Pensées en pluies

Il pleut fort, un peu et avec passion, rendant la montagne invisible et fuji-yamaesque.

Il pleut enfin. Cadeau de bien-venue ici. Et je suis ravie de ces eaux. Tombée du ciel j’atterris avec elles ici.

La pluie, les pluies, ramènent les souvenirs. La Normandie d’enfance où il y a plus de jours de pluies que de soleil. Cette ville d’adoption par pur hasard où rien ne m’a jamais retenue sauf, justement, les amis de l’enfance, de l’adolescence et ses suites si vives. Vivre dans un lieu où ta famille n’a aucune racine, c’est une expérience.

Nous cherchions les bois et la mer. Les côtes sont splendides, des bijoux, de la Haute à la Basse Normandie, des écrins de caractères que j’ai toujours aimés. Un charme fou. Et puis le premier amant et compagnon m’a emmené en Bretagne, une autre que celle affectionnée par mes parents. Celle où dormir dans les forêts, pique-niquer sur les plages, se faire avoir par les marées coincés sur les îlots. Une Bretagne d’aventure comme celle de l’amie de St Egarec, une Bretagne d’eau translucide et de rafiots de grands-pères. Une Bretagne d’hiver sous le soleil, des terres de surprises jamais comme on les attend. Aux caprices à prendre comme ils sont à plein bras. Unisson. Des gîtes, des copines, des criques, des homards dans les casiers-de-grand-père, et surtout des rochers. Ceux où l’on saute, on enjambe, une activité apprise dans les rivières corses, une de mes préférées.

La pluie normande est froide. Des années de lycées à être glacée à pied et en bus, entrer dans les salles, tous frigorifiés avec nos parkas humides. Se réfugier dans les troquets, vouloir être libres. S’aimer, tout se dire. Les années de lycée, les plus fortes en amitiés, les plus dures en famille. Le caractère s’éprouve, tout se vit, se crache, se terre, attend son heure ou explose.

Mais la pluie était froide et ici elle est amie, attendue. Une semaine dans la vallée et déjà plusieurs jours de pluies longues, courtes et variées. Je n’avais pas revécu cela depuis les quatre années dans la ville, en  plaine. L’herbe du jardin pousse, les fleurs sauvages atteignent les 80 cms !  Je retrouve le sens de la nature, celle qui impose, qui dicte tes journées et raffole de tes pensées.

 

 

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2 commentaires to “Pensées en pluies”

  1. Ici ce sont de vraies giboulées de mars, incroyable. Un peu compliqué pour aller faire le ravitaillement ! Je reste amoureuse de la pluie, du crachin normand qui a baigné, détrempé mon enfance, l’odeur de poil mouillé des chiens, l’odeur humide des vêtements qui n’arrivent pas à écher malgré les radiateurs. Quand je suis arrivée )à paris, je sortais tête nue dès qu’il pleuvait. La pluie me manquait, comme l’herbe qui pousse dru et vert à vue d’œil 😉
    Les souvenirs de pluie du Vercors, comme ailleurs en montagne, c’est une pluie qui te lave la tête complètement. Elle en te pénètre pas comme la pluie normande insidieuse, elle te prend, tout simplement. Il y a un avant, et un après la pluie…
    Lave bien tes pensées ! bises…

    • Comme voilà de belles choses dites ! C’est vrai que la pluie normande te pénètre, tu es humidifié de tout le corps. Quand j’y retourne, je n’aime pas, je suis transie de froid sous cette pluie.
      La pluie ici caresse, fait rideau dans lequel passer.

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