Archive for ‘Plumes’

juillet 3, 2011

En sentier

Ce blog est né de deuils à faire. D’intime à tournoyer. De creux à creuser, de bosses à délier.

Il a fait son travail, un sacré bout.

Il doit aller dormir maintenant, digérer et passer. Le sentier a bifurqué.

mai 7, 2011

L’écrire des jours

La part telle qu’elle d’un quotidien

Au travers du pare-vivre, chaque jour la marquer.

Se remarquer par la vitre ouverte

Clic Clac Clac appuyer sur la détente tout en roulant

Clic Clac Donner de l’importance

Ca tourne par là, ça ligne droite ici, ça bleu, ça vert, il, sait, pas, pleut, matin, soir.

Par la brise ouverte, clic clac noter, journal des bordures

La petite joie de ta brise verte, sur le côté, quand je suis passée, quand tu es passé(e).

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mai 2, 2011

Inside you

avril 3, 2011

Se marrer

Je voudrais bien un blog où on rigole.
Est ce que j’en ai un ?

Un peu ?

mars 25, 2011

ta vie c’est ta vie

Ce sont des amis et même un bout de famille. Choisie. Je la tenais dans mes bras quand j’avais douze ans. De là est née ma passion pour les bébés. Et sa mère est ma soeur. « Hélas » dit-elle aujourd’hui par dépit, car ce fut très difficile d’être adulte puis mère à son tour. Mais ça, c’est leur histoire, les histoires de mères et de filles. Ma soeur n’était pas faite pour faire des gosses. Elle détestait être enceinte, elle abbhorait accoucher. Alors, bien sûr, les deux sortis de son corps ont eu maille à partir avec eux mêmes.

 

Et surtout elle ne conçoit pas la vie sans enfant, ce serait pour elle, la plongée directe dans la dépression. Si tu fais des enfants essentiellement pour toi, pour survivre à tes douleurs, bien sûr, alors, ce n’est pas les aider à grandir.

Ce sont des amis et plus. Parfois on ne se voit pas pendant très longtemps, voire des années, et elle aime le silence. On fait à nos rythmes, celui de nos écueils, de nos fragilités. Surtout maintenant, que nous avons, dans nos vies,  dépassé nos apparences.

Ils ont beaucoup souffert d’eux mêmes. Ils se sont battus contre leurs chimères. Ils ont payé des prix forts. Ils ont désespéré. Ils veulent se battre, changer la vie. Ils n’avaient pas eu d’adolescence rebelle, pas assez. Ils avaient suivi des tracés. « Tu seras médecin mon fils »  » Tu suivras la carrière de ton grand-père ma fille ». Ce qui est dit et le reste. Ce qui te met boulet au pieds. Ils ont bataillé et puis un jour ils ont tranché. Ils ont affiché leurs opinions, leur renoncement à une vie bien définie, sans souci professionnel, une place, un statut. Tout ce qui était devant eux ils l’ont repoussé pour trouver d’autres voies Les leurs, vraiment.

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Ils ont osé dire des choses crues, brutes de pommes, à leurs parents. Des choses que tu ne dis pas, de celles qui rompent les digues parfois. Il est instransigeant. Il ne veut plus de compromis avec certains penchants, certaines facilités. Ils connaissent l’âme humaine. Ils en ont vu beaucoup durant leurs études et leurs boulots. Ils ont fait des scandales dans les hôpitaux pour soutenir les patients, contre les pontes malfaisants. Leur thèse, un pamphlet anti-médecine a été immédiatement publié chez l’Harmattan après que l’Ordre des médecins ait essayé de les empêcher de la soutenir. Trois ans de combat, de travail d’écriture et de recherche, et d’aides sociales pour manger parce qu’ils étaient bannis d’exercice professionnel.

Un jour ils ont mis tout leur appartement sur le trottoir et attendu le petit camion qui les emporterait loin dans le sud pour un changement radical de vie. Le camion n’a pas pu tout prendre, loin s’en faut. Sur le trottoir sont restés des morceaux d’eux. Des plantes chéries auxquelles ils avaient promis de l’air pur. Le grand canapé bleu, les chaises, et le reste. L’essentiel c’était les vélos. Leur seul véhicule à eux trois, chacun le sien. La petite file qui ne va plus à l’école et eux deux.

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Il y a des moments de doute, surtout pour elle.

Il y a des moments très durs, l’hiver sans chauffer dans la première maison. A peine de quoi bouffer. Des aides sociales, c’est vrai, parce que l’autarcie n’est pas encore complète, surtout en hiver quand le potager dort. Non, ils ne referont plus leur premier métier. Pas lui en tout cas, jamais. Il est radical, il sait qu’il faut faire des choix et renoncer pour avancer.

C’est leur choix. Ils tiennent bon, ils inventent, s’adaptent. Leur fille est artiste et indépendante. Un jour sans doute elle rejoindra des classes, des rangs, des cahiers. Pour le moment, elle développe un autre potentiel, de liberté.

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mars 23, 2011

Le marathon d’écriture, ce matin

Oui je l’ai fait. Vous vous souvenez de cette expérience qui me tentait ? Un forum-atelier d’écriture, ouvert, sans contrainte de sujet, aucune, juste une règle du jeu : écrire au moins 3 h d’affilées et publier toutes les heures.

Ce matin j’avais réservé mon temps. J’avais aussi pensé un peu à un début d’histoire. Et c’est passionnant de voir où on va chercher cela. C’est tellement profondément et innocemment fait, inconsciemment au début. L’écriture d’une histoire, d’un personnage, pousse dans les retranchements, porte loin, tire des ficelles intérieures, sans qu’on maitrise grand chose.

C’est seulement quand c’est fait, qu’on peut se retourner sur ses traces.

J’ai écrit trois textes qui sont comme une histoire, un déroulé, une spirale qui s’évade, une vague. Je les mettrai sur le motu car, je ne l’avais pas prémédité longtemps avant, juste un poil, c’est de ma vie imaginaire sur le motu, cette vie bloguesque que je vis depuis plus d’un an, c’est finalement de là que j’ai puisé l’eau, la source. Ensuite tout s’est mêlé, le rêve, ma réalité.

J’aime bien le résultat. Mon égo aussi puisque des gens qui ne m’ont jamais lue sont entrain de me lire et aiment. Sont emballés. Je me retrouve avec cette apétance qu’apporte le groupe bienveillant. Les yeux posés sur toi, des gens qui lisent. Cette joie, ce cadeau.

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mars 19, 2011

Nouvelle terre

J’ai rêvé de grands espaces.

Une campagne vallonnée et sans fin, sans ville à l’horizon. Une sorte de réunion sportive avec des motos assez cocasses. Une école transformée, refaite totalement car abandonnée. L’intérieur était tout en blanc, avec un matériau isolant, on se serait cru à l’hopital. Alors finalement, ces plaques isolantes blanches étaient enlevées par endroits et remplacées par du matériau gris. Je déclarais que j’allais peindre, de toutes façons, des couleurs. On me disait que c’était impossible sur ces murs. Je disais que si, je mettrai des couleurs et aussi des tas de trucs accrochés, jolis.

Dans un autre coin de la bâtisse un vestiaire abandonné, presque une allure de grange. J’y dépose des vetements, je me change pour aller dehors. Et je suis en fait dans les champs, là où j’ai réellement vécu, une résidence adorable en pleine campagne avec une rivière en bas. Tout cet espace magnifique où je marchais autrefois, la descente vers l’eau, les prés, les bois, sont transformés. Une ferme nouvelle a été bâtie. Très belle. Grand bâtiment neuf, toit orange de tuiles. Une maison adossée, avec des niveaux et des escaliers en bois. Je suis excitée, très surprise. C’est comme une nouvelle ère.( une majorité de ces endroits, dans la vraie vie, ne sont pas constructibles à cause de la rivière)

Un chemin descend pour accéder à la ferme. Je veux descendre et parler au propriétaire qui est en bas. Des animaux passent. Un chevreuil. Mais je remonte changer de chaussures, tout est glissant et boueux. J’ai le coeur qui cogne, c’est comme si on avait construit chez moi. J’envie ce lieu nouveau, il me plaît. Je voudrais y vivre.

Retour dans les grands champs et la construction toute en blanc. Des personnes courent dehors, s’ébattent dans les collines et rient beaucoup. Les motards sont des jeunes, style collégiens. Il y a aussi des genre de parachutistes ou delta-planes ? La vue est large, dégagée au loin, on a un sentiment d’espace. Il n’y a pas de soleil, des collines un peu jaunes, des brumes, des couleurs de paille, peu de vert. Je crois qu’on fait venir un tracteur.

Cette contrée est comme revenue totalement à l’agriculture, comme dans un autre espace-temps, futur. On reprend ce qui est resté, des batiments, des collines entières et on refait, on exploite ce qui n’était plus exploité. On re-habite et refait vivre ce qui était déserté. Il n’y a aucun bruit. Il y a un grand silence. Nous sommes peu nombreux. Et toujours aucune ville, aucun agglomérats de construction à l’horizon, à 360 degrés les collines vides d’humains ou d’habitations, pleines d’elles mêmes.

Un endroit où l’on construit des fermes, toutes neuves.

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janvier 9, 2011

Passagère

Un sac, un quai. Autour d’elle le tout défile dans ses cheveux. Elle se rappelle et elle oublie.

Un sac, une rue, un bus traverse une ville. Derrière se posent les ponts entre ses années.

Un sac, des escaliers, les uns descendent les autres montent. Tous au même endroit et elle, elle pose pied là où elle ne s’attend pas.

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décembre 24, 2010

Petits meurtres en campagne

Vous l’avez peut être entendu comme moi, un agriculteur a tiré sur un voleur de truffes, en sud drôme, au sud de chez moi. L’homme se faisait voler dans son champ de chênes truffiers, il y en a beaucoup dans ce coin là. Je veux bien croire que ça représente un sacré pourboire en fin d’année, bien plus qu’un treizième mois, c’est certain.

Il a pris son fusil à pompes, le gros truc que tu dois recharger à chaque coup. Je n’y connais rien, mais quand même..Le truc à sanglier, quoi, qui te déchire une grosse bête. Je veux penser qu’il faisait sombre et qu’il a pensé au sanglier, un coup dans les jambes ne suffit pas, la bête se rue sur toi, donc, allons y gaiment, un deuxième coup pour achever le voleur non identifié. Ensuite son père est venu pour changer l’arme. Avec une tite carabine, un coup est vite parti sans le vouloir, tiens, on va essayer de minimiser les choses mon fiston. Manque de bol, ils ne regardent pas les polars à la télé ?, les experts du coin, ils sont chasseurs aussi sans doute, alors, euh, ils ont bien vu l’entourloupe. N’est pas complice tout le monde, faut pas pousser.

Assassinat cela s’appelle mais voyez vous en campagne, ici en tout cas, ce n’est pas extraordinaire. Je l’ai vécu autrefois, au pied du Vercors. Toujours une histoire d’un mec qui chasse, a une arme,  et qui tire pour défendre sa maison, ses biens. Et dans ces cas là tous les villages le connaissent, l’ont vu grandir, on a mangé du chevreuil ensemble, on est pompier, on gère l’association d’agriculteurs locaux, etc. Et tu retrouves chez tous les commerçants une pétition pour soutenir le meurtrier, que personne ne nomme ainsi, puisqu’il est « victime qui s’est défendue ».

Et là tu entends les gens parler, tout comme je l’ai entendu à la radio il y a deux jours. Et tu es effaré. « On se protège puisque la police ne fait rien »  » Nous on trime, personne ne nous aide, ces truffes c’est notre petit plus, on bosse 365 jours par an et on se défend, ça devait arriver de toutes façons » etc etc. L’auto-défense, la prise en main de ta sécurité par tes propres moyens, le refus de la Justice en marche. Le meurtrier est une victime, attaqué il se défend. On attaque mes biens, on veut me les prendre, je tire à vue. Il faut savoir, en plus, que ces personnes vivent dans des coins super, où il n’y a quasi pas de délinquance, tu peux laisser ta bagnole ouverte, tu la retrouves là où elle était. On est loin, loin, des banlieues et des racailles. Mais la racaille c’est l’Autre, où que tu soies. C’est celui qui pénètre dans mon pré carré, là où je suis né et où je suis resté et où chaque morceau de terre est mon sang, mon individualité, ma propriété privée.

Et quand je suis en contact avec ceux qui défendent « la victime, leur pote sauvagement attaqué sur ses terres », quand je les entend, je frémis. Je vis sur une autre planète dans ma tête, je vis loin d’eux. Je les entends à la campagne, sur le marché, au troquet, chez tous les commerçants qui ont une pétition « pour soutenir X ouY…victime d’injustice,etc ». Et quand tu refuses de signer cette merde, la bouchère tout à coup te regarde autrement et toi tu la trouves beaucoup moins bonhomme. Dans la Drôme c’est souvent deux poids deux mesures en politique : soit de la gauche, catho, et une fibre écolo très active, très. Soit de l’extrême droite, en campagne, qui n’hésite pas à voter Front.National au premier tour. Les loups sortent du bois avec leurs fusils à pompes et réclament vengeance et reconnaissance. Et toi, en face, tu as quoi ?

Un jour sur un bateau d’Ajaccio à Marseille, je me suis retrouvée à table entre deux mecs F.N. La discussion a commencé poliment, ils étaient sympas, et argumentaient avec précision et amabilité. Ils voulaient juste de l’efficacité, de la rapidité, dans une société où celui qui bosse remporte la mise et  n’a personne qui vient pisser ni voler dans son jardin. Ils connaissaient le Maghreb et n’aimaient pas les moeurs ni les manières qu’ils avaient vus. Ils employaient des arabes. Une caricature. En gros, oui, ils entendaient certaines choses « humanistes » que je disais, mais cela les faisait marrer car ils disaient que c’était utopiste,  un joli baratin mais impossible à mettre en oeuvre et qu’en attendant, les salauds avaient encore du bon temps sur le dos des braves gens. Bref, la totale. Mais moi, j’ai pris la claque. J’avais des mots plein d’idées et une philosophie, un projet de société à long terme. Eux avaient des clichés, des certitudes, un raisonnement brut et clair de ceux qui se sentent « victimes » quand ils n’ont pas l’avantage de la situation. Besoin de résultats visibles au pied de leur porte, tout de suite. Des mecs charmants qui plus est et moi je suis partie me coucher la tête à l’envers. J’ai compris l’ampleur du désastre et la faiblesse de l’homme face à l’homme-loup-pour-l’homme.

Oui, je me dis que nos élections présidentielles de 2012 vont peut être encore nous réserver des surprises.

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décembre 16, 2010

Cadeau ?

Voici un texte déposé sur lesmillemots (le thème de décembre c’est « cadeaux » et cie….)

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Je viens de passer ma matinée à faire des paquets cadeaux. Si, si. J’aide une association qui vend de l’artisanat du monde. J’aime beaucoup être dans la petite boutique entourée d’objets tous faits- main, de petites mains du bout du monde.

Pendant deux heures, j’ai découpé des grands morceaux de papier coloré et de rubans pour envelopper :

– Une corbeille en osier avec des thés et des chocolats.

– Une tire-lire indienne, en forme d’ éléphant, en cuir rouge !

– Un vase du Pérou. Ah là il a fallu trouver un carton et tout protéger sérieusement !

– Une petite crèche en forme de demi-tasse, poterie péruvienne dans laquelle se trouvent tous les personnages, tous à peine plus gros qu’un ongle.

– Un coeur en fer forgé, où l’on peut accrocher des photos.

– Des jeux pour des enfants. Des jeux intelligents qui ne sont pas basés sur la compétition mais sur des valeurs de solidarité et de découverte des peuples.

Et bien d’autres choses…

Pendant que je faisais les paquets avec un grand plaisir ( « Tu te mets aux paquets, tu aimes ça hein ? » m’a dit la collègue qui préfère tenir la caisse ), j’ai repensé à tous ces moments d’enfance où je regardais les vendeuses de magasin faire les paquets cadeaux. Je me suis souvenue combien je les admirais. Je ne perdais pas une miette de leur dextérité. Leurs trucs, les astuces pour couper le papier à la bonne dimension, pour plier ensuite sur les bords. Et, bien sûr, le truc qui te fout des paillettes aux yeux, le coup du ciseau qui glisse fermement le long du ruban pour créer des rouli rouleaux. Le must du cadeau, le ruban qui tournicote, quand tu as six ans, tu rêves de savoir le faire.

J’aimais voir faire, j’aimais faire mais j’étais très émue quand il fallait ouvrir en présence des gentils qui offraient. Un genre de maladie. Je voulais ouvrir quand ils seraient partis. J’étais très mal à l’aise. Ce fut ensuite le critère pour reconnaître les vrais amis : ceux qui acceptaient ce « handicap » et les autres. « Peu importe, tu ouvriras quand tu veux ». J’ouvrais, je remerciais, mais à mon rythme et avec sincérité, sans pression. Trop timide, la fille. Joie et soulagement quand, devenue adulte, je vis et vécu avec des personnes comme moi, en Sud Asie. Là où c’est le geste et l’allure du paquet qui compte plus que tout. Voire dans certains pays où il serait impoli d’ouvrir devant l’hôte. Merci,merci, ouf !

Je suis restée gaga des papiers cadeaux, comme une enfant, je les garde. Je les achète aussi pour décorer, faire des collages et des cartes, de voeux, entre autre. Je suis triste quand je vois quelqu’un déchirer sans vergogne un paquet, ne pas prêter attention à la façon dont l’emballage aurait pu être confectionné. Le monde est si différent d’un pays à l’autre, et l’action d’offrir ne parle pas partout la même langue. Dans notre société occidentale, il faut prévenir « Attention, regarde bien, c’est moi qui ai fait le paquet ! ». Mais les gens sont impatients d’ouvrir, non ? Pourquoi cette impatience ? J’ai détesté certains Noël en famille où les enfants, petits et grands, et même jeunes adultes, se ruaient sur leurs cadeaux, sur des montagnes de cadeaux. Se ruaient comme un affamé sur une mie de pain, excités, trop excités, bien plus que cela au fond. Une avidité sans retenue qui me répugne.

Pourquoi ouvrir son cadeau ? Pourquoi ne pas célébrer, observer, toucher, garder le paquet près de soi. Regarder en face la personne qui offre, prendre vraiment le temps d’être ensemble , être ensemble véritablement, au coeur, au coeur du moment. Peu importe le contenu, surtout quand tu es adulte. Enfant, je veux bien, c’est naturel. Mais adulte ? N’est ce pas le geste qui porte le sens,  et le paquet qui symbolise ce qui est dit et se suffit à lui même ?

novembre 28, 2010

Contournements

L’obstacle est fait pour être contourné. Pour illuminer ton intelligence de primate éveillé. Pour avoir cette satisfaction d’inventer un arsenal de vivre.

Certains se contentent de constater et s’habituent, silencieux. D’autres s’ingénient à faire diversion, et trouver des parades.

Je m’amuse en ce moment à délurer une collègue qui était de ceux qui prennent tel que, sans chercher plus loin, de peur de . De peur.

Elle m’observe donc, étonnée, elle me remercie. Et voilà qu’en prime elle se met à oser, à demander ce qui n’est pas sous son nez.

Je souris. Je jubile !

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juillet 18, 2010

Loin du corps

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Un jour partir et trouver la force de le faire le coeur ouvert. C’est mon plus grand désir. Mon défi.

J’ai vu la mort qui prend le temps et se délecte faisant de toi un pantin maltraité, un objet d’indignité de vivre. Je voudrais tant rester actrice de mon esprit et qu’il amène mon corps par là où il fait sens. Partir c’est le corps qui n’en peut plus un jour se coucher et aller voir ailleurs comme il l’a dit ce bel acteur qui a terminé sa lutte. Parce que la douleur te prend tout. Alors partir ailleurs. Dans l’amour d’avoir été. Dans l’amour de la vie et de l’humanité. Glisser dans le silence, non, vous êtes si bavards ensuite. Non, sortir de sa peau, tout simplement. Se débarrasser d’un corps impuissant et gênant et continuer sa route. Continuer. Dans la poussière de l’univers des atomes rayonnants, ceux qui ont gardé leur désir intact, leur beauté illumine la nuit et le jour. Poussières de nous, câlines, mains de géants viennent bercer, consoler notre inaptitude, tout donner. Tout donner car ils n’ont plus rien à perdre. Ils ont acquis la liberté. Celle de voir, de transcender, libérés des possessions, riches comme Crésus ils sont. Offrir des messages, partir en voie haute, nuages roses à l’horizon, détachés, plus de prison.

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mai 28, 2010

En plan te prends pas la tête

Premier degré

Deuxième degré

Troisième degré

Tournez la page, reprendre le coin de gauche

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Laissez filer

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Plusieurs degrés à l’ombre de l’improbable, passez au ras de la réalité

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Laissez endiguer, ne pas s’y arrêter, reprendre la quatrième au croisement indiqué

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Passez.
Merci, passez, c’est assez.

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Pour le moment Plume D’Hi part ailleurs se reposer.
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mai 27, 2010

Patraque enfin m(o)uette ?

Quatre jours sans moi. J’ai passé quatre jours sans moi. La tête dans le coton. Fièvre et tutti quanti. L’avantage est que je ne pouvais plus parler. C’est toujours une expérience qui m’intéresse. Cela change beaucoup de choses, cela impose de regarder et d’écouter.

Je n’étais pas très étonnée de flancher un peu et me poser sur le bas côté. Il faut toujours au corps un temps de décalage. Il fait face quand tu patauges dans la gadoue, il tient bon sur le coup. Après il part en scoubidoux. Enfin, le mien.

J’entretiens un rapport intime avec mon physique. C’est assez embarrassant car il n’y a pas de frontières entre mon psychisme et mon physique. C’est un tout, un gros tout de tout ensemble ou rien du tout. Alors quand je suis malade, ma vie change du tout au tout. Je me deviens impossible, mon esprit n’est plus alimenté par cette folie douce d’espérer. La tête ne tourne pas du bon côté et la face sombre s’élargit pour me tordre le cou.

Heureusement là j’étais réduite au silence, ce qui m’a beaucoup apporté. J’aime ces moments inattendus où ça te tombe dessus. La barque se retourne complétement tout en restant à la surface, si possible. Et tu te dis  » Bon, j’ai déconné, mais où ? ».

Moi je sais où et comment. Symptômes patents d’énervements, envie de colères monstres et de gueuler à travers les murs et de préférences pour des conneries. Manque de souffle et de soi, pas fait de yoga depuis l’hiver, agitation pathologique intérieure tout en n’en faisant pas tant que cela extérieurement. Du grand n’importe quoi. En prime je me suis chopé tous les vents, les courants d’air, les chauds et froids et un brin d’autisme familial réfrigérant.

J’ai fait ma crise islandaise, celle du volcan. Du coup j’ai été interdite de séjour partout sauf dans ma chaise longue.

Je vais renaître de mes cendres. Et dans tout cela y’en a toujours un qui est content, c’est l’animal à quatre pattes qui sait, lui, se la couler douce 18 heures sur 24. Mon Maître zen de référence.

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mai 26, 2010

Nos pensées

Nous pensons les uns aux autres. C’est comme un fil tendu au dessus de rien.

Certains se rejoignent. Je le sais. Même ceux qui ne savent pas. D’une infime quantité de nous se répand dans l’atmosphère. Et fait son affaire avec nos intensités, nos intenses légèretés. C’est là l’essentiel de nos vies. Le reste fait son cinéma avec des apparences. Bien sûr certains y croient et puis il faut bien se remuer un peu les popotins.

Pas de panique, y’a pas le feu. Dans l’air tous les adieux se marrent, nous regardant pédaler comme des petits vieux.

Non, tous nous vagabondons. Vagabond est un mot merveilleux. Je l’ai accroché à ma veste depuis quelques années, comme un ami trouvé, un bijou acheté chez l’antiquaire qui ne savait me dire d’où il venait. Je l’aime en anglais avec ses collines sous la langue. Je viens de vérifier le « d » au bout. Je me demandais pourquoi pas « bon » tout simplement. Une belle fin pour ce mot que j’aime. Ce mot qui contient la peine sur le chemin, l’abandon et la tenacité. De celui qui ne se prendra plus au sérieux et ira vagabonder.

Endors-toi avec lui sous ton oreiller et tu vas voir comment il va te faire. Dans cette atmosphère alors nos pensées ne sont que vagabondes. Elles ont le dos rond et flottent, sans aucun doute. S’étirent, font ce qu’elles veulent, se croisent et se racontent.

Se frôlent le plus souvent, car pour le reste elles ont tout le temps.

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