Posts tagged ‘Liberté de soi’

mai 22, 2011

Place

Tu es parti et comme je t’aime. Quand tu pars se laisse derrière la distance aimante, la place pour.

La place pour deux se laisse dans notre dos. Deux en même place c’est parfois trop serré pour que l’amour se développe et s’étende. Tout comme en tête. La tête aime l’air.

Tu as changé. Tu as cette capacité que je n’ai pas, de pouvoir radicalement changer de comportement, d’être suffisamment réceptif pour t’adapter à l’autre. Tu as changé. Tu me perçois différemment depuis tout ce que je t’ai dit de moi. Tu m’épates autant que les merles.

Tu es parti et je me retrouve. Du coup tu peux être là, je te fais place, et moi je suis livrée à moi-même. Mon corps s’allonge, s’étire comme un chat. Tous les possibles sont en ronde et me narguent. Feras tu ceci ou cela ?

Tu es parti et je pense à toi.

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avril 13, 2011

Première rencontre

J’ai ramené trois roses, celles qui grimpent sur la facade de la maison. Je crois que c’est de l’églantier. Leur parfum est incroyable, je tombe en pamoison. Une odeur sucrée presque de pêche, une odeur d’eau de roses anciennes.

J’en ai ramené trois mais trois déjà très ouvertes. Elles sont petites et roses. Leurs pétales sont très doux et fragiles. Oui, l’églantine ? Une a laissé ses pétales dans la voiture, je le savais.

J’avais oublié l’appareil photo. Je venais jardiner un peu. Elle n’est pas encore à nous, quelques procédures procédurières à passer. Mai, ou Juin dernier délai.

Mais on vient déjà buissonner, faire maison buissonnière. C’est rigolo.

La maison est une maison de bidouille. Un genre de Gaston Lagaffe aurait mis son nez. Il a plaqué du bois au mur, desfois on voit l’ancien papier peint dans les trous du bois, les planches même se plient, elles ont mal au dos d’être clouées là depuis plus de dix ans.

Je ne connais pas bien l’histoire. La maison a plus de quarante ans. Mais il y a une douzaine d’années je crois que des gens s’y sont amusés. Elle était potière, il lui a fait un coin atelier au fond du garage en bois. Il a construit une terrasse en bois, couverte, dans le petit jardin. Il a installé une salle et une cuisine dans le garage d’origine. Ils y dormaient, les enfants étaient en haut . Il a , là encore, plaqué des grosses planches de bois au mur. Le gars c’est son truc, il pose du bois au mur, comme ça. Rien en dessous. Non, il prend des clous, il prend des planches et il les cloue.

Dans la cuisine du rez de chaussée ( oui, du coup, il reste la petite cuisine d’origine, en haut) il a mis des placards et tout le fourbi, c’est joli. Carrelage bleu foncé outremer ? Bois, etc. Oui mais ces quatre feux là ? On change comment le tuyau de gaz ? Ben on sait pas. Le Gaston il a pas pensé, il a tout enfermé, y’a un trou pour la bouteille dans la buanderie derrière le mur, mais t’as pas accès à l’embout. Pour changer le tuyau il nous faudra casser un fond de son placard. On se marre. Nous qui sommes piètres bricoleurs on se marre.

C’est la maison bidouille. Si elle n’avait pas déjà un joli nom inscrit sur une céramique de la potière, à côté de la boite aux lettres, on l’aurait nommée  » Bidouille » ou « Bleu roses ». Bleus les volets, roses les églantines parfumées.

L’actuelle propriétaire est arrivée après la famille « Potière et Gaston ». Elle a vécu à peine deux ans là, elle n’a rien fait, rien touché, elle a juste pris soin de. Et depuis cinq ans elle a déserté. Une histoire d’amour et de projet de chambres d’hôtes en montagne avec son nouveau fiancé. La retraite finalement, a réservé ses surprises !

Alors depuis plus de quatre ans la maison attend. Des nouveaux Gaston-la-débrouille. Qu’on la chatouille, qu’on la cajole un peu. Elle a eu très froid. Mais les oiseaux se sont installés dans les arbres. Merles et moineaux. Tout à l’heure, dans le cerisier sauvage , grande discussion. Voix tonitruante hautement perchée entre ces ménestrels. Une histoire de territoire ? Une histoire de nouveaux habitants ? Une fille qui remue la terre là devant ? Un gars qui répare une gouttière là derrière ? Qui sont ces gens ?

La maison, elle montrait ses dents, ses fesses et ses jupons. On lui a soulevé la moquette pour qu’elle dévoile son vieux parquet. J’ai coupé de la mélisse et la sauge est chez elle. J’ai pris trois églantines dans leur fouillis grimpant. Elles attaquent le balcon de ce qui sera mon atelier. Celui dont je rêve depuis une vingtaine d’années.

Et les lauriers le long du mur devant, le mur de Gaston, ils ont l’air malades. Je suis allée les voir. On ne sait pas encore comment on va s’en sortir eux et moi, on verra.

Ce n’est pas une maison qui nous a parlé tout de suite. On ne comprenait pas bien son tempérament, personne ne nous disait son histoire d’abandon ni celle de Gaston. La propriétaire n’était pas très franche et on la sentait radine, elle déplumait la maison du peu qu’elle y avait mis, elle. On a alors compris, au bout de la troisième visite, qu’on revenait en arrière, qu’on récupérerait, au fond, la maison de La potière et Gaston et qu’il faudrait relever le défi. Et en rire. Pour s’amuser, sur tout.

Rosa rugosa, dit Virginie. Qui dit mieux ? Son rose est très rose mais c’est surtout son parfum qui est fou.

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février 6, 2011

Baguette magique

Parfois la vie est comme un conte de fée. Il n’y a sans doute rien à en faire. Juste se laisser pénétrer de l’existence à foison. Parfois toute une gamme de possibles se lève au grand jour. Il n’y a sans doute rien de plus à vivre puisque, touchée du doigt, la chance se met à vibrer. De partout.

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février 3, 2011

Il y a des jours

Il y a des jours ou peut être même des semaines. Oui j’ai l’impression qu’un jour ne me suffit jamais pour marquer la page de ce livre. Ce livre que je n’écris pas, qui s’écrit tout seul. Il suffit sans doute de l’ouvrir un jour pour qu’il te raconte. Les pages se tournent sans les mains, parfois sans les yeux car je suis aveugle souvent.

Hier dans ma boîte aux lettres un simple objet qu’on nomme enveloppe. Cette enveloppe vient du notaire. Celui qui depuis trois ans se débat avec frère et soeurs, surtout le frère et la soeur. Parce que moi, loin, j’ai écrit il y a trois ans Faites, faites, moi je veux juste la séparation totale des biens. Le reste, je m’en fous.

Done. Did, fait, la preuve par quatre : ce chèque, ma « soulte » comme ils disent, j’aurais au moins appris un mot.

Fait. Dit. Executé. Après une volonté têtue, une profonde certitude et tout simplement l’impossibilité d’en être autrement. Moi, en être autrement. Je n’aurais pas pu. Voilà la fin, voilà le commencement. Trois années de souffrance  après six années de fin de vie en démence d’une mère qui ne savait plus par quel bout mourir et a attendu son frère, morte 24heures après lui, enfin. Puis le début de la fin des déchirements et la violence puissante entre nous trois. Les restants. Les restants, la progéniture. Trois entités débordantes, pétris de douleur, d’enfance sans commune mesure entre nous. Incapable de communiquer calmement sur les choses principales, les familiales. Trop. Trop de. Tout. Mélangé. Des volcans. Autant de vides que de pleins. Il fallait trancher. J’ai. Pris le couteau, ma mère aimait les beaux couteaux, et coupé ferme avec mes mots , par écrit, bien sûr. Même une rencontre était impossible, physiquement impossible pour moi. Après les cendres au Père Lachaise, il ne restait que les écrits pour dire. Mon corps porte encore l’explosion de ce que nous avons vécu, de nos affrontements devant un cercueil, devant les cendres répandues. J’étais partie seule après la cérémonie, pris le bus du Paris que j’aime et qu’elle adorait, et je ne pouvais plus les revoir, pas tant que nous n’ayions coupé en tranche le matériel, les choses et les murs,  et donné sa part à chacun.

Trois ans à le dire , sans démordre, malgré menaces affectives, lettres et coups de fil. Je sais dire non, j’avoue, c’est quelque chose que je sais dire et quand je le dis je le pense avec tout mon être. Ce n’est pas que cela me fasse plaisir, c’est souvent une question de survie pour moi, physiquement compris, mais cela personne ne peut le savoir ni le comprendre. Personne ne sait ce que mon être ressent et comment il me le fait savoir. J’ai un problème entre mon corps et mon âme et mon esprit : ils sont soudés, siamois, il n’y a pas de frontières entre eux. C’est un handicap, une sensibilité qui fait de moi son esclave et sa reine. Alors quand je décide de quitter, de me séparer de quelque chose ou de quelqu’un, c’est une fuite, une survie, je suis en apnée, je ne peux plus respirer, je pleure, je tremble, je suis malade physiquement, mon cerveau est mou et fout le camp, je suis l’ombre de moi-même, alors je dois partir, laisser, m’éloigner. Dans le même temps je suis extra-lucide, affûtée sur ma cible, la cible c’est moi, et je sais très bien où je ne dois pas , ou plus, aller.

Je n’ai pas grandi. Je n’ai rien appris. Je suis immatûre, totalement. C’est ainsi. Ou bien je suis un tout, un genre de chimpanzé resté dans son arbre et qui veut juste qu’on lui foute la paix. T’as pas des bananes ?

Oyé ! Oyé !!

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janvier 15, 2011

Le monde est au dehors

Le monde est au dehors. Qu’est ce que je fous à rester chez moi ?

Je suis dans un troquet très joli. Vieilles chaises et fauteuils tapissés, bibelots relookés, lustres rococo, le tout dans des teintes pastels de gris, vert pâle, rouille, ocre, avec petits tableaux et grands miroirs en dorures écaillées. Des femmes parlent haut et fort, on entend qu’elles. Elles sont commerçantes dans la rue piétonne, les boutiques vont ouvrir, fringues, chaussures de marque. Elles ont pris la table près de la baie vitrée , table basse et fauteuils autour, près du bar. Elles connaissent la patronne.

Je me suis mise au fond. Plaque de marbre et pieds en fer forgé, bougie sur la table, meuble de récupération à côté, avec tiroirs à grosses poignées de cuivre. J’ai acheté un journal, avec son supplément « Livres ». Boudiou ça faisait longtemps ! J’ai bu mon café, je l’ai même sucré et j’ai mangé un croissant, dévoré, même, gros et beurré. C’est l’aventure, ce sont des retrouvailles.

Le ciel d’hiver craque sous le soleil, un peu brumeux, il est presque dix heures du matin. Le Monde est dehors, le Monde n’est pas dedans, pas dans ma maison où tout finit par se rapetisser et se rapiécer, maladroitement ces derniers temps.

Tiens, je vois passer cette femme aveugle et son chien. Jolie, toujours pimpante, habillée de couleurs et de tissus qui flottent, elle marche droite, sûre, partout où je la croise. Rues, magasins, marché. Elle semble totalement libre de ses pas comme si c’était son chien qui la suivait et non le contraire. Elle a des yeux quelque part, je ne sais où, elle a beaucoup plus que moi. Elle a un cabinet de kiné, elle m’épate. Elle sait, elle, que le monde est dehors et elle y va avec ses grands pas. Elle est grande, légère, agile. Tiens, elle a encore changé la couleur de ses cheveux courts. Parfois je lui dis bonjour, parfois une caresse au chien si doux et si intelligent.

Elle passe, elle est déjà partie loin. Je regarde le dehors. Devant moi les deux sièges Louis quelque chose, ils sont marrants. Dos sculptés finement, tissu à matelas saumon à grandes fleurs passées. Passées.

La vie est au dehors et dans ce troquet. Sortir de chez moi. Je me suis oubliée à l’intérieur depuis trop longtemps.J’avais perdu le goût. Je m’étais fait mal, en 2009 j’avais dû partir plus tôt de chez une amie très chère. Coupé le doigt dans un mixer un jour de fête des mères. Il y a des dates qui ne pardonnent pas. Malaise global, sur toute la ligne, incompatibilité de tout, de tout ceux qui m’aimaient de loin.  J’étais handicapée. J’étais apeurée, je me couvais comme je pouvais. Bientôt deux ans de cela et je commence tout juste à me servir normalement de ce doigt accidenté. Et je commence à pouvoir aller.

2011. Autre jour. Le jour dit, ce jour, retrouvailles avec celle de moi laissée loin là-bas. Je suis enfin seule dans un beau café comme j’aime. Avec un journal, avec le Monde dedans et dehors que je vois et qui me voit. J’écris ces lignes sur une pochette en papier et il n’y a plus de place, le papier est noirci et ravi, comme moi. Dehors le monde dit, m’attendait, me retrouve.

En payant, je discute avec la patronne, je lui dis : Je viens de retrouver ce plaisir, ici. Je reviendrai.

janvier 9, 2011

Passagère

Un sac, un quai. Autour d’elle le tout défile dans ses cheveux. Elle se rappelle et elle oublie.

Un sac, une rue, un bus traverse une ville. Derrière se posent les ponts entre ses années.

Un sac, des escaliers, les uns descendent les autres montent. Tous au même endroit et elle, elle pose pied là où elle ne s’attend pas.

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janvier 1, 2011

Faire ce qu’on aime

décembre 7, 2010

Ecrire ensemble

Ecrire ensemble une histoire, une histoire un peu folle.

Avoir chacun un personnage à faire vivre et avoir un « pilote dans l’avion », c’est à dire un Chef de Gang qui recueille nos textes à foison et les trie, les range, les garde au chaud dans les bons tiroirs parce que cette personne a une vision à long terme et gère toute la pagaille engendrée par des auteurs qui inventent au fur et à mesure.

Cette personne c’est Lise. Elle a ouvert un blog avec un projet d’écriture 2011. Elle a créé un synopsis et une trame de personnages. C’est ouvert à tous.

Il y a encore de la place,  (RECTIF du 11/12, comme l’indique le commentaire de Lise, il n’y a plus de place…) et c’est un lieu où l’ouverture et la créativité peuvent prendre des ailes.

C’est là

ensemble2011

Les textes sont mis en privé, donc c’est juste un coup d’oeil frustrant que tu peux avoir si tu vas sur ce blog. Mais si tu sens des frémissements et une folle envie de participer ( il faut un gros brin de folie, je te le dis) alors il faut écrire à la Patronne, Lise : lise.genz@yahoo.com.. Il faudra attendre la suite de nos aventures , hi hi !

Voilà, c’est dit. Pour ma part c’est le troisième blog participatif dans lequel j’embarque et pour moi c’était pile poil le moment, l’heure, le jour, l’année, la seconde. A chaque étape l’envie d’écrire se vérifie et ça bouge, ça se renforce et j’apprends énormément.

Découvrir et apprendre sont les moteurs de mon envie de vivre, alors. OUI.

novembre 25, 2010

Tiens

Ce soir je m’endors sur des idées simples.

Je m’endormirai

Vogue l’âme

 

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octobre 25, 2010

Rêve de castor

La photo est comme ça, avec ce vieux rose là. De l’autre côté il y a ma grand-mère paternelle sur un poney, un ranch avec véranda derrière, l’arrière-grand père, Alfred, sur le côté.  (C’est dingue comme mon frère lui ressemble !) .Petit, roublard, moustache, mort à New York dans des circonstances de moi inconnues. Qu’il vaut peut être mieux ne pas connaître ? Laissant sa famille, et sa tripotée de filles, au Québec, avec sa femme Gabrielle ?

Au bord des grands lacs alors, tu développeras cette photo. 120 années plus tard une femme dont tu ne peux pas soupçonner l’existence, la gardera précieusement, l’emmenant partout où elle habite.

Mon père rêvait d’aller s’installer en Amérique du Nord. Il aurait tant aimé, disait ma mère, regrettant de lui avoir un peu coupé l’herbe sous le pied.

Tant aimé rejoindre le pays de sa mère.  Fille de la tripotée, elle avait dû se marier avec son cousin français. Et toute sa vie de penser à ses sept soeurs et à son pays laissé derrière.

Un jour au bord des grands lacs j’irai à Bay City, une horrible ville industrielle aujourd’hui. Je fermerai les yeux, je chercherai ce bâtiment rose, celui de la photo. Plus loin dans les étangs, je me ferai castor, à l’embouchure d’une rivière. Les lacs sont grands comme une mer. Porté par les courants je nagerai sur le dos,  le ventre gavé de poissons frais. Chercher du bois, creuser son nid, sortir la nuit loin des hommes. La belle vie pour une vie.

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octobre 1, 2010

Liberer le temps. Soi. Même.

S’il ne devait rester qu’un mot dans mon dictionnaire, tu sais que ce serait Liberté. Et le temps qui va avec, le courage, l’envie, l’égoïsme.

Que fais tu de ton temps libre ?

Moi je

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