Archive for mai, 2010

mai 28, 2010

En plan te prends pas la tête

Premier degré

Deuxième degré

Troisième degré

Tournez la page, reprendre le coin de gauche

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Laissez filer

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Plusieurs degrés à l’ombre de l’improbable, passez au ras de la réalité

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Laissez endiguer, ne pas s’y arrêter, reprendre la quatrième au croisement indiqué

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Passez.
Merci, passez, c’est assez.

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Pour le moment Plume D’Hi part ailleurs se reposer.
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mai 28, 2010

L’esquif de le dire

Ma soeur n’était pas ma soeur. D’ailleurs je me suis toujours demandé si j’étais bien de leur famille.

Petite fille de huit ans je me souviens très bien m’être sérieusement posé la question en me regardant dans le miroir de l’ascenseur de cet immeuble neuf où nous allions vivre.

Ces miroirs dans les ascenseurs…

Nous avions quitté cette maison et mon jardin-refuge. Arrivée là à deux ans, c’est ce jardin qui m’a faite. Fait pour moi, j’étais la seule à y régner.  C’est lui qui m’a appris à assurer la marche, mon pas, à courir, à me rouler dans l’herbe et me nicher dedans. Le quitter fut mon premier grand chagrin de vivre. Les deux autres, adolescents, étaient déjà loin, aussi loin que possible des parents, et la nature n’a jamais été leur truc.

Nous sommes radicalement différents et nous ne sommes pas de la même famille. Je pense qu’il y a des enfants O.V.N.I. Ils ont atterri là , cela aurait pu se faire tout à fait ailleurs. Il faut faire avec, s’adapter, essayer d’être discret et leur ressembler tout de même, à ceux là qui t’ont mis au monde, pour ne pas créer trop de gêne.

Pourtant dans le miroir de l’ascenseur j’avais en tête les yeux bleus-gris de ma soeur et je me disais que nous étions trop différentes et que de soeurs nous n’avions que l’appellation.

Ma soeur n’était pas ma soeur. Mon frère voulait absolument être mon frère. Une obsession depuis ma naissance. Mais je me suis vite méfiée. Devenue jeune femme j’ai tout fait pour le repousser, le fuir. Car c’est avant tout un possédant machiste. Redoutable et redoutablement violent. Mes antennes de femme faisaient des vrilles et la violence je suis née dedans, en sortir est mon combat quotidien. La violence psychique, mentale, les passages en force.

Une famille au forceps qui ne te veut pas que du bien.

Je suis dans une position de solitaire d’une course au grand large. Enfin ils n’essaient plus de me retenir, enfin je n’essaie plus. Je verrai peut être le bout et ce sera une délivrance, autant qu’une souffrance enfin à nue, éclairée, nouvelle.

Mon nom, le soit-disant nôtre, n’apparaîtra plus nulle part dans aucune preuve légale, familiale et officielle et tout cela signé et approuvé en bonne et dû forme par nous trois. Les enfants qui règlent les comptes de leurs parents décédés.

Bien sûr ils ont été gentils, très, souvent. En leur sein et leur abri me garder, me retenir. Ils peuvent m’être utiles mais nous n’avons rien en commun. Je n’ai plus de parents et je n’ai pas de soeur et pas de frère et je le mets noir sur blanc, Monsieur le Notaire, oui, rien en commun, notez-le bien.

Ils n’ont jamais ressemblé à une communion fraternelle et libre. Rien de ce qui ferait du bien. Je ne leur ai jamais dit car ils ne comprendraient rien et m’ont trop peu connue et jamais comprise.

Aujourd’hui leur plus belle phrase  pour me qualifier est  » Elle est sur une autre planète » ou « Elle est trop égoïste ». Je me dépeins ainsi pour les arranger. Une grande malade psy qui se fait soigner et une caractérielle qui n’en fait qu’à sa tête. J’ai choisi précisément les critères qui les fait fuir , comme je le veux.

Et l’ O.V.N.I en moi jouit, enfin, à ciel ouvert.

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mai 27, 2010

Patraque enfin m(o)uette ?

Quatre jours sans moi. J’ai passé quatre jours sans moi. La tête dans le coton. Fièvre et tutti quanti. L’avantage est que je ne pouvais plus parler. C’est toujours une expérience qui m’intéresse. Cela change beaucoup de choses, cela impose de regarder et d’écouter.

Je n’étais pas très étonnée de flancher un peu et me poser sur le bas côté. Il faut toujours au corps un temps de décalage. Il fait face quand tu patauges dans la gadoue, il tient bon sur le coup. Après il part en scoubidoux. Enfin, le mien.

J’entretiens un rapport intime avec mon physique. C’est assez embarrassant car il n’y a pas de frontières entre mon psychisme et mon physique. C’est un tout, un gros tout de tout ensemble ou rien du tout. Alors quand je suis malade, ma vie change du tout au tout. Je me deviens impossible, mon esprit n’est plus alimenté par cette folie douce d’espérer. La tête ne tourne pas du bon côté et la face sombre s’élargit pour me tordre le cou.

Heureusement là j’étais réduite au silence, ce qui m’a beaucoup apporté. J’aime ces moments inattendus où ça te tombe dessus. La barque se retourne complétement tout en restant à la surface, si possible. Et tu te dis  » Bon, j’ai déconné, mais où ? ».

Moi je sais où et comment. Symptômes patents d’énervements, envie de colères monstres et de gueuler à travers les murs et de préférences pour des conneries. Manque de souffle et de soi, pas fait de yoga depuis l’hiver, agitation pathologique intérieure tout en n’en faisant pas tant que cela extérieurement. Du grand n’importe quoi. En prime je me suis chopé tous les vents, les courants d’air, les chauds et froids et un brin d’autisme familial réfrigérant.

J’ai fait ma crise islandaise, celle du volcan. Du coup j’ai été interdite de séjour partout sauf dans ma chaise longue.

Je vais renaître de mes cendres. Et dans tout cela y’en a toujours un qui est content, c’est l’animal à quatre pattes qui sait, lui, se la couler douce 18 heures sur 24. Mon Maître zen de référence.

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mai 26, 2010

Nos pensées

Nous pensons les uns aux autres. C’est comme un fil tendu au dessus de rien.

Certains se rejoignent. Je le sais. Même ceux qui ne savent pas. D’une infime quantité de nous se répand dans l’atmosphère. Et fait son affaire avec nos intensités, nos intenses légèretés. C’est là l’essentiel de nos vies. Le reste fait son cinéma avec des apparences. Bien sûr certains y croient et puis il faut bien se remuer un peu les popotins.

Pas de panique, y’a pas le feu. Dans l’air tous les adieux se marrent, nous regardant pédaler comme des petits vieux.

Non, tous nous vagabondons. Vagabond est un mot merveilleux. Je l’ai accroché à ma veste depuis quelques années, comme un ami trouvé, un bijou acheté chez l’antiquaire qui ne savait me dire d’où il venait. Je l’aime en anglais avec ses collines sous la langue. Je viens de vérifier le « d » au bout. Je me demandais pourquoi pas « bon » tout simplement. Une belle fin pour ce mot que j’aime. Ce mot qui contient la peine sur le chemin, l’abandon et la tenacité. De celui qui ne se prendra plus au sérieux et ira vagabonder.

Endors-toi avec lui sous ton oreiller et tu vas voir comment il va te faire. Dans cette atmosphère alors nos pensées ne sont que vagabondes. Elles ont le dos rond et flottent, sans aucun doute. S’étirent, font ce qu’elles veulent, se croisent et se racontent.

Se frôlent le plus souvent, car pour le reste elles ont tout le temps.

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mai 26, 2010

Un jour

Sans se retourner, parce que devant il faudra bien qu’il reste quelque chose.

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mai 26, 2010

L’éternité danse

Danser

Danser encore

Danser devant, danser hors.

Loin, dégagée

Danser sans fin

Libre de t’aimer

Se regarder, rouler, virer

Perdre la tête, fermer les yeux

Les rouvrir

Danse, conquête de l’espace, de l’éternité

Danser juste devrait suffire, il n’y aurait pas d’autre vie que danser.

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mai 25, 2010

C’est comme cela, tu le sauras.

En fait c’est assez simple.

Tu es sur le porte bagages et tu ne le savais pas.

Il n’y a rien de connu autour mais tu es chez toi.

Non, ce n’est pas très confortable mais le chemin est de terre.

Pas de goudron pour ton voyage. Des plumes, c’est tout ce que tu auras.

Tu as les pieds en l’air qui chahutent. Nus.

Le fossé d’un côté et pas mal d’eau en prime si tu plonges.

Eaux boueuses, ne compte pas dessus, ne compte pas aller loin par là.

Les petits soubresauts tu t’y habitues. Les jambes se balancent, la tête ne demande rien. C’est bien. La vie continue.

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mai 23, 2010

Rêve d’une italienne nation sur un ponton ?

Mon cas s’aggrave.

Cette nuit j’étais en Italie dans une probable Venise. J’allais sur une des îles, qui finalement était comme un immense ponton. Là étaient les locaux des Nations Unies. Du moins ce qu’il en restait. Un genre de vitrine-musée. Des bureaux et des salles d’exposition.

Il y avait tout de même des personnes se prenant au sérieux qui se réunissaient par ci par là. Moi j’errais dans les escaliers somptueux, faisant ma blasée et ironisant sur mes anciens collègues et financeurs, aujourd’hui tous corrompus. Sur cet îlot-ponton à peine surnageant.

N’attendant qu’une prochaine pluie diluvienne pour couler avec la Sérénissime.

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mai 21, 2010

Un bouquet, réglement des comptes.

Lundi après-midi je cueille sur les trottoirs des fleurs jaunes et des pâquerettes. Des fleurs de ville assurément et de ces choses qui m’émeuvent car elles vivent et je leur tire mon chapeau d’exister coûte que coûte là. Entre deux graviers, entre du bitume, le long d’un mur, sur le moindre creux de pierre.

J’amène ce petit bouquet dans le bureau de ma collègue ( un peu chef mais surtout adorable). Moi je ne suis plus chef et je n’ai pas de bureau, c’est fini ces conneries. Elle est ravie. C’est le genre qui n’a même pas un sachet de thé dans son tiroir, ni un bonbon, ni un petit fruit sec pour les réunionites aigües, c’est vous dire…Mais elle est vraiment cool et on lui amène du ravitaillement quand il faut pour qu’elle le reste…

C’est donc lundi. Hier, jeudi aprem, en partant, je vois dans la poubelle de son foutu bureau, là devant la porte, le petit bouquet. Les fleurs-clodo-sdf me regardent guillerettes, bien droites, en vie. Je prends le bouquet , le serre dans mes mains et la regarde en souriant.

Ben il était tout sec , qu’elle dit , un peu confuse

Ben chez moi, sur le balcon, il va finir sa vie, que je lui dis en rigolant.

Je ris mais j’ai pas envie. Je ris souvent quand je veux mettre le masque et que je trouve la personne en face complètement à la masse ou que je ne veux pas lui parler, c’est pas la peine des fois de parler n’est ce pas ?

Et je pars avec ce petit chose jaune et blanc dans ma main qui me sourit. On est du même monde tous les deux. Des rescapés, des qui en veulent jusqu’au bout. Pour moi la vie est partout et je suis la vie dans chaque brin d’herbe. Même parfois je suis dans ta tête aussi.

Chaque heure, chaque jour, je suis entourée de gens que je ne comprends pas et qui ne voient pas du tout qui je suis, qui ne me comprennent pas non plus. Je dis des choses, je fais, je parle avec les mains et des mimiques, et eux font des têtes de niais qui ont rencontré une niaise.

Je suis barje, tu sais. Je suis spéciale, faut pas t’inquiéter. Ne fais pas attention à ce que je dis. Sont mes phrases de protection. Pour me protéger du monde et de ceux qui vivent à l’abri.

Car je suppose qu’ils sont à l’abri, plus que moi. A l’abri de ces milliers de sensations vertigineuses. A l’abri de la nature, qui , sans doute, ne leur rentre pas dedans. Je suppose qu’ils ne sont pas fleur quand ils voient une fleur, je suppose qu’ils ne souffrent pas physiquement quand on abat un arbre ancestral, je suppose qu’un pissenlit sur un mur ne les rend pas heureux pour la journée, je suppose qu’ils jettent des bouquets de fleurs dans les poubelles sans même se retourner, sans un mot ni une pensée.

Je les envie parfois. Ce serait sans doute plus confortable d’être protégé ainsi de toute vibration. Par exemple, de ne pas sentir physiquement, en dedans, une blessure physique, la souffrance d’un être et de son corps, quand tu le touches, caresses sa blessure et la masses.

Par exemple, ne pas parler à tout être vivant, végétal, animal ou minéral. Juste parler aux humains, cette caste supérieure et rationalisante. Pouah. Quel drôle de monde ce serait là. Ce n’est pas le mien. Mais je leur pardonne parfois en me souvenant qu’à 30 ans par exemple, il y a des lustres, j’étais beaucoup moins atteinte qu’aujourd’hui. Il te faut des grosses tuiles pour devenir comme je suis.

Une amie me parle des symptômes de son enfant légèrement autiste. Il ne peut pas retirer ses chaussures chez quelqu’un, il entre en crise. Il y a des maisons dans lesquelles il ne peut aller, il est en crise dans la voiture, il ne peut en sortir. Je ne vois pas où est le problème. Enfant j’étais souvent comme cela, sauf que je ne crisais pas trop. J’essayais d’esquiver. Parfois je pleurais, parfois je me sentais mal, souvent je me réfugiais dans la solitude qui me comblait.

Une chose qui paraissait moindre me paraissait énorme, capitale. Il n’y a pas de détails quand tu es petit, tout est symbole, tout est toi, tout te relie au monde extérieur d’une façon que tu essaies de gouverner et de comprendre tout en étant débordé de tous les côtés.

Quand mes grands-parents ( adorables) venaient nous voir, je ne supportais pas leur venue. Une intrusion, une poche d’affect qui se perçait, il fallait écoper et il fallait faire face sans s’effondrer. Je courais dans ma chambre me rassembler, vérifier que j’étais et serai intacte, puis je pouvais accepter leurs baisers et leur besoin de mon amour.

Quand tu es enfant tu essaies de te formater car tu saisis vite l’ampleur du désastre si tu choisis la différence. L’école est le moule suprême après la famille. Tu fais bonne figure, tu montes au créneau et tu vis, tu socialises et tu mets un mouchoir sur trop de sensibilités qui seraient qualifiées de sensibleries pathologiques. Tu piges très vite les enjeux.

Rester dans le système. Plaire à tes parents sans être trop anormal. Avoir des copains. Et puis heureusement l’adolescence t’invite à crever les yeux à ces petits cons, à partir en live,  à expulser un peu du formatage et s’envoyer en l’air un moment. Le plus possible, le plus longtemps.

Différent ? Différence ? Arrive un jour où tu en as pris trop dans les mollets, dans les genoux et dans le ciboulot. Plus de la moitié de la vie derrière toi. Si tu as de la chance, il te reste 10 ou 20 années en santé correcte. Tu décides que le petit jeu a assez duré. Tu es différent. Point.

Tu portes le masque au dehors. Tu souris quand ils te font peine à voir et à entendre.

Tu me fais rigoler, me dit-on, Ah tu me fais marrer ! Et moi j’ai envie de te foutre une bègne bien trempée, figures toi. Tu me trouves bien rigolote, tu me trouves excentrique, moi je te trouve pas trop bien centré(e) et rire c’est mieux que te le dire, figures toi.

Et rire c’est mieux que te dire qui je suis.

Car sinon tu vas te décomposer, petit pissenlit qui ne sait pas , non qui ne sait pas pousser sur les graviers, toi. Fais moi plaisir, ferme-là.

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mai 20, 2010

De nous l’éternellement

Dans ce lieu nous perdrons la mémoire pendant un bon bout de temps.

Tellement qu’on ne saura plus ce qu’il y avait avant.

Tellement qu’évaporés, tellement qu’un futur vaudra un passé.

Tellement qu’au présent, pour toujours, nous serons restitués.

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mai 20, 2010

Et d’un de tout entier maintenant

Et une et deux et mille

Dans le mille

Nous sommes toujours dedans

Au coeur, la cible

Sera, mille fois

Cela fait un tout, une ligne, cette moisson

Je te remercie aujourd’hui

Je suis rassemblée de ces mille et une années, de ces milliers de baisers, de ces milliards de courriers, de tes mots qui m’aimaient.

Se retrouvent aujourd’hui dans mon présent. Plantés, récoltes fleuraisons.

Avancée. Bien. Avancée.

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mai 17, 2010

Une photo

Il faudrait que je te mette une photo. Tiens, mais quoi ? Que dirait-elle ? Une photo ne dit rien en elle, c’est toi qui vois. Toi qui vois, toi qui dis, relie, la place quelque part ou pas, dans ta propre vie.

Je te mettrai cette photo, celle des cars qui emmènent des gens qui sont bringuebalés. Un séjour plus où moins long dans un camp où se réfugier et gagner un statut, un droit, une aumône. Puis des papiers, un visa et puis une route.

Une route. D’abord grimper sur le toit ficeler des bagages de guingois. Les cordes, les fermetures éclairs déjà éclatées. Quitter sa zone de  survie, pour en retrouver une autre. Une nouvelle génération dans les bras. Qui un jour ne saura sans doute plus où a commencé son histoire. Ou bien refera le trajet, pour voir.

De gré ou de force l’assemblage se fait par coups de ruptures et de distances jamais égales, jamais justes. L’écorce penche. Autour, un mouvement change tout.  Tout. Toi, tu n’es pas spectateur, ce que tu vois entre directement dans ta matrice et transforme chaque pièce de ton engrenage.

Un mot que j’aime pour le dire :

Traversée.

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mai 16, 2010

Du bien, du bien, viens.

Voilà. J’écoute de la musique.

Songs, folk, piano-jazzy,…Whatever.

Et je me dis : mais qu’est ce que j’ai fait depuis tout ce temps où je n’ai pas vraiment écouté de la musique ? Deux semaines ? Une ?

Qu’est ce que c’est que cet être humain qui ne fait pas QUE ce qui lui fait du bien ?

Hein ?

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mai 14, 2010

Mes cheveux longs

C’est mon ultime adieu pour toi. Je les laisserai frôler mes reins s’il le faut.

Je soigne leur forme pour que le volume m’entoure. Je leur mets de la couleur souvent. Rouge, bien sûr, comment faire autrement ?

Tu ne me voulais qu’en cheveux longs, tu bougonnais quand c’était autrement. Aujourd’hui je te comprends. Tu es content ?

Un jour, tu m’apercevras. Ce sera cette soirée de juin ou de juillet. Fenêtres ouvertes et jardin où traîner. Une soirée animée, facile, gaie, avec de la musique, alors tu sais où tu me verras tout d’abord, n’est ce pas ? Dansante, là.

Et puis j’irai au bar et je serai debout. Et quelqu’un touchera mes cheveux. Dans mon dos, caché de mes yeux.  Tu frôles légèrement mais je sens que tu en es encore propriétaire. Et une poignée dans tes mains c’est déjà nous renverser, comme nous aimons, tu sais.

Alors je prends le temps avant de te revoir, car tu peux attendre, n’est ce pas, maintenant ?

Je porte ma robe d’été longue, avec sur un fond noir, des grandes fleurs de tiaré  rouges et blanches. Celle là tu ne la connais pas, c’est pour ça. Mes bras nus s’agitent un peu puis sont immobiles pour mieux envelopper ta présence.

Au quart de tour. Je me retourne.

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mai 14, 2010

1978

Les petites tasses rondes tenaient parfaitement dans le creux de la main.

Cette maison était notre lieu, celui de mes dix sept ans. Tu en avais à peine vingt. Une vraie vie à deux, enfin. Sans mon nom sur la boîte aux lettres car les parents n’y comprenaient rien et je leur mentais sur mon adresse. Le jour même de ma majorité j’ai posé nos deux noms à nous sur la boîte , les deux tourtereaux enfin dévoilés au grand jour. La force de la liberté m’habitait de bas en haut.

Le premier qui dans le corps se glisse tout à fait. Celui-là. La pleine innocence, la totale maladresse, la fabuleuse énergie de l’amour grandi.

Mais quelle idée ! En 1978 nous partons en vacances en Grèce en plein août. Cet été là tout le monde est en Grèce. Patatras. le Nord est bondé, plages très sales et aucun hébergement. On se réfugie dans le train direction Athènes. Et là je me sens enfin bien.

Sur l’Acropole je décolle, je suis déboussolée. Révélation. Je découvre une autre dimension, le premier choc avec des pierres qui parlent. Ces statues devant moi qui sont restées debout et me regardent. Premier face à face dans les yeux d’une perte de fragilité, d’une consistance nouvelle à saisir. Submergée d’émotions devant tant de grâce. Divinité.

Je ne suis donc pas venue pour rien ou pas seulement pour te perdre. Car me voilà caractérielle étouffant de toi. Tu me colles, tu m’embarrasses, et mon corps veut la paix solitaire.

Une île plus tard, fauchés et nourris de pastèque et de pain, je suis un peu calmée, tu sais que dormir sur les plages ouvre toutes les promesses. Calmée mais pressée d’en finir.

Encore une lune de miel qui tombe à l’eau, il y en aura d’autres. Me voilà touchée, coulée, dans les Cyclades.

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