Un arbre, des fleurs

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Je sais ce qui me plait dans la vie, ce qui me fait avancer, ce qui est comme un moteur.

C’est entrer en contact avec les personnes. Spécialement la première phase est un délice pour moi. La rencontre première, les premiers moments. Je crois qu’il y a de l’amour là dedans, autant que pour un rendez-vous galant. D’ailleurs c’est galant, ce joli mot non ? C’est une galanterie que d’aller vers l’autre et pousser la porte du soi.

C’est cela, c’est à chaque fois ouvrir une échappée intime, intérieure. Ce qui se passe dans chaque nouveau contact est quelque chose qui me passionne, qui m’énivre. Je suis emparée. Parée de nos atours, de nos tours, de ce qu’on ne voit pas, de se qui s’élève dans les airs, soulève la terre sous mes pieds. Le monde change à chaque rencontre. Un autre être, encore un humain dont je ne savais rien il y a quelques heures. C’est une joie.

C’est parfois un tel émoi que j’ai besoin de plusieurs heures ensuite pour m’en remettre et me remettre dans ma peau. Mais cette peau doit se réajuster, celle d’avant la rencontre est trop étroite, il faut se tisser, recoudre, réaménager la place pour que je me retrouve en moi avec toi, avec lui, avec eux.

C’est seulement maintenant, cinquante ans après, que je peux mieux comprendre ma timidité de petite fille. J’étais dans une coquille et un cocon. Je ressentais sans doute de manière si forte chaque nouvel élément tentant de se mêler à mon univers que cela me faisait mal physiquement. Je le ressens toujours mais je commence à connaître cette musique. Petite, plus on m’aimait, plus je fuyais durant les premières heures, je cherchais un refuge où me concentrer et rassembler mes forces, me garder. Puis je pouvais être avec les autres, mes grands parents par exemple, et capter leurs affects, leur renvoyer mes sentiments sans me sentir happée.De ces premières expériences est né mon besoin absolu de solitude. Dans la solitude je réajuste mes peaux, je cale mes énergies, mes ressentis, mes priorités, je respire à mon rythme, pour pouvoir encore et encore m’ouvrir au monde et lui donner en pleine conscience, chaque pore ouverte et frémissante.

Aujourd’hui je sais à quel point j’aime cette danse de la rencontre. Je me sens enrobée, parcourue de transes aquatiques. Je me sens comme la fleur de cerisier qui s’ouvre au soleil. Je suis l’arbre et chaque être vivant ( à deux pattes ou à quatre, à un bec, une bouche, un pistil, des feuilles, des griffes ou une carapace…) auquel je m’adresse, vers lequel je me pose, est une fleur de plus sur mes branches.

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2 commentaires to “Un arbre, des fleurs”

  1. Magie de la rencontre avec l’autre…
    Aussi l’insatiable quête de ce que cet autre est fait…

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