. Ils se sont battus contre leurs chimères. Ils ont payé des prix forts. Ils ont désespéré. Ils veulent se battre, changer la vie. Ils n’avaient pas eu d’adolescence rebelle, pas assez. Ils avaient suivi des tracés. « Tu seras médecin mon fils »  » Tu suivras la carrière de ton grand-père ma fille ». Ce qui est dit et le reste. Ce qui te met boulet au pieds. Ils ont bataillé et puis un jour ils ont tranché. Ils ont affiché leurs opinions, leur renoncement à une vie bien définie, sans souci professionnel, une place, un statut. Tout ce qui était devant eux ils l’ont repoussé pour trouver d’autres voies Les leurs, vraiment.

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Ils ont osé dire des choses crues, brutes de pommes, à leurs parents. Des choses que tu ne dis pas, de celles qui rompent les digues parfois. Il est instransigeant. Il ne veut plus de compromis avec certains penchants, certaines facilités. Ils connaissent l’âme humaine. Ils en ont vu beaucoup durant leurs études et leurs boulots. Ils ont fait des scandales dans les hôpitaux pour soutenir les patients, contre les pontes malfaisants. Leur thèse, un pamphlet anti-médecine a été immédiatement publié chez l’Harmattan après que l’Ordre des médecins ait essayé de les empêcher de la soutenir. Trois ans de combat, de travail d’écriture et de recherche, et d’aides sociales pour manger parce qu’ils étaient bannis d’exercice professionnel.

Un jour ils ont mis tout leur appartement sur le trottoir et attendu le petit camion qui les emporterait loin dans le sud pour un changement radical de vie. Le camion n’a pas pu tout prendre, loin s’en faut. Sur le trottoir sont restés des morceaux d’eux. Des plantes chéries auxquelles ils avaient promis de l’air pur. Le grand canapé bleu, les chaises, et le reste. L’essentiel c’était les vélos. Leur seul véhicule à eux trois, chacun le sien. La petite file qui ne va plus à l’école et eux deux.

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Il y a des moments de doute, surtout pour elle.

Il y a des moments très durs, l’hiver sans chauffer dans la première maison. A peine de quoi bouffer. Des aides sociales, c’est vrai, parce que l’autarcie n’est pas encore complète, surtout en hiver quand le potager dort. Non, ils ne referont plus leur premier métier. Pas lui en tout cas, jamais. Il est radical, il sait qu’il faut faire des choix et renoncer pour avancer.

C’est leur choix. Ils tiennent bon, ils inventent, s’adaptent. Leur fille est artiste et indépendante. Un jour sans doute elle rejoindra des classes, des rangs, des cahiers. Pour le moment, elle développe un autre potentiel, de liberté.

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mars 23, 2011

Le marathon d’écriture, ce matin

Oui je l’ai fait. Vous vous souvenez de cette expérience qui me tentait ? Un forum-atelier d’écriture, ouvert, sans contrainte de sujet, aucune, juste une règle du jeu : écrire au moins 3 h d’affilées et publier toutes les heures.

Ce matin j’avais réservé mon temps. J’avais aussi pensé un peu à un début d’histoire. Et c’est passionnant de voir où on va chercher cela. C’est tellement profondément et innocemment fait, inconsciemment au début. L’écriture d’une histoire, d’un personnage, pousse dans les retranchements, porte loin, tire des ficelles intérieures, sans qu’on maitrise grand chose.

C’est seulement quand c’est fait, qu’on peut se retourner sur ses traces.

J’ai écrit trois textes qui sont comme une histoire, un déroulé, une spirale qui s’évade, une vague. Je les mettrai sur le motu car, je ne l’avais pas prémédité longtemps avant, juste un poil, c’est de ma vie imaginaire sur le motu, cette vie bloguesque que je vis depuis plus d’un an, c’est finalement de là que j’ai puisé l’eau, la source. Ensuite tout s’est mêlé, le rêve, ma réalité.

J’aime bien le résultat. Mon égo aussi puisque des gens qui ne m’ont jamais lue sont entrain de me lire et aiment. Sont emballés. Je me retrouve avec cette apétance qu’apporte le groupe bienveillant. Les yeux posés sur toi, des gens qui lisent. Cette joie, ce cadeau.

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mars 19, 2011

Nouvelle terre

J’ai rêvé de grands espaces.

Une campagne vallonnée et sans fin, sans ville à l’horizon. Une sorte de réunion sportive avec des motos assez cocasses. Une école transformée, refaite totalement car abandonnée. L’intérieur était tout en blanc, avec un matériau isolant, on se serait cru à l’hopital. Alors finalement, ces plaques isolantes blanches étaient enlevées par endroits et remplacées par du matériau gris. Je déclarais que j’allais peindre, de toutes façons, des couleurs. On me disait que c’était impossible sur ces murs. Je disais que si, je mettrai des couleurs et aussi des tas de trucs accrochés, jolis.

Dans un autre coin de la bâtisse un vestiaire abandonné, presque une allure de grange. J’y dépose des vetements, je me change pour aller dehors. Et je suis en fait dans les champs, là où j’ai réellement vécu, une résidence adorable en pleine campagne avec une rivière en bas. Tout cet espace magnifique où je marchais autrefois, la descente vers l’eau, les prés, les bois, sont transformés. Une ferme nouvelle a été bâtie. Très belle. Grand bâtiment neuf, toit orange de tuiles. Une maison adossée, avec des niveaux et des escaliers en bois. Je suis excitée, très surprise. C’est comme une nouvelle ère.( une majorité de ces endroits, dans la vraie vie, ne sont pas constructibles à cause de la rivière)

Un chemin descend pour accéder à la ferme. Je veux descendre et parler au propriétaire qui est en bas. Des animaux passent. Un chevreuil. Mais je remonte changer de chaussures, tout est glissant et boueux. J’ai le coeur qui cogne, c’est comme si on avait construit chez moi. J’envie ce lieu nouveau, il me plaît. Je voudrais y vivre.

Retour dans les grands champs et la construction toute en blanc. Des personnes courent dehors, s’ébattent dans les collines et rient beaucoup. Les motards sont des jeunes, style collégiens. Il y a aussi des genre de parachutistes ou delta-planes ? La vue est large, dégagée au loin, on a un sentiment d’espace. Il n’y a pas de soleil, des collines un peu jaunes, des brumes, des couleurs de paille, peu de vert. Je crois qu’on fait venir un tracteur.

Cette contrée est comme revenue totalement à l’agriculture, comme dans un autre espace-temps, futur. On reprend ce qui est resté, des batiments, des collines entières et on refait, on exploite ce qui n’était plus exploité. On re-habite et refait vivre ce qui était déserté. Il n’y a aucun bruit. Il y a un grand silence. Nous sommes peu nombreux. Et toujours aucune ville, aucun agglomérats de construction à l’horizon, à 360 degrés les collines vides d’humains ou d’habitations, pleines d’elles mêmes.

Un endroit où l’on construit des fermes, toutes neuves.

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mars 17, 2011

Apprendre sans fin

L’expérience japonaise nous apprend beaucoup et va nous apprendre encore plus. C’est une chance, une perche qui vient vers nous.

Emissions pleines d’instructions pour moi, hier matin, sur France Culture. Le Japon futur pays de la décroissance ? Où l’on rappelle que c’est là que sont nées les AMAP, la notion d’adhérer à un producteur local pour y acheter ses légumes et tout ce qui provient d’un travail de la terre à petite échelle et proche de chez soi.

Où l’on redit que tout est possible. Où un écrivain chercheur japonais parlant français mieux qu’un français  -et avec un accent du sud en prime ! – laisse de longs silences pour dire. Et dans ses silences je vois. Et quand il n’y a pas de réponse, il dit qu’il n’a pas de réponse.

Nous apprenons tant de nos erreurs, de nos drames. Planètaires et personnels. Ce sont eux qui nous forgent.

Le monde est en marche depuis toujours. Apprendre est sans fin.

mars 10, 2011

Un arbre, des fleurs

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Je sais ce qui me plait dans la vie, ce qui me fait avancer, ce qui est comme un moteur.

C’est entrer en contact avec les personnes. Spécialement la première phase est un délice pour moi. La rencontre première, les premiers moments. Je crois qu’il y a de l’amour là dedans, autant que pour un rendez-vous galant. D’ailleurs c’est galant, ce joli mot non ? C’est une galanterie que d’aller vers l’autre et pousser la porte du soi.

C’est cela, c’est à chaque fois ouvrir une échappée intime, intérieure. Ce qui se passe dans chaque nouveau contact est quelque chose qui me passionne, qui m’énivre. Je suis emparée. Parée de nos atours, de nos tours, de ce qu’on ne voit pas, de se qui s’élève dans les airs, soulève la terre sous mes pieds. Le monde change à chaque rencontre. Un autre être, encore un humain dont je ne savais rien il y a quelques heures. C’est une joie.

C’est parfois un tel émoi que j’ai besoin de plusieurs heures ensuite pour m’en remettre et me remettre dans ma peau. Mais cette peau doit se réajuster, celle d’avant la rencontre est trop étroite, il faut se tisser, recoudre, réaménager la place pour que je me retrouve en moi avec toi, avec lui, avec eux.

C’est seulement maintenant, cinquante ans après, que je peux mieux comprendre ma timidité de petite fille. J’étais dans une coquille et un cocon. Je ressentais sans doute de manière si forte chaque nouvel élément tentant de se mêler à mon univers que cela me faisait mal physiquement. Je le ressens toujours mais je commence à connaître cette musique. Petite, plus on m’aimait, plus je fuyais durant les premières heures, je cherchais un refuge où me concentrer et rassembler mes forces, me garder. Puis je pouvais être avec les autres, mes grands parents par exemple, et capter leurs affects, leur renvoyer mes sentiments sans me sentir happée.De ces premières expériences est né mon besoin absolu de solitude. Dans la solitude je réajuste mes peaux, je cale mes énergies, mes ressentis, mes priorités, je respire à mon rythme, pour pouvoir encore et encore m’ouvrir au monde et lui donner en pleine conscience, chaque pore ouverte et frémissante.

Aujourd’hui je sais à quel point j’aime cette danse de la rencontre. Je me sens enrobée, parcourue de transes aquatiques. Je me sens comme la fleur de cerisier qui s’ouvre au soleil. Je suis l’arbre et chaque être vivant ( à deux pattes ou à quatre, à un bec, une bouche, un pistil, des feuilles, des griffes ou une carapace…) auquel je m’adresse, vers lequel je me pose, est une fleur de plus sur mes branches.

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mars 9, 2011

marathonwoman ?

Merci à Lise dans la rosée qui m’a emmenée ( sans le savoir) vers le blog d’Alainx qui est sur sa liste de blog.

Encore un blogueur qui publie, j’en suis émoustillée. J’ai lu cela aussi chez Imazine, ce jeune artiste incroyablement multi-créateur  vient de clôturer un recueil.  Celui là, j’aime l’imaginer dans son Paris, de ses vingt ans à peine, épris de tout. L’écriture, le visuel, les arts plastiques, l’architecture, la photo, la musique ( il joue du piano aussi, que ne fait-il pas ?). Paris, la ville où il faut vivre jeune (oui, à tout âge oui…quand tu veux)…la ville des élans, de la vie étudiante, pour moi c’est une ville qui bat tant, l’éternelle adolescente,  puissamment et pour toujours en moi.

Alors donc chez Alain je découvre un Forum des marathoniens de l’écriture. Le prochain Marathon est fin mars. Tu dois écrire au moins trois heures d’affilées et publier toutes les heures quelque chose, tiens je ne sais pas si tu publies TOUT ce que tu as écrit dans l’heure précédente, non cela me parait trop….? Comme le dit Alain : c’est en écrivant qu’on écrit, et de plus en plus. De cela je suis persuadée. C’est une discipline à avoir, et un besoin. Et plus on pratique plus on avance. C’est une gymnastique.

Me voilà donc tentée (tout ce que je ne connais pas me tente, tout ce que je n’ai pas encore fait et pourrait bien m’en apprendre sur moi-même). Pourtant je fais tout pour ne plus passer justement trois heures d’affilées devant l’ordinateur, condition sine qua non de ce nouveau challenge !

Je suis aussi un peu vaccinée avec mes expériences de l’hiver. Deux blogs menés par une blogueuse pleine d’espoirs et d’expériences. J’y ai participé et éprouvé un max de choses. Beaucoup d’adrénaline, d’intensité, mais beaucoup de malaise aussi, même des larmes. Je me suis donc arrêtée, voyant que je ne tenais pas le choc émotionnel. Et puis impossible de suivre une conduite, une discipline. Trop sous l’emprise de mon écriture, du personnage créé, trop personnel, trop fort. Je ne suis pas faite pour écrire à plusieurs une même histoire. Et puis  via le net, comme il est difficile de s’affirmer sans faire mal, de se faire comprendre sans heurter, de dire non en restant amis ! Le  face à face  que j’aime tant m’est indispensable pour exprimer ce que je suis sans choquer. Il nous faut le bruit des corps et les sourires. Je suis donc ressortie meurtrie d’un début d’amitié parti en queue de bidouille. J’ai été, en prime, bannie d’un autre blog en commun, très convivial celui là, où chacun écrivait à sa guise sur un thème ( ça je sais faire, il y a la marge dont j’ai besoin).

Tout cela pour dire qu’entre juillet 2010 et janvier 2011 j’ai tenté l’expérience des blogs à plusieurs et je sais maintenant où je ne suis pas capable et où je peux poser mes pattes.

Alors ? Vaccinée ? Ou future marathonienne ?

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mars 6, 2011

Juste pour voir

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Je viens de trouver une petite faute de frappe dans un billet précédent que j’avais pourtant lu et relu attentivement plusieurs fois. Encore et encore. Et dont j’aurais juré que. Et  je ne t’aurais pas cru si tu m’avais dit  » Tu as mis un n au lieu d’un ù ! ». Non, je t’aurais dit « Mais qu’est ce que tu dis ? »

Ainsi vont nos vies. Vies et vécues et survécues et revécues et empruntées et relues et dites et pensées mais pourtant.

Il y a ces évidences comme le nez au milieu de tout toi. Il y a et tu repasses, tu vis, revis, devises, révises, passes, écoutes toi, regardes. Mais ne vois. La petite faute de frappe, là. La petite chose que tu as regardé mille fois et qu’il te suffirait de. D’un coup d’oeil, un bon matin comme celui là. Tu remets tout à l’endroit et se redresse la phrase. Te change une vie.

D’un regard. Se surmonte la peur ou l’ennui, le doute , l’ignorance. Le détail gigantesque qui passe le tournant. Le poteau indicateur et tu es enfin devant.

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mars 5, 2011

Toi, loin désormais ?

Tu as à portée de mains.

Si tu es en changements, le sauras tu vraiment ?

Il est passé dans ta vie. Tu t’es faite avec lui. Elle t’a donné ses ailes.

Nous sommes traversés par des continents. Et pour nager c’est la fuite en avant.

Je traverse sans comprendre. Mes sentiments.

Sème, sème. Je crois que tu existes encore mais je crois que tu es bel et bien mort. Cet amour, maintenant.

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mars 1, 2011

Cowgirl

 

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Je voudrais bien tout refaire à neuf. Ecarter. Renommer.

Serais je sur un cheval en ma sierra Leone ? Quelques cactus frottés par un vent chaud. Des canyons oranges et ocres devant, avec juste la passe où s’engouffrer. Je relirai tous les livres faits de cette terre, de ce sable, de ce bois. Lourdes les ailes des rapaces au dessus.

J’atteindrai cet endroit où des chiens aboient, me reconnaissant. Pas de clôture, pas de voisins, juste les chevaux dans l’enclos.

Un grand pot de café sur la véranda. Mes bottes usées, la satisfaction d’avoir tout fait comme il fallait.