Posts tagged ‘photos’

octobre 25, 2010

Rêve de castor

La photo est comme ça, avec ce vieux rose là. De l’autre côté il y a ma grand-mère paternelle sur un poney, un ranch avec véranda derrière, l’arrière-grand père, Alfred, sur le côté.  (C’est dingue comme mon frère lui ressemble !) .Petit, roublard, moustache, mort à New York dans des circonstances de moi inconnues. Qu’il vaut peut être mieux ne pas connaître ? Laissant sa famille, et sa tripotée de filles, au Québec, avec sa femme Gabrielle ?

Au bord des grands lacs alors, tu développeras cette photo. 120 années plus tard une femme dont tu ne peux pas soupçonner l’existence, la gardera précieusement, l’emmenant partout où elle habite.

Mon père rêvait d’aller s’installer en Amérique du Nord. Il aurait tant aimé, disait ma mère, regrettant de lui avoir un peu coupé l’herbe sous le pied.

Tant aimé rejoindre le pays de sa mère.  Fille de la tripotée, elle avait dû se marier avec son cousin français. Et toute sa vie de penser à ses sept soeurs et à son pays laissé derrière.

Un jour au bord des grands lacs j’irai à Bay City, une horrible ville industrielle aujourd’hui. Je fermerai les yeux, je chercherai ce bâtiment rose, celui de la photo. Plus loin dans les étangs, je me ferai castor, à l’embouchure d’une rivière. Les lacs sont grands comme une mer. Porté par les courants je nagerai sur le dos,  le ventre gavé de poissons frais. Chercher du bois, creuser son nid, sortir la nuit loin des hommes. La belle vie pour une vie.

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octobre 1, 2010

Liberer le temps. Soi. Même.

S’il ne devait rester qu’un mot dans mon dictionnaire, tu sais que ce serait Liberté. Et le temps qui va avec, le courage, l’envie, l’égoïsme.

Que fais tu de ton temps libre ?

Moi je

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août 6, 2010

Fiancée des nuages ?

Cela a commencé hier soir. Comme ça.

Je suis amoureuse des nuages et déjà hier avant qu’ils ne se couchent, nous avions ce rendez-vous. Mais bien sûr, je ne soupçonnais rien.

Un rendez-vous jamais comme un autre, bien sûr. Mais je ne savais pas que le lendemain serait ce lendemain. Ce serait aujourd’hui et la lune me tirerait du lit, de bonne grâce. Je suis consentante.

Pas encore six heures mais le coeur est debout. Le corps doit suivre. Encore un rendez-vous amoureux avec le jour.

Je me sens invincible et il y a une pureté incroyable dans l’atmosphère. Les oiseaux piaillent comme au printemps. Rien n’est comme hier.

La lune s’accroche, elle a pris possession du ciel qu’il soit noir, bleu ou gris. Aucune couleur, même le rose ou le blanc, ne change son regard. Sa présence. Elle est totalement là ce matin. Et moi je me sens totalement partout. Elargie. Aimante.

Au moment où je t’écris il y a encore un filet de lune en l’air et le soleil est rond, encore bas, mais je te dis qu’il est sûr de ce qu’il fait. Pas un nuages. Les bruits sont suspendus. Les oiseaux essayent encore.

L’amour est passé, il a traversé la nuit pour arriver à l’aube. Il y avait cette puissance que la vie réclame et parfois tu ne vois rien. On ne doit pas aimer les personnes. On doit aimer leurs forêts, leurs océans.

Ce matin pour toi. Je voulais te le dire.

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août 3, 2010

Destina-terre

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Un peu plus loin des chèvres au bout du chemin et c’est tout.

C’est tout.

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juin 22, 2010

Evasion d’être

juin 16, 2010

Le silence, les yeux, le coeur

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mai 25, 2010

C’est comme cela, tu le sauras.

En fait c’est assez simple.

Tu es sur le porte bagages et tu ne le savais pas.

Il n’y a rien de connu autour mais tu es chez toi.

Non, ce n’est pas très confortable mais le chemin est de terre.

Pas de goudron pour ton voyage. Des plumes, c’est tout ce que tu auras.

Tu as les pieds en l’air qui chahutent. Nus.

Le fossé d’un côté et pas mal d’eau en prime si tu plonges.

Eaux boueuses, ne compte pas dessus, ne compte pas aller loin par là.

Les petits soubresauts tu t’y habitues. Les jambes se balancent, la tête ne demande rien. C’est bien. La vie continue.

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mai 20, 2010

Et d’un de tout entier maintenant

Et une et deux et mille

Dans le mille

Nous sommes toujours dedans

Au coeur, la cible

Sera, mille fois

Cela fait un tout, une ligne, cette moisson

Je te remercie aujourd’hui

Je suis rassemblée de ces mille et une années, de ces milliers de baisers, de ces milliards de courriers, de tes mots qui m’aimaient.

Se retrouvent aujourd’hui dans mon présent. Plantés, récoltes fleuraisons.

Avancée. Bien. Avancée.

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mai 17, 2010

Une photo

Il faudrait que je te mette une photo. Tiens, mais quoi ? Que dirait-elle ? Une photo ne dit rien en elle, c’est toi qui vois. Toi qui vois, toi qui dis, relie, la place quelque part ou pas, dans ta propre vie.

Je te mettrai cette photo, celle des cars qui emmènent des gens qui sont bringuebalés. Un séjour plus où moins long dans un camp où se réfugier et gagner un statut, un droit, une aumône. Puis des papiers, un visa et puis une route.

Une route. D’abord grimper sur le toit ficeler des bagages de guingois. Les cordes, les fermetures éclairs déjà éclatées. Quitter sa zone de  survie, pour en retrouver une autre. Une nouvelle génération dans les bras. Qui un jour ne saura sans doute plus où a commencé son histoire. Ou bien refera le trajet, pour voir.

De gré ou de force l’assemblage se fait par coups de ruptures et de distances jamais égales, jamais justes. L’écorce penche. Autour, un mouvement change tout.  Tout. Toi, tu n’es pas spectateur, ce que tu vois entre directement dans ta matrice et transforme chaque pièce de ton engrenage.

Un mot que j’aime pour le dire :

Traversée.

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mai 13, 2010

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mai 10, 2010

mai 5, 2010

Survival

Six mois après ma naissance j’ai cru qu’il fallait mourir. Après tout ?…J’avais sans doute saisi l’ampleur de la tâche, du désastre, et le problème insoluble de la durée.

Chez moi, quand on voulait du revigorant, on allait en Bretagne au lieu de l’île de beauté maternelle. Au moins pour s’assurer une bonne cure iodée et pas trop de chaleur accablante.

J’ai donc vu la Bretagne à six mois. J’ai senti les embruns et les algues. J’ai décidé d’arrêter de déconner et de foutre la trouille à mes parents. Des fois, très tôt, il faut savoir faire semblant.

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mai 5, 2010

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mai 3, 2010

Ambiance tamisée

Le tamis de mes envies est mon ami.

Tu crois que ça ne bouge pas ?

Canard à contre-courant pagayant en dedans.

En dessous palmes agitées tricotent leurs idées sous-marines.

Restons dilués tant qu’il est temps.

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avril 30, 2010