Archive for ‘la jalousie’

mars 5, 2011

Toi, loin désormais ?

Tu as à portée de mains.

Si tu es en changements, le sauras tu vraiment ?

Il est passé dans ta vie. Tu t’es faite avec lui. Elle t’a donné ses ailes.

Nous sommes traversés par des continents. Et pour nager c’est la fuite en avant.

Je traverse sans comprendre. Mes sentiments.

Sème, sème. Je crois que tu existes encore mais je crois que tu es bel et bien mort. Cet amour, maintenant.

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septembre 20, 2010

La jalousie

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Un jour j’ai connu la jalousie. Ce fut une rencontre fulgurante. Je ne me suis pas reconnue. Bon, soyons précis, je ne vis pas avec ce sentiment, il est complètement inconnu de ma vie. Je veux dire l’envie, envier quelque chose ou quelqu’un. Etre jaloux de ce qu’un autre que toi fait, ou je ne sais quoi du genre. Non. Connais pas.

Là je parle de la jalousie amoureuse. Bing. Un jour, et ce fut une fois et la seule, et ce fut tellement frontal que l’on ne m’y reprendra pas comme ça. Non. C’est sans doute le truc quand c’est la première fois, c’est comme un coup de foudre, tu es Patatras. Un coup de glace, de seau à glace, et champagne et vodka. Complètement dévariée la fille.

Ce fut un jour tout con où il me dit d’un air de pas y toucher…Que comme qui dirait que y’aurait de l’eau dans le gaz et que ce ne serait plus ça entre lui et moi et que..ben, tu vois, la fille avec laquelle je bosse je me sens séduis. J’éprouve un sentiment pour une autre femme, qu’y me dit le gars. En fait il me dit …C’est fini, ma poule. Charivari et langue de bois. Pouic de pouic, la Cata.

(Et quand je pense qu’ils n’ont même pas consommé ces deux là !!?!!! Non, même pas…)

Elle, jeune maman à peine la trentaine, en pleine installation chez elle, chez eux, le joli couple. Lui…Ben lui et moi. Franfreluches et chinchilla, la Cata qu’y dit ce saligaud là. Bien sûr ce n’était pas abordable comme idée pour moi. C’était une histoire au long cours, on avait tant et tant fait. Avions, trains, amants, maitresses, vagues, folie, oui, non. Quatre années pour enfin vivre ensemble, alors je te dis que Non c’était pas entendable. Non. Donc, la furie m’a pris, la jalousie, cette garce que je ne connaissais pas à pris possession de mon corps et de mon reste d’esprit. Possession. Mon corps était tournicoté dans un sens et puis tricoté et re-détricoté. J’étais broyée et hachée menue et la jalousie tenait le hachoir à deux mains et me regardait vomir mes tripes en riant, en beuglant. Une vraie maladie.

L’autre, cette pauvre jeune femme aux cheveux auburns et la coupe au carré, celle qui bossait avec mon séducteur, elle a vraiment vu une folle, une pauvre folle. Elle était très stoïque quand je la croisais, en prime. J’avais envie de lui foutre une bègne, de lui dire qui il était, le petit jeu ,je connaissais par coeur, j’en avais des bien mûres à lui conter. Il était à moi et j’allais lui arracher ses yeux de khôl de Sainte Nitouche si elle continuait à roucouler.

La jalousie possède et vit sur la possession. Elle est une furie sur pattes. Elle te démantibule. Ton corps n’est plus scindé, il est une chose qui bat le pavé. Je battais le pavé du quartier. Je glissais des lettres de menace dans sa boîte, à elle. Je la détestais. Je voulais qu’elle comprenne, qu’elle cesse de me déposséder. Je ne respirais plus je haletais. Je ne regardais plus je scrutais, je rongeais, je ne marchais pas je courais, je courais contre. J’étais contre, contre, contre. La jalousie, la première fois, c’est une vraie maladie incurable. Elle te bouffe jusqu’aux os, tu donnerais ta peau.

Je suis contente de l’avoir rencontrée de face et avant la quarantaine sonnante. Elle fut à l’épreuve de ce qu’avait été cette relation. Qui m’avait toute emportée, toute prise, dans tous les degrés. Tous les coins. Quelques mois plus tard je balayais seule dans ces coins là, et ce n’était pas joli. Je partais, je fuyais le désastre, et ce n’est même pas parce qu’il l’aimait, cette autre, pas du tout. Il faisait joujou et c’était consolateur d’être admiré  ainsi, loin d’un amour qui cherchait ses coins et perdait ses couleurs.

Oui, je suis contente de m’être perdue totalement un jour dans les bras de la jalousie. Cela fut comme une tornade, un truc qui était en moi et que je ne connaissais pas. C’est sorti des profondeurs, comme un dragon malveillant. Cela va très vite, tu n’as aucune prise, tu es démuni. Tu deviens fou. C’était hier, il y  a très longtemps. Je me revois encore courant dans les ruelles de la Croix rousse avec ma lettre à la main. Le pathétique dans toute sa splendeur. J’étais un paquet de linge sale, un sac vide sans patates, rien, fini, déambulante, handicapée de tout, cherchant à lever la tête, à garder deux jambes mais amputée jusqu’au cou. La jalousie te prend tout. Et tu perds.

C’est pour ça que je suis contente de l’avoir laissée sur la colline lyonnaise où j’ai tant pleuré. Je me suis déshabillée, je lui ai laissé toutes mes fringues, j’ai pris le taxi pour toujours, je l’ai laissé repue de moi-même mais penaude au fond. Elle avait perdu une copine. Tu m’as vue, tu m’as eue, tu as perdu.

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