Archive for ‘que dit le ciel ?’

juin 18, 2011

Pensées en pluies

Il pleut fort, un peu et avec passion, rendant la montagne invisible et fuji-yamaesque.

Il pleut enfin. Cadeau de bien-venue ici. Et je suis ravie de ces eaux. Tombée du ciel j’atterris avec elles ici.

La pluie, les pluies, ramènent les souvenirs. La Normandie d’enfance où il y a plus de jours de pluies que de soleil. Cette ville d’adoption par pur hasard où rien ne m’a jamais retenue sauf, justement, les amis de l’enfance, de l’adolescence et ses suites si vives. Vivre dans un lieu où ta famille n’a aucune racine, c’est une expérience.

Nous cherchions les bois et la mer. Les côtes sont splendides, des bijoux, de la Haute à la Basse Normandie, des écrins de caractères que j’ai toujours aimés. Un charme fou. Et puis le premier amant et compagnon m’a emmené en Bretagne, une autre que celle affectionnée par mes parents. Celle où dormir dans les forêts, pique-niquer sur les plages, se faire avoir par les marées coincés sur les îlots. Une Bretagne d’aventure comme celle de l’amie de St Egarec, une Bretagne d’eau translucide et de rafiots de grands-pères. Une Bretagne d’hiver sous le soleil, des terres de surprises jamais comme on les attend. Aux caprices à prendre comme ils sont à plein bras. Unisson. Des gîtes, des copines, des criques, des homards dans les casiers-de-grand-père, et surtout des rochers. Ceux où l’on saute, on enjambe, une activité apprise dans les rivières corses, une de mes préférées.

La pluie normande est froide. Des années de lycées à être glacée à pied et en bus, entrer dans les salles, tous frigorifiés avec nos parkas humides. Se réfugier dans les troquets, vouloir être libres. S’aimer, tout se dire. Les années de lycée, les plus fortes en amitiés, les plus dures en famille. Le caractère s’éprouve, tout se vit, se crache, se terre, attend son heure ou explose.

Mais la pluie était froide et ici elle est amie, attendue. Une semaine dans la vallée et déjà plusieurs jours de pluies longues, courtes et variées. Je n’avais pas revécu cela depuis les quatre années dans la ville, en  plaine. L’herbe du jardin pousse, les fleurs sauvages atteignent les 80 cms !  Je retrouve le sens de la nature, celle qui impose, qui dicte tes journées et raffole de tes pensées.

 

 

mars 5, 2011

Toi, loin désormais ?

Tu as à portée de mains.

Si tu es en changements, le sauras tu vraiment ?

Il est passé dans ta vie. Tu t’es faite avec lui. Elle t’a donné ses ailes.

Nous sommes traversés par des continents. Et pour nager c’est la fuite en avant.

Je traverse sans comprendre. Mes sentiments.

Sème, sème. Je crois que tu existes encore mais je crois que tu es bel et bien mort. Cet amour, maintenant.

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février 13, 2011

Doux

Il fait doux. Depuis hier, depuis peut être plus longtemps mais il y a cette tendresse dans l’air. C’est drôle comme on n’oublie rien des sensations. Je ne sais pas ce qu’est cette mémoire intime entre nous et l’extérieur. Le temps qu’il fait, ce que cela nous fait, ce qu’il pose sur nous. Ce qu’il offre. Nous sommes des sauterelles fragiles. Repliées, dépliées. Tangibles et invisibles sont nos fils de sauterelles entre les arbres. L’arbre du printemps, celui de l’hiver. Il y a des moments où ils se tissent, nous ouvrent des voies. Je ne fais que ressentir et être surprise. Ce que je dis n’est que du vent.

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janvier 29, 2011

Qui m’anime ?

De ce qui reste un peu tout tu garderas.

Les montagnes et les bras.

Crois- tu en quelque chose ? En cette chose mouvante qui distribue les cartes, les contours. Ta géographie.

Cette sinueuse chose dont tu ne sais le nom. Un coup oui, un coup non. Et qui connaît l’abandon. Puis la reprise. A pic. A pic de toi. Vertical diamant, serments encordés.

Hier tu pleurais et maintenant la rivière est à sa source. Jaillissement, tu te pardonnes. Tous ces moments où tu ne sais pas vivre.

Nous ne tenons à rien, je n’arrive plus à croire à quelque chose de connu. Il n’y a plus de maîtrise. Je suis l’objet de moi. Dans cette carcasse tout est possible. Je ballotte, je tremblote, je révolte, je géant, je rien, je pourtant. Qu’il y-a-t-il de consistant ? Dans une boîte à musique je danse, puis je m’assois pour humer l’air, et puis je me rends. Je me rends à moi-même à bout portant. Encordée entre celles que je suis et qui n’en font qu’à leurs têtes.

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octobre 1, 2010

Liberer le temps. Soi. Même.

S’il ne devait rester qu’un mot dans mon dictionnaire, tu sais que ce serait Liberté. Et le temps qui va avec, le courage, l’envie, l’égoïsme.

Que fais tu de ton temps libre ?

Moi je

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septembre 22, 2010

Gouttes de nuit tombante

Je suis restée à regarder le soleil se coucher longtemps. Immobile je voulais voir chaque couleur se fondre dans la nuit. Et aussi la tache bleue de la piscine du voisin au travers des arbres. Et aussi les lampadaires oranges au pied des petites maisons. Longtemps. Silencieusement. Assise cachée derrière des plantes avec les deux chats attentifs. De l’autre côté, à l’Est, la lune orangée se levait avec un halo de lumière blafarde autour d’elle. Son petit air triste à la Chaplin et sa bouille ronde qui blanchissait. Je viens d’effacer, par erreur,  toutes les photos prises. Je savais bien que ce moment était à part, qu’il fallait ouvrir les yeux jusqu’aux oreilles pour en capter chaque goutte  car qu’il ne reviendrait plus.

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août 24, 2010

Un matin en boucle

Ce matin allongée sur le lit et tu sais que ma fenêtre est ouverte j’ai juste à ouvrir les yeux aussi.

Ce matin j’ai d’abord vu les petits roses chahutant. Illuminés en attendant que ce qu’on appelle le jour, le vrai jour, arrive. Il faut que je te dise que la nuit fut tiède et encombrée de mon corps par ci par là. L’air minutieux, je ne savais pas puis j’ai trouvé des rêves. Je suis partie j’ai traversé l’Atlantique. Puis j’ai changé d’oreiller puis tu te réveilles je ne sais comment. Qu’est ce qui fait que tu ouvres les yeux ?

Toujours est-il qu’au delà des roses de l’aube, le ciel se couvrait redoutant un soleil écrasant. C’était lisse et lent comme une armée de coudes serrés. Je suis restée regarder comment les trous d’un bleu qui avait passé sa nuit là allaient se comporter. Il m’a laissé attendre. Le ciel peut, tu sais. Que j’entende que je vois. J’aurais pu me glisser dans cette faille des beaux jours qu’il me laissait. J’ai regardé les choses douces se faire. Rien n’est fixé, tout est en mouvement et tu ne dois pas lâcher des yeux. Laisser seul un nuage et tu ne sais pas où tu le reverras, ou pas. Ne vas pas dire que tu ne savais pas, ne fais pas l’innocent ni l’innocente.

Faut-il écouter la radio le matin ? En fait c’est ça la question. J’hésite. Avant c’était systématique mais les infos sont devenues tellement banales et prévisibles. Il reste encore une onde audible avec Culture dedans et le nom d’un pays  (quel assemblage problématique d’un divorce permanent ! ),  mais pour le reste…

Quelque chose doit changer, la première c’est toi. Débrouilles-toi. Mais à force de sélectionner et sélectionner et ce que tu lis et et ce que tu écoutes et ce que tu vois, tu vas finir où ? Tu seules avec d’autres. Tu pas. Tu ne sais plus. Le monde qui t’entoure dit-on ? Mis à distance ? Retrouver le lien et les conséquences. Oui il y a toujours des conséquences . Le monde est monde et est le pouvoir. Et il y a le pouvoir et les opportunités. Se redresser, se rétrécir, se camoufler ? Faire à la juste mesure d’un être utile.

Rien ne stagne, quoi que tu ne fasses pas. Rien ne reste à sa place même si tu le crois. Et rien tu ne maîtrises pas. Non plus.

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