Archive for ‘amours toujours’

juin 30, 2011

habiter

La maison soulève des tas de questions. Le soir immobile dans le lit, sur le dos, je regarde le mur du fond, je lève un peu les yeux, je les redescends, je les ferme mais je les ouvre. Comme pour comprendre comment je suis arrivée là.

Je recherche ce qui nous a fait, comment il y a longtemps tu vivais très loin. Comment il y a longtemps je suis partie vivre ailleurs. Je repense aux voyages, aux métiers partagés, je ne peux écrire  « exerçés » c’est moche comme mot, et ces métiers de loin en loin étaient tant de brassage, d’humains ensemble, seuls nous n’étions absolument rien.

C’est sans doute cela ce terrible vide que laisse ce passé d’êtres si ensemble, qui construisent tant. Ce passé qui a rempli jusqu’à ras bord, jusqu’à aujourd’hui, ici.

Je repense à des pays, des sensations. J’en ai un stock enfoui, profondément, parce que la survie en Europe demandait de tout garder secret, comme une autre façon de respirer quasi incompatible avec notre air, ici. Je m’y revois presque aujourd’hui. Je peux presque à nouveau me toucher telle que là bas, telle que tant de choses que je n’aurais peut être faites qu’une fois dans ma vie. Les j’y retournerai n’existent plus en pensées. S’ils sont, ils seront, point. Ici est autre chose et cette chose n’est qu’ajouts et ajouts qui sont d’une grande simplicité finalement.

Le temps ne demande pas que tu te retournes sur lui. C’est toi qui voit.

Mais la maison, pour que je l’habite, semble avoir besoin que je retourne vers le lointain. Je ne veux pas penser à nous qui sommes là dans ce lit. A tout ce chemin. C’est beaucoup trop bouleversant, presque inquiétant, presque impossible à concevoir, même mentalement. Seule la vie vécue, imprévue, imprévisible, impossible, épouvantablement, dramatique, tragique, époustouflante, époustouflée, insolite, oui insolite, seule elle, peut concevoir des choses pareilles, celles que jamais tu n’as voulues ni envisagées. Ce que nous sommes là, jamais nous ne pouvions croire. Tu es tellement un autre que je ne veux pas non plus penser à moi, penser au cheminement, aux errances, aux pouvoirs, aux successions d’années, succès-damnés, longues et longues et jamais courtes. Non, je ne comprends jamais les gens qui disent  « ça passe vite, c’est fou ! ». Je ne sais pas comment je vis mais ça ne passe ni vite ni lent. Cela dégouline, ça va son cours, son fruit juteux ou pas mûr, ça s’ébranle, ça s’en branle, ça suinte, ça perle, ça pleure, ça fouette, mais rien ne me glisse des mains. Peut être que je m’accroche, que je retiens, que je trempe mes lèvres dans chaque goutte, les paumes serrées en creux, travaillant les jointures.

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mai 22, 2011

Place

Tu es parti et comme je t’aime. Quand tu pars se laisse derrière la distance aimante, la place pour.

La place pour deux se laisse dans notre dos. Deux en même place c’est parfois trop serré pour que l’amour se développe et s’étende. Tout comme en tête. La tête aime l’air.

Tu as changé. Tu as cette capacité que je n’ai pas, de pouvoir radicalement changer de comportement, d’être suffisamment réceptif pour t’adapter à l’autre. Tu as changé. Tu me perçois différemment depuis tout ce que je t’ai dit de moi. Tu m’épates autant que les merles.

Tu es parti et je me retrouve. Du coup tu peux être là, je te fais place, et moi je suis livrée à moi-même. Mon corps s’allonge, s’étire comme un chat. Tous les possibles sont en ronde et me narguent. Feras tu ceci ou cela ?

Tu es parti et je pense à toi.

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mai 4, 2011

l’invisible

Je crois aux choses qui n’existent pas. Ainsi je mange les mirages, je m’en nourris nuit et jour.

Je crois aux choses improbables. Ainsi suis-je disponible à tout ce qui pourra me détruire.

Je crois à ce que je ne vois pas. Et l’amour en premier, assure mon matelas de soupirs, nuit et jour.

Je t’oublie. C’est politiquement correct dans la grande cour de ma vie. Relégué comme un vieux vélo rouillé adossé à la porte du garage. Ce garage que tu avais repeint. Son vert d’écaille. Oui nous n’avions pas enlevé tout le papier peint, nous avions laissé des pans entiers, lessivés, rapés. Une couche d’un blanc brouillard dessus rendait la chambre évanescente. Un genre d’atelier des rêves, un goût inachevé, en chantier. On y faisait l’amour. Les murs buvaient la passion, les murs burent mes larmes. Inondation. Couteau planté, vélo crevé adossé au mur du garage à vélos, dans la cour pavée. Je t’oublie.

Les choses qu’on ne voit pas je les invente et j’y crois.

Inconsolée des aimés. La première à dire non, la première à dire oui.

Nous n’avons pas toute la vie, nous avons tout de suite. Guidée par je ne sais quelle hérésie, ma providence s’accumule et je ne me suis pas. Je patauge, les bras en croix. Ô grand soleil, viens fondre sur moi que j’oublie tout. Et revenir, le venir.

Je crois aux choses étranges.

Quelqu’un a frappé à ma porte hier, pour un truc matériel, dix minutes de notre temps. Soudain j’ai senti les volutes de son âme. Simplement.

Il mesurait l’appartement et moi je mesurais son aura, très belle. A un moment j’ai regardé ses chaussures. Puis tournée vers l’évier, les mains dans la vaisselle, je l’ai laissé faire ses mesures, dans les pièces, chez moi. J’étais entourée de nos veloutés d’êtres. Je savais être la seule à le ressentir. J’ai commencé à sentir ces choses là au collège. Je ne dis rien. Une minute suffit, je ne peux rien retenir. Je laisse alors la vie monter entre mon plexus et ma gorge. Une jouissance troublante. Les signes invisibles de nos unités.

C’est ainsi que mille vies s’assemblent dans nos dos et que nous n’en faisons rien, la plupart du temps. Juste une seconde, un instant. De ce que nous pourrions être, tous ensemble.

C’est sans doute trop, ingouvernable, tout ce que les êtres ont à se donner. Nous sommes peureux et fainéants. Toutes ces barrières à faire tomber.

Nous grands saules pleureurs.

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avril 29, 2011

Femme qui dit

Je te redis aujourd’hui combien parfois je suis au bord de la rupture. Tu es homme et loin de cela car vous ne dites pas. Vous actez, je crois, et mots dire sont trop tard, tout est décidé.

Femme elle se tait parce qu’elle reste ou elle se tait parce qu’elle fait avec. Ou femme parle parce qu’elle doute et que douter doit être dit en amour, sinon ce n’est pas digne. La femme fait déborder ses doutes, encombre la route de l’homme de ses circonvolutions. Femme est ronde comme le monde, la spirale ne lui fait pas peur.

Tu es calé sur ta chaise dans la cuisine et tu écoutes. Je suis debout adossée à l’évier et je parle sans mâcher, je parle toujours bouche pleine, flots. Femme est rivière et vague allant puis se retire femme est ouragan de l’amour qu’elle voit grand.

Tu es une fois de plus surpris. Tu souris mais loin, profondément, pour retenir. La femme qui dévale les flots de ce qu’elle a à dire. Car femme a des peurs, des « je ne veux pas cela ». Femme ne sera jamais sa mère ni son père. Femme doit se construire. Femme doit te dire. Qu’elle est Jekyll and Hyde, parfois trop blessée, mal à l’aise. Et qu’elle n’abdiquera jamais.

Femme est sioux sur cheval blanc et noir, sans selle, chaussures de peaux à lacets. Femme a ses secrets. Femme est folle, elle te le dit. Et ça, tu lui souris aussi.

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avril 26, 2011

Irradiés, nus dans la clairière

J’entends la date de Tchernobyl à la radio : 26 avril 1986.

Ils ne savent pas de quoi ils parlent. Est-ce qu’en entendant cela tu penses à la même chose que moi, toi ? Toi qui était nu dans la clairière des Vosges avec moi ces jours là ? Sans doute le 27 ou le 28 avril de cette année là.

En octobre je t’avais rejoint près de Nancy, toi mon beau militaire. Trois ans auparavant, ta présence en coup de vent chez des amis, dans ton Béarn, cette première fois où je te vis, mon amour pour toi était né. Sans réserve, plein de certitudes, plein de forces.

Toi militaire de carrière ?? Je n’en revenais pas, je voulais voir de plus près, de très proche. Je voulais tout savoir, comprendre, te sortir de ta gangue, t’emmener loin, trouver les autres toi en toi, t’apprendre du début à la fin.

Il avait fallu du temps. Rien ne nous rassemblait. Toute notre vie antérieure nous séparait. Les origines, les familles, les lieux, les goûts, les…tout. Tout sauf l’essentiel

Tu avais ta grosse moto. Tu étais doux et silencieux. Toi militaire ? Toi parachutiste ? Tu détestais les transal, ces énormes machines volantes qui happent véhicules et hommes pour les larguer en brousse africaine. Tu  détestais sauter en parachute. Tu en ferais des cauchemars toute ta vie. Etre poussé violemment par derrière, être dans la carlingue bruyante. Dans tes cauchemars l’avion fonce vers toi ou bien il faut sauter, de vie ou de mort, mais tu ne peux pas.

Tu n’ouvrais jamais un livre, hormis les livres de guerre et de batailles réglementaires et obligatoires lors de ta traversée du désert en école de sous-officier après le collège. Un calvaire, un déchirement. Quitter ta région, ta mère juste veuve qui comptait sur son aîné. Rester des mois sans revenir, toi qui t’occupait des deux petits. Obeïr, ramper, accepter, souffrir, se taire. C’était ça ou l’usine, finalement ce serait ça, tu ne serais pas comme ton père.

Tu gérais la mécanique et les appelés. Toi le pacifique qui détestais les armes. La vie est ainsi faite que parfois il faut avancer sans réfléchir à soi ni qui on est. On parade, on assure un salaire, une sécurité.

1986. Les casernes ferment déjà, tu es muté dans l’Est. La Bérésina. Et alors, loin des tiens, loin de nos gaves-les rivières de là-bas, de nos forêts, de notre soleil, tu te souviens de nos amours. De l’amour qui attend, depuis deux ans, que tu te déclares enfin, que je ne sois plus une passante régulière.

L’automne alors est plus que beau. Adieu le bon job en plein Paris et le petit appart en banlieue. Je te rejoins dans cet Est gris où les nuages peuvent couvrir tout du lundi au dimanche. Où est le vent, où est la mer, où sont les montagnes ? Pas, y pas. Mais nous errons en peignoirs du lit à la cuisine dans le premier appart où l’on vit au sol. Heureux.

Dans le deuxième appart, face à la ligne de chemin de fer, tu rentres le midi parfois. Tu as juste le temps de défaire ton treillis, ton pantalon aux chevilles, « je baise l’armée » dis-je et nous rions. Toi aussi tu veux baiser l’armée. La mascarade a assez duré. Tu ne veux pas voyager en béret vert, ni être milicien en Afrique noire. Les cercueils des copains du Liban t’ont donné un sacré recul. L’ennui est désormais froid et inutile. Il fait moins douze cet hiver là et il nous faut acheter des cagoules en laine pour tenir au dehors. Notre premier hiver en dessous de zéro. Il n’y en aura pas deux. Rapatriement au bercail béarnais.

Tu démissionnes. Je t’encourage à le faire, bien sûr…. C’est le truc le plus fou que tu aies fait. Tu tournes le dos à ta famille. Tu dis « Je » et tu actes.  Toi qui subvenais aux besoins de tous, toi toujours là pour eux. Cette fois tu seras égoïste. Un exploit. Il faudra se justifier , se justifier et se justifier. A quelques années près tu touchais une retraite avant l’heure, celle des militaires de carrière. Serais tu devenu fou ? disent -ils. Le fou est parfois celui qui sait exactement ce qu’il veut. Je le pense encore.

Aujourd’hui tu exerces le métier pour lequel tu étais fait.Tu encadres des jeunes paumés, des déviants, tu les tires par le col, tu te les coltines en face à face, y’en a même un qui t’as cassé le bras. Mais tu t’en fous. Tu les aimes, tu crois en eux, tu ne les lâches pas. Tu es retourné à l’école à trente deux ans pour ça. Pour toi.

Quinze ans après, une femme et deux filles en prime, tu retrouves les photos de l’armée et tu les accroches dans le couloir. Tu peux regarder en arrière. Mon irradié de la première heure, je suis fière de toi et toujours je t’aime, tu le sais. Tu le sais tellement que je ne vais plus vous voir. Elle le sait aussi et cela la remue trop. Il n’aime pas non plus, cette complicité silencieuse, cet amour qui flotte encore au dessus de ta table entre nous, quelque soit le nombre de personnes autour, il ne veut pas vivre cela, lui non plus, celui d’aujourd’hui maintenant.

Loin nous sommes allés. Jusqu’au fin fond de la Thaïlande et nos premiers camps de réfugiés. Et là je l’ai trouvé. Et là tu l’as trouvée.

Avril 1986. Il fait une chaleur d’été près des Vosges, adieu les moins zéro et les cagoules. Nous sommes nus allongés dans la clairière. Seuls à contempler le ciel de lumières et à peine des nuages. Une brise peut être ? Nous sommes étalés sur l’herbe. On aimerait qu’une biche nous lèche les pieds. Nous ne savons pas qu’au dessus de nos corps passe le nuage de Tchernobyl. Oui, nous voilà irradiés, toi et moi, pour toujours.

Aujourd’hui, impossible de faire autrement.

Il fallait, cet amour là,

le redire.

Absolument.

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avril 20, 2011

Réunis

Et nous aurions un canoë, entre nos grandes rivières. Parfois, au gré des courants, nous naviguerions l’un vers l’autre. Sur une rive à droite ou à gauche, près du ponton ou proche du banc de sable, celui qui forme une plage pour deux, trois, guère plus.

Parfois là on se voit. On se voit vraiment. Les mots ont tissé entre le silence et nos secrets, ceux qu’on tait. Les devines-moi, les regardes, tu vois ? Et quand tu vois tu ne dis rien. Tu retiens la pagaie dans tes mains. Celle qui pourrait nous éloigner d’un bon coup d’épaule, d’un trait à la surface, oscillant. Tu la tiens ferme parfois même tu l’as posée. Elle s’appuie sur la barque, sur le bois lisse en cet endroit. Là où la main repose quand elle hésite. Avancer ou continuer ?

Parfois de nos deux mains, libres, rames reposées. On s’adresse. L’eau témoin glisse. Les certitudes s’osent. Personne ne le saura quand on sera ensemble. Personne ne le saura. Qu’on se ressemble.

avril 11, 2011

Un mirage, des sanglots

Le silence des soirs d’été. Je suis seule depuis plusieurs jours. Je crois qu’il m’en faudrait encore, je sens , je me sens dans le silence faire du tricot, broder dans l’espace.

Samedi soir devant l’écran, une poche de chagrin s’est répandue. Je regardais un épisode de  « Tell me you love me ». Je ne sais pourquoi c’est tombé juste. Une histoire d’amours, de refus, de comment arrêter une relation passionnelle. Au moment même de la dernière image, sur cette chanson très belle (chaque épisode se termine sur des incroyables chansons, pile poil, te fendre le coeur), je n’ai rien vu venir. Ca a perçé comme une poche, comme un placenta enfermé, un canyon, un torrent dans une roche.

Assise sur le canapé, je me suis mise à sangloter. Tout à fait, évidemment. Simplement, comme une chose naturelle, qui ne cherche aucune explication et qui a exactement sa place, avait sa place à cette minute là comme si elle était attendue, chez elle. Chez moi.

C’est le drame des ruptures, de celle là particulièrement. Qui revenait, qui n’est jamais parti ce drame là. Je crois que je sais maintenant qu’il ne sert plus à rien de compter les années. Je crois qu’on ne s’en remet pas, je te l’avais dit d’ailleurs, parmi tout ce que j’ai pu te dire et t’écrire. Quinze ou vingt ou trente ou trois, c’est la même chose. les sanglots savent affluer, je n’ai pas été étonnée longtemps. Juste une micro seconde pour me reconnaitre dans le drame laissé. La perte humaine derrière soi, derrière toi, sans nous.

Pourtant dans la même journée j’avais tapé ton nom sur le net et j’avais eu la certitude de ne plus vouloir te croiser. D’en être incapable.

C’est le rêve que j’ai entretenu, une image, un espèce d’oasis qui n’a plus aucun goût, qui n’est plus rien de vrai, rien de moi, rien de toi, qui est desséché. Un mirage.

Et voilà que sur le canapé je sanglotais à l’abandon. D’un mirage. D’un oasis. Le trop plein des douleurs est sans pardon. Ne sait pas compter, ne sait pas laisser. Non.

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mars 31, 2011

Retrouver

Il y a cette musique. Une musique qui me berce. Elle entre et vient. La retrouver. C’est ne t’avoir jamais quitté. C’est ne pas vieillir de nous, n’avoir jamais rien dit. Oublier les jamais les ni mêmes. Toujours. Remplir la jarre jusqu’à la gueule.

Tu ne sais rien. Tu ne sais pas. Tu ne sais rien et je veux pleurer. Je veux crier.

C’est retrouver. Cette musique, cette effacée.

C’est. L’altitude. Cette voiture dans les tournants. La route. Tu es au volant. Ce n’est pas comme derrière ta grosse moto, je n’aimais pas être derrière.

Ne dis rien. Tu es silencieux.

Je veux cette rivière, cogne les cailloux.

Ne dis rien. La vie ne vaut rien. Elle est trop mystérieuse pour nous appartenir.

Ne dis rien.

Aujourd’hui j’ai entendu cette chanson de Cat Stevens, celle du père à son fils. Je n’arrive même plus à l’écouter, elle est accrochée à ma chair cette chanson. Il faudra bien un jour ce disque l’avoir à la maison à nouveau. Cela ne recollera pas les morceaux entre tout ce temps. Celle d’à peine jeune femme et celle de maintenant.

Quand suis je devenue une femme, quand suis je sortie de l’adolescence ? Je crois que tout s’est fait en même temps. J’ai quitté mes parents. J’avais seize ans bien passés. Il était temps. Je t’aimais, toi dont je ne sais plus rien. Tu étais brun. Tes yeux de braises.

Nous vivions souvent ensemble et tu m’as fait l’amour. Ce n’était pas facile. Il faut s’aimer vraiment pour dépasser ces premiers moments. Je ne sais pas m’en souvenir. Je me souviens de ton amour. On s’aimait vraiment.

Un an après, dans notre premier et unique appartement, on peignait une bande dessinée sur les murs du couloir. Il y avait des cheminées dans ce lieu. Du bois, pas de chauffage autrement. Une grande vieille cuisine au carrelage noir et blanc, le même que celui de mon couloir maintenant.

D’amants en désespoirs j’ai bâti un début de femme. De bouts. C’est l’amitié qui tenait les rênes, de ce qu’il restait quand tout tremblait en la demeure. Toi au Havre, mon amie que je ne vois plus. On était ensemble tous les jours.

Ce matin, je me suis inscrite à un forum, suite à ce « marathon d’écriture ». Ce groupe de personnes que je ne connais pas et qui est tentant, sans encore savoir comment. J’y ai lu cette histoire d’amitié et de rencontre. Une histoire d’êtres qui n’ont pas peur de leurs sentiments. Et deux écritures qui s’assemblent pour écrire un roman. Une trame solide entre elles deux, comme un fil d’araignée. Une passion.

Dans ce monde trop sécuritaire sur tout et tous. Dans ce dédale de cynisme et de non joie, il y a des feux. Il y a des oses. Osera. N’est ce pas le plus beau mot de la terre celui là ? Il faut alors trouver les moyens, la façon de créer ensemble, de s’aimer et de se surpasser.

Aujourd’hui c’est ce que je voudrais le plus, créer ensemble. S’assembler et s’apprendre. Aller sans peur vers nous. Nous ne sommes pas loin, nous sommes proches.

Dans cette petite voiture un jour avec toi nous avons aussi mis toutes nos affaires. Cette fois on allait de Nancy à Pau, en gros. En passant par l’Auvergne où nous avons cherché des petites routes et un coin où camper pour une nuit. Je me demande bien avec quel appareil photo nous avons pris ces noirs et blancs étonnants. Il y a ce pantalon rayé que nous portions toi et moi. Tu es de ces hommes admirables que j’ai aimé et je voudrais que jamais tu ne meures.

Cela fait longtemps que nous ne sommes partis en voiture. Poser le thermos sur le capot. Les yeux pâteux, mal rasés. Quand on ne sait plus trop si on est partis hier ou ce matin et si on arrivera demain.

Je ne veux plus rien, surtout pas de lendemains.

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mars 10, 2011

Un arbre, des fleurs

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Je sais ce qui me plait dans la vie, ce qui me fait avancer, ce qui est comme un moteur.

C’est entrer en contact avec les personnes. Spécialement la première phase est un délice pour moi. La rencontre première, les premiers moments. Je crois qu’il y a de l’amour là dedans, autant que pour un rendez-vous galant. D’ailleurs c’est galant, ce joli mot non ? C’est une galanterie que d’aller vers l’autre et pousser la porte du soi.

C’est cela, c’est à chaque fois ouvrir une échappée intime, intérieure. Ce qui se passe dans chaque nouveau contact est quelque chose qui me passionne, qui m’énivre. Je suis emparée. Parée de nos atours, de nos tours, de ce qu’on ne voit pas, de se qui s’élève dans les airs, soulève la terre sous mes pieds. Le monde change à chaque rencontre. Un autre être, encore un humain dont je ne savais rien il y a quelques heures. C’est une joie.

C’est parfois un tel émoi que j’ai besoin de plusieurs heures ensuite pour m’en remettre et me remettre dans ma peau. Mais cette peau doit se réajuster, celle d’avant la rencontre est trop étroite, il faut se tisser, recoudre, réaménager la place pour que je me retrouve en moi avec toi, avec lui, avec eux.

C’est seulement maintenant, cinquante ans après, que je peux mieux comprendre ma timidité de petite fille. J’étais dans une coquille et un cocon. Je ressentais sans doute de manière si forte chaque nouvel élément tentant de se mêler à mon univers que cela me faisait mal physiquement. Je le ressens toujours mais je commence à connaître cette musique. Petite, plus on m’aimait, plus je fuyais durant les premières heures, je cherchais un refuge où me concentrer et rassembler mes forces, me garder. Puis je pouvais être avec les autres, mes grands parents par exemple, et capter leurs affects, leur renvoyer mes sentiments sans me sentir happée.De ces premières expériences est né mon besoin absolu de solitude. Dans la solitude je réajuste mes peaux, je cale mes énergies, mes ressentis, mes priorités, je respire à mon rythme, pour pouvoir encore et encore m’ouvrir au monde et lui donner en pleine conscience, chaque pore ouverte et frémissante.

Aujourd’hui je sais à quel point j’aime cette danse de la rencontre. Je me sens enrobée, parcourue de transes aquatiques. Je me sens comme la fleur de cerisier qui s’ouvre au soleil. Je suis l’arbre et chaque être vivant ( à deux pattes ou à quatre, à un bec, une bouche, un pistil, des feuilles, des griffes ou une carapace…) auquel je m’adresse, vers lequel je me pose, est une fleur de plus sur mes branches.

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mars 5, 2011

Toi, loin désormais ?

Tu as à portée de mains.

Si tu es en changements, le sauras tu vraiment ?

Il est passé dans ta vie. Tu t’es faite avec lui. Elle t’a donné ses ailes.

Nous sommes traversés par des continents. Et pour nager c’est la fuite en avant.

Je traverse sans comprendre. Mes sentiments.

Sème, sème. Je crois que tu existes encore mais je crois que tu es bel et bien mort. Cet amour, maintenant.

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février 26, 2011

Une page

 

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Je veux une grande page blanche. Comment prend-on les tournants ? Je veux une grande plage blanche.

Nous étions au cinéma voir ce film de Ken Loach sur la révolution espagnole. No pasaran. La lumière se rallume et je n’aime pas ce moment. Il faut se  remettre au monde. Dehors la lumière absorbe, veut prendre une place qu’on n’a pas encore reprise. Nous marchons sur un trottoir trop petit pour deux. Tout à coup, d’un même mouvement, nous nous tournons l’un vers l’autre et on se prend dans les bras maladroitement, complètement, vite. Sur ce trottoir on occupe toute la place, plus rien d’autre ne peut passer. No pasaran.

Nous sanglotons, nous pleurons. On ne s’est rien dit. Ni pendant, ni sous la lumière du dedans ni au dehors. Entre nos bras tout dévale. Un tunnel. Les luttes, les idéaux, la force, le courage, la rage, l’oppression. La conscience d’être là, vivants, en cet instant. Mais aussi la conscience de porter l’histoire des hommes, depuis le commencement. Un poids épais et lourd qui nous rassemble, nous fait amants, toi et moi, spécialement. Quelqu’un veut passer mais doit descendre du trottoir pour nous contourner.

Je veux une page blanche. Large, si l’on veut, mais étroite aussi, où il faudra s’arrêter.

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février 20, 2011

Le rêve de tous ceux qu’on aime

Ton corps sur le mien. Lourd et rempli. Ta chair, ton âme.

L’essentiel retrouvé, la certitude. Dans un lieu qu’on dit « rêvé » mais je n’en suis pas sûre.

Je suis restée éveillée lentement pour ne pas tout perdre. Et même les yeux ouverts, dans cette vie là, l’autre existence restait en moi, présente, réelle.

Dans ce rêve les amis tournaient et venaient. Tout le monde était en séjour, en voyage. Des valises, des sacs, des vêtements éparpillés, des douches à partager. Et notre chambre. L’évidence. Ton sexe sur mon ventre, chez lui. Ton odeur sous tes cheveux dans ta nuque. Ton visage, large, presque enfantin, ta peau qui entoure tout, qui me fait une peau.

Nous étions cette fois encore différents des autres rêves, de tous les rêves que je fais de toi. Calmes, sans remords, sans lourdeurs passées. L’évidence, toujours, mais encore plus pleine et sereine, cette fois. Atteinte totalement. Tu n’étais plus angoissé, toujours à courir après mon âme ou vers un autre ou une autre. Tu étais arrivé. Chez toi, en moi, là où tu n’es jamais parti mais tu ne voulais pas savoir. Pas vivre.

Le rêve où tous sont rassemblés. Je quitte notre chambre et je retrouve Lui. Tout est naturel et très drôle et tendre. Mais il y a tout ce monde autour. Il y a aussi des petit-dejeuners qui se préparent, on s’affaire autour des fours. Des feux. Il n’y a pas la place pour tous les plats, pour tous ?

Tu m’attends, tu es toujours dans la chambre, j’y reviens. Je cherche des vêtements. Des vêtements gais, doux, des t-shirts de printemps avec des fleurs grises et mauves, des pantalons légers. Légers, qui tombent autour des jambes, confortables.

Tu es assis nu par terre, comme tu aimes. Je m’assois face à toi. Je t’aime. Tu m’aimes tant que cela ne peut se dire, pas là. Je caresse ton bras, rond, épais. Ta présence sur la terre dans ce corps si ancré. Je souris. Je veux te le dire : je vais écrire. J’écris un livre. Tu sais combien nous y avons pensé, toi qui le fais. Je caresse ton bras avec un doigt, de haut en bas. Je n’ose pas et puis tout à coup c’est encore une évidence.

J’ai la première phrase en tête. J’ai le sésame, j’ai la certitude, j’ai le chemin, j’ai. Je te dis. Je te dis « Tu sais j’écris, et je vais écrire un livre, ça y est. Je le sais, je sais comment le commencer ».

Je sors du sommeil à peine. Je te vois resté là bas. Assis nu face à moi dans ce lieu où nous sommes tous réunis et aimants, et aimés et amants. Un lieu satellite de tout. Un endroit où je suis, où j’existe. Je laisse les draps me sortir de cet endroit, loin mais pas. Non, cet endroit est là. C’est l’endroit de toute une vie. Toutes les vies de ceux qu’on aime.

Mon corps est mou, entre deux lieux. Il est ce corps qui n’est qu’un véhicule entre mes dédales. Il est l’outil pour traverser mon esprit, rencontrer les possibles, atteindre nos mondes invisibles. Ceux qui disent. Ce qui porte. Emporte le rêve sur des barques.

Je me suis levée. J’ai petit-déjeuné en regardant les mésanges picorer, mon chat dans les bras. Comme à chaque fois, je n’oublierai pas. Sur mon agenda des rêves, nos rendez-vous. Les barques glissent. Me dire qui je suis. Ce qui sera.

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janvier 18, 2011

Quitter

Partir. Tourner le dos et ne pas se retourner.

Quand l’ai je appris ?

Quitter soi-même en prenant ses responsabilités, sans comptes superflus à donner. Quitter au plus profond, choisir. On laisse, on choisit, on vit.

Quand l’ai je su ? Quand l’ai je appris ?

J’ai cette faculté à partir, à faire face tête haute et à laisser derrière. A couper les ponts et à paraître dure. Parce que ma survie est en jeu et je suis la seule à le savoir. Parce que vivre c’est choisir ce qu’on fait de soi. C’est ressentir, à tâtons, à l’aveugle, on sent les coins, les angles et les feux, les douceurs, les soieries, les drapés et les épines, les traces ensanglantées. Alors on décide, on s’en va parfois. On quitte.

Pour quitter il faut cesser de penser à ceux qui restent, à ceux derrière, à celle ou celui. Oui, il faut cet égoïsme, cette exigence. Il faut couper court à toute empathie, refuser d’être indispensable, car nous ne sommes indispensables nulle part, c’est une faiblesse et une prétention de le croire. Quand l’ai je compris ?

Quitter c’est laisser, se priver de. C’est aller vers et c’est être confiant. Confiant en ceux qu’on laisse aussi. Un amour, un projet, un boulot. Tout continue dans notre dos et souvent pour le meilleur parce que tout sera différent. Un amour qui part c’est la fin du monde un moment. Puis. Puis. Le printemps. Et toi et toi et toi, je ne vous aurais pas connu si. Si toi et toi et toi ne m’aviez brisé le coeur en me quittant. Alors, oui. Le printemps.

Quitter c’est oser. Cesser de douter, cesser d’avoir peur, se jeter dans le vide. Oser. Battre la campagne, tu dirais. Fendre les flots aussi. Ne rien regretter. Quand l’ai je su ? Je me coupe, je coupe les sentiments qui freinent et retiennent, je m’ausculte au dedans et je fais. Marche avant sans rétroviseur pendant longtemps. Je cogne, je me cogne bien plus encore. Je souffre mais je ne dis rien, je m’inocule un anti-douleur, c’est un réflexe chez moi. Sinon comment avancer ?

Quitter. Quand ai je commencé ? Par amour, d’inconscience mêlée ? Handicapée de trop vivre, sauter entre les pavés, franchir les murs sans rien demander. Le premier que j’ai quitté, pour mes quinze ans, m’a écrit, le jour de ses cinquante ans  : Tu restes quelqu’un d’à part pour moi. Tu ne peux pas être une amie comme les autres. Tu es la première que j’ai aimée, et je n’ai plus jamais aimé comme cela. Tu es celle qui m’as montré que l’amour ne durerait pas toujours. C’est toi qui m’as fait cette douleur là. Je n’ai plus jamais souffert autant que ça.

Et bien sûr, j’ai pleuré. Ouf, enfin je pouvais, plus de trente ans après.

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janvier 7, 2011

Huit jours maudits

Il m’est arrivé une drôle de chose. Je ne sais pas si je dois m’inquiéter ou non, je ne sais ce que je dois retenir et tout laisser et oublier mais oublier je ne pourrai.

Pendant huit jours exactement, presque à l’heure près, ma vie a basculé dans le sombre. Comme je ne suis pas seule à partager ma vie, je ne sais qu’en penser, je ne sais ce qui de moi, de l’un, de l’une, de celle-ci, de lui…Quels mauvais ingrédients se sont mêlés à ma soupe pour en faire un truc imbuvable. Bien des choses, certaines que j’ai vues, d’autres que je ne sais pas. Mais le problème c’est que mon coeur a été troué. « Un trou dans mon coeur » est une expression que je n’emploie pas à la légère. Je l’emploie quand je la ressens, pas juste pour imager une histoire, pas pour romancer ni inventer au delà.

Non ce n’était pas une fiction. Des mots et des phrases, lus, entendus, par des gens que je connais un peu, puis par un amour fidèle, ont déclenché un seïsme en moi. Mon être a été malmené, dégoupillé, désarçonné, plié, écrasé de déroute. Et mon coeur transperçé, meurtri, loin. Mal.

Ce qui m’a surprise c’est la violence de mes ressentis, et leur profond ancrage, comme une racine très lointaine mais qui m’arrachait à tout bonheur. Comme une malédiction posée, revenue, un génie malfaisant, une cicatrice ouverte, mortellement. Oui, ça fout les pétoches.

Ce qui m’a surprise c’est le timing, les huit jours précis. Je peux trouver des tas d’analyses, d’explications plus ou moins bonnes, entre moi et moi et lui, et moi et lui encore perdu là-bas, et oui, ce foutu foutu calendrier dont j’ai déjà parlé. Sans doute de ces dates où nous avons subi un choc émotionnel tel qu’au  tréfonds de notre mémoire intime, au tréfonds de nos neurones, de nos peaux, de nos os, se croisent des noeuds électriques, électrifiés, comme des barbelés de notre inconscient. Et Paf.

Ce qui m’a surprise c’est qu’on pourrait trouver que ce n’était pas grand chose. Juste des moments tendus dans un quotidien d’habitude serein. Et pourtant j’ai été sidérée et retournée comme une crêpe. Comme quoi chacun prend à sa façon ce qui passe dans l’air et se dit. Pour certains pécadilles, pour d’autres bombes à retardement. Parce que le puits est là, et jette la pierre, tu verras, tu ne l’entends pas toucher le sol, la pierre vole à vitesse grand V. et tu ne savais pas. Ce puits là, là, encore pour toi, toi, il est le tien et tu ne maitrises plus rien. Cette pierre qui tombe, ce qu’elle cherche, ce qu’elle retrouve, ce qu’elle te dit. C’est le trou dans ton coeur qui retrouve ses petits.

Paf ? Mêlé au présent ? Sarabande en vrac ? Une louche de breuvage d’une vie insoluble ni dans maintenant ni dans l’avant, ni tout de suite ? Bulles de gaz toxique qui éclatent en surface, réminiscences de nausées vastes, d’abandon, de ces moments où l’amour est au sol, la vie par terre et toi, toi en bouillie. Sas de décompression, où l’air manque, où la survie a un prix, où tu peines, et goûtes l’amer, tu cloues le sol de ton front, tout est perdu. Ta lâcheté est pieds nus sur les braises, tu oses regarder en face ce qui ne te retient plus, ni là, ni lui, ni elle, ni toi ?

Huit jours où la vie change toute. Pendue par les pieds. Où tout est dérangé, rien n’a le sens que tu connaissais.

Secoué. Apeuré. Rien d’autre à faire que trouver des réconforts, des pistes de vivre, parler, avoir la chance d’être encore écouté et aimé. N’importe où, quelque part, quelqu’un, quelque chose. Et tout à coup tout s’apaise. La tempête est partie. Ici le mistral , le vrai, dure trois à cinq jours de folie. Huit jours cette fois, en moi, un ouragan  m’a mis à sac. Je ne l’oublierai pas. Il m’a posé des limites. Il a nommé l’effroi. Il a signé des possibles. J’ai une marque indélébile sur le coeur, une marque que je connais, que je crains mais, je le sais, qui fait aussi avancer, creuser et partir, décider et aller vers soi. Seul. Dans ce mystèrieux en nous qui fait qu’on tient encore ou qu’on lâche. Qui fait qu’on ne sait rien et que rien n’est acquis,rien, jamais rien et toujours.

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décembre 19, 2010

Le calendrier

Jours qui comptent et racontent. Jours qui laissent et se dépasser, dépassés. Le 13, arrêter de vivre, une mère qui enfin cesse de respirer le jour de sa fête, celle de la lumière, Lucia. 24h après son frère, main dans la main, comme si ils s’attendaient. Elle l’attendait, elle avait peur et plus assez de force pour commander ni corps ni esprit. Il fallait le coup de pouce, celui du calendrier.

Les calendriers seraient vivants et ce seraient eux qui dirigeraient nos vies. Nous croyons qu’ils sont nos objets et que nous jouons entre leurs lignes, leurs cases, les agendas de petits pas. Mais voilà.

19 décembre et les deux au Père Lachaise répandus sur le gazon en poussière froide mais juste le rayon de soleil. Une ambiance électrique et lamentable entre frère et soeurs. L’enfance ne fait pas de cadeaux dans ces moments là, toute en trombe elle dirige la valse. Aucune pitié ton enfance n’a. Elle a tout à dire et surtout quand il faudrait taire. Elle l’ouvre grand le précipice de ce qui fut, de ceux qui ont aimé, un peu, pas assez, trop et comment et comme ci et pas comme cela. Et les places valent chères tout à coup, tout déborde, tu n’es rien, c’est un combat entre toi et ce qu’il reste de toi. Enfin tu le croyais.

19 décembre et tout à refaire. La vie se révèle en si peu de temps parfois. Encore un coup du calendrier qui ne pardonne pas. Encore un coup du calendrier qui fait si bien les choses, d’un trait, d’une croix, d’une marque au fer rouge, d’un tatouage sur ta nuque. Un papillon, une coccinelle, indélébile comme l’amour. Le calendrier de ta peau. Regarde comme il est, et même il est beau, je te dis, il est beau.

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