Espace vital ?

Je prends le soleil. Je le prends de face. Je redresse mes épaules.

Tu es à la maison, ce n’est pas que je n’aime pas c’est que je ne sais pas bien faire. L’espace est comme un truc à moi dont je suis boulimique et jalouse sans compter. Je suis une ogresse de mon espace, j’ai toujours peur d’en manquer, quelque chose comme m’empêcher de respirer, me contraindre, m’asphyxier vivante dans une même pièce avec l’autre.

Je vis l’autre comme en apnée, comme cette épée de Damoclès venue de je ne sais où. Fuir, me dit-elle, fuir. Fermer portes et barreaux, repousser l’envahisseur du haut du donjon, nattes tressées jusqu’au ciel, repousser.

Ado je détestais mes parents. Toute personne qui me dit  « aimer ses parents » sans aucun esprit critique ou n’avoir  jamais eu envie de les brûler vif ou leur arracher le visage,  la langue incluse,  puis les conduire au pont-levis et ne plus jamais abaisser le pont après leur bannissement, me parait suspecte. Pas finie, pas claire, cette personne avec ses couches culottes qui n’aurait pas détesté ses progéniteurs.

Ado, je m’enfermais dans ma chambre le matin pour y prendre le petit dêjeuner en ayant prononcé le moins de syllabes possibles avec ma pauvre mère qui baissait la tête et se demandait bien pourquoi elle en avait eu trois, des enfants, et pourquoi tous les trois la détestaient dès leurs douze ans pour fuir, le feu aux fesses, dès leurs seize.

Je suis restée intacte dans ce don de me retrancher en silence et n’avoir qu’une envie, que celui là ou celle, disparaisse de mon chant de vision (ah tiens je voulais dire « champ »..?) sorte de ce lieu, et me laisse seule, seule, seule, moi, entre tous les murs de cet espace là.

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2 commentaires to “Espace vital ?”

  1. J’ai détesté mes parents, ouf, je ne suis pas suspecte. L’espace vital oui, il me manque aussi, en ce moment. La solitude qui construit. Qui pose, qui réfléchit (la pensée et la lumière), qui se dit.

    • Oui.
      et je suis une vilaine quand je parle des parents, mais c’est ainsi. Il faut bien que vive l’adolescence, force vive, greffon des révoltes. On la vit à un moment ou un autre je pense, le plus tôt est le mieux. Et en garder le fiel et le miel précieux pour moi.

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