Un mirage, des sanglots

Le silence des soirs d’été. Je suis seule depuis plusieurs jours. Je crois qu’il m’en faudrait encore, je sens , je me sens dans le silence faire du tricot, broder dans l’espace.

Samedi soir devant l’écran, une poche de chagrin s’est répandue. Je regardais un épisode de  « Tell me you love me ». Je ne sais pourquoi c’est tombé juste. Une histoire d’amours, de refus, de comment arrêter une relation passionnelle. Au moment même de la dernière image, sur cette chanson très belle (chaque épisode se termine sur des incroyables chansons, pile poil, te fendre le coeur), je n’ai rien vu venir. Ca a perçé comme une poche, comme un placenta enfermé, un canyon, un torrent dans une roche.

Assise sur le canapé, je me suis mise à sangloter. Tout à fait, évidemment. Simplement, comme une chose naturelle, qui ne cherche aucune explication et qui a exactement sa place, avait sa place à cette minute là comme si elle était attendue, chez elle. Chez moi.

C’est le drame des ruptures, de celle là particulièrement. Qui revenait, qui n’est jamais parti ce drame là. Je crois que je sais maintenant qu’il ne sert plus à rien de compter les années. Je crois qu’on ne s’en remet pas, je te l’avais dit d’ailleurs, parmi tout ce que j’ai pu te dire et t’écrire. Quinze ou vingt ou trente ou trois, c’est la même chose. les sanglots savent affluer, je n’ai pas été étonnée longtemps. Juste une micro seconde pour me reconnaitre dans le drame laissé. La perte humaine derrière soi, derrière toi, sans nous.

Pourtant dans la même journée j’avais tapé ton nom sur le net et j’avais eu la certitude de ne plus vouloir te croiser. D’en être incapable.

C’est le rêve que j’ai entretenu, une image, un espèce d’oasis qui n’a plus aucun goût, qui n’est plus rien de vrai, rien de moi, rien de toi, qui est desséché. Un mirage.

Et voilà que sur le canapé je sanglotais à l’abandon. D’un mirage. D’un oasis. Le trop plein des douleurs est sans pardon. Ne sait pas compter, ne sait pas laisser. Non.

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4 commentaires to “Un mirage, des sanglots”

  1. Hello Lôlà, je t’ai lue – juste pour te faire ce signe !
    Bon exercice, bon révélateur qu’un film à la télé, pour dire où on en est de tout !

  2. Percer l’une après l’autre ces poches « mortes » pour s’en libérer, garder juste le parfum de la vie en nous.
    Bon emménagement Lola ! C’est pour quand ?

    • Soit courant mai, soit courant juin. la Mairie a un droit de préemption sur le lotissement et il faut attendre un conseil municipal pour qu’elle confirme qu’elle ne veut pas de cette maison…Ah..la France et ses paperasses !!

      Pour le reste, oui, percer les poches. Le placenta inutilisé a t-il une date d’expiration ? ou d’inspir….?

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